15/01/2009

SelfMadeWoman at Home

De l'écriture féminine sur son séant ou A quoi ressemble le bureau d'une blogeuse quand elle ne blogue pas et quand elle blogue ?



C 'est souvent le même, sauf si portable ... et hop on s'autotransfert de la chambre au salon, de la cuisine à la buanderie en passant par la cave où, l'on croise par inadvertance Madame Blanche avec un chandelier, puis retour en cuisine où les cris de la bonne se font entendre; "mam' scarlett, mam' scarlett !! "
Diantre, un complot dans vos murs ... !!
TREVE DE PLAISANTERIE, le sujet n'est pas un crime ...

Le bureau d'une blogeuse pour peu qu'elle soit indépendante, se transforme dans les va et vient quotidien de sa famille,
et des heures passées à travailler seule, également .

Qu' on le veuille ou non, on s'inscrit quelque part dans une continuité de la femme écrivant, depuis l 'aube des temps.
Même sans prétention aucune d'un quelconque talent.



Bien lointain le temps où les femmes n'avaient même pas une chambre à elle pour écrire leurs romans, où les soeurs Brontë accouchèrent d 'oeuvres mémorables entre le salon et les conversations familiales.

Je ne dis pas que toutes les blogeuses sont des écrivains mais je ne peux m' empêcher de relier cette image actuelle à l'ouvrage Une chambre à soi de V.Woolf, publié en 1929 :

Virginia Woolf détaille les conditions matérielles limitant l'accès des femmes à l'écriture:

Interdiction pour les femmes de voyager seules pour s'ouvrir l'esprit, de s'installer à la terrasse d'un restaurant pour prendre le temps de réfléchir, de s'assoir dans l'herbe à la recherche d'une idée ou encore d'accéder à la bibliothèque de l'université.
( soyons donc épanouies !)

Woolf dégage deux éléments indispensables pour permettre à une femme d'écrire :

- avoir une chambre à soi qu'elle peut fermer à clé afin de pouvoir écrire sans être dérangée par les membres de sa famille ;

- disposer de 500 livres de rente lui permettant de vivre sans soucis.

Quand bien même les femmes auraient pu braver toutes ces épreuves et publier un livre, elles devraient encore faire face à la critique emprunte de "valeurs masculines" : « Parlons franc, le football et le sport sont choses "importantes" ; le culte de la mode, l'achat des vêtements sont choses "futiles".

Célèbrons notre vaste terrain d 'expression, aussi futile qu' utile, aussi vivant qu'incertain, intelligent, drôle et sensible ... et rendez-vous chez vous, autrement.

3 commentaires:

mamzellescarlett a dit…

Son espace perso, c'est essentiel pour l'équilibre et pour le voyage intérieur. Le tien est étonnant. Très équipé, tu es bien entourée...

george sand et moi a dit…

Bravo pour ce billet tellement vrai et pour l'évocation de Virginia si désespérée mais qui a tant fait pour les femmes écrivains! Moi aussi je travaille chez moi, sur la table de la salle à manger donc un peu comme les soeurs anglaises, nécessité pour moi d'être au coeur de ma maison entourée d'une pile de bouquins, de crayons en tout genre et de mon portable, magnifique invention qui nous donne tant de liberté !

Laure K. ( del sol ) a dit…

@ mamzellescarlett
Je triche un peu, sur la photo c'est le bureau... enfin un des bureaux de mes nombreuses heures de vol

@georgesand
tu serais pas la grande cocotte ?
merci de ton comm, oui je songe beaucoup à ça, au lieu de l'écriture actuelle ... et à la liberté de notre expression.