20/03/2011

Champ d' Honneur



C'est à cause de la photo où  je regarde en haut et qu' on me dit " y a rien là haut", c'est à cause que quand j'étais petite,  j'en ai pleuré des larmes sur ce film et "Manon des sources", et puis cet accent aussi que j'aime entendre chanter.

Et c'est aussi émouvant que de penser à mes ancêtres cultivateurs, le tableau de l'Angelus accroché dans la salle à manger de mes grands parents en Normandie, l'odeur de la soupe, le calva dans les cafés, le passage du boulanger avec sa camionnette, le postier à vélo qui s'arrête boire un verre.

Mon grand père normand parlant de la guerre d'Algérie comme un souvenir traumatisant, évoquant déjà l'impérialisme chinois et sa puissance démographique, et puis toutes les histoires avec l'armée allemande.

Le temps où les terres agricoles donnaient encore des sols riches pour nourrir ses hommes et ses femmes nées de cette terre. 

S'en est triste à crever de voir mourir le monde paysan.

© Laure K. L' Angelus



14 commentaires:

laurence a dit…

il n'est pas sure que le monde ouvrier ne meurt pas aussi ...

helenablue a dit…

On meurt tous!

le bourdon masqué a dit…

La petite découvre .
Les gosses aiment ces aventures champêtres, mais gare aux pesticides dont les champs sont saturés.
Bien se laver les mains.
Bzzz...

manouche a dit…

Comme tu as raison, puisse la prière de cette mignonne rurale être entendue!

LN a dit…

Le monde paysan tel qu'on le connait depuis l'après guerre arrive à sa fin effectivement...l'agriculture durable prend sa place grand train...ça discute beaucoup en ce moment dans ce monde que j'aime tant...les agriculteurs n'ont déjà plus le choix et ils le savent, Ils n'ont plus envie de s'empoisonner...le virage va être rude mais obligatoire, beaucoup feront un tout droit c'est vrai...le changement , concrètement, coute cher : nouveaux outils pour de nouvelles techniques, plus de temps de travail à l'hectare de culture, techniques également plus pointues, qui nécessitent de l'information et des formations.
Cultiver sans produits chimiques de synthèse, sans désherbants chimiques, sans engrais chimiques, baisser ses rendements...ils y viennent déjà, pas encore en assez grand nombre mais ce n'est qu'une question de temps...ne pas les culpabiliser, ne pas les montrer du doigt mais leur expliquer pourquoi le changement est nécessaire et surtout possible! des solutions de remplacement existent bien sur, travail du sol, désherbage mécanique, tisanes de plantes en tout genre contre les maladies à champignons et insectes...ça fonctionne!! incroyable non?! amnésique durant 40 ans, on redécouvre quelques miracles du passé, assaisonnés aux techniques modernes, les résultats sont probants et rassurants...
Qu'elles étaient belles et tendres, c'est vrai, ces années de jeunesse durant lesquelles ma grand-mère paysanne nous préparait le chocolat au lait avec du vrai lait ! mon grand-père nous coupait une immense tranche de pain venant d'une grosse miche presque plus large que lui...et puis le premier verre de vin à 9 ans, coupé à l'eau bien sur...je n'ai jamais autant aimé un vin que celui prélevé dans la barrique de mon grand-père...et dieu sait à quel point il était piqué...tout est relatif n'est ce pas? il avait le gout de la complicité, d'un moment d'intimité partagé, du sourire sur les lèvres de mon grand-père quand il vit ma grimace couleur lie de vin...et sous cette douceur de vivre, les produits chimiques épandus dans le champs et les vignes, les hommes s'en prenant plein la tête, les sols aussi...je vous passe les détails...
Un monde paysan est mort Laure, ça tombe bien, de celui là on n'en veut plus..enfin, on garde le meilleur bien sur.
Un vrai tournant s'opère dans les consciences, il faut dire que lorsqu'on regarde les infos d'ici et d'ailleurs, il est grand temps que cela bouge...je suis confiante, l'Homme est capable de faire aller les choses dans le bon sens...ça se fera dans la douleur, ça c'est certain...

le bourdon masqué a dit…

Hélèna un petit recyclage de nos atomes est prévu l'incontrolable c'est le résultat. En patate serais-je?
Bzzz...

bizak a dit…

Il me vient en mémoire lorsqu'on faisait la lecture en classe, les lettres de mon moulin d'Alphonse Daudet. Ce moulin qui etait construit au 19e siecle, a fini par mourir lors de la 1ere guerre mondiale, en raison la requisition de tous les hommes valides pour participer à la guerre.C'était la triste fin du dernier moulin dont a fait une nouvelle Alphonse Daudet.

bizak a dit…

Il me vient en mémoire lorsqu'on faisait la lecture en classe, les lettres de mon moulin d'Alphonse Daudet. Ce moulin qui etait construit au 19e siecle, a fini par mourir lors de la 1ere guerre mondiale, en raison la requisition de tous les hommes valides pour participer à la guerre.C'était la triste fin du dernier moulin dont a fait une nouvelle Alphonse Daudet.

Laure K. a dit…

@Laurence
oui, probablement, laurence... je ne suis pas encore aller voir véritablement de ce côté là. On en parle moins, c'est sûr.

Laure K. a dit…

@Helenablue

ben ...

Laure K. a dit…

@Le bourdon masqué
"On est foutu on mange trop"...de saletés.

Laure K. a dit…

@manouche

L. et moi étions à la camagne cet hiver et il y a vit la cloche de l' Angelus qui sonnait tout le temps, j'ai donc expliqué à L. ce que signifiait pour moi "l'angelus" et le tableau chez mes grands parents.
Elle a voulu reproduire cette prière de la terre... j'en ait été très émue.

Laure K. a dit…

@LN
Merci LN pour ce partage, il éclaire un peu mieux ma nostalgie et je comprends aussi d'où te vient ce sacerdoce à la terre.

C'est vrai que je garde en tête ces reportages sur le monde paysan qui se meurt sans penser à ce qui renaît autrement, mais faute de moyens, acculés par des dettes, j' ai le sentiment que le prix à payer
est lourd pour transformer les habitudes et les rendements.

Comment font ceux qui ne peuvent pas investir ? je n' ai pas le temps d'approfondir ce sujet, il le mérite pourtant.

C'est rassurant néanmoins de savoir que l'on revient à d'anciennes solutions plus saines. Et oui, j'ai envie de croire aussi que les choses sont changeables et non subites irrémédiablement dans une sorte de fatalisme obtu.

Trop de gens autour de moi adopte l'attitude du "on n'y peut rien".
ça me fatigue !

Laure K. a dit…

@Bizak

Ah "Les lettres de mon Moulin", un souvenir commun de littérature... c'est drôle d'ailleurs que les enfants d'aujourd'hui soient toujours bercés par d'anciennes représentations de la terre, alors même que les moulins n'existent pratiquement plus dans la réalité.

Ma fille pensent que des éoliennes sont des moulins... ( et des vessies des lanternes ? ) hmmm... il va falloir que je m'éclaire mieux que ça !