03/09/2011

Rien ne s'oppose à la nuit




"Lucile, la mère de Delphine de Vigan,  se suicide à 61 ans. De cette disparition, naît lentement chez la romancière le désir d’écrire sur cette « femme bleue », de canaliser une douleur ancienne. Mais ce besoin la trouble. Elle alterne son récit de ses intentions, de ses craintes et des avancées de son enquête avant de confesser : « J’ignore au fond quel est le sens de cette recherche (…) Mais plus j’avance, plus j’ai l’intime conviction que je devais le faire, non pas pour réhabiliter, honorer, prouver, rétablir, révéler ou réparer quoi que ce fût, seulement pour m’approcher. » ( art muze.fr)

Loin de l’hagiographie, Rien ne s’oppose à la nuit dresse le portrait d’une femme complexe et crie une réalité parcellaire mais terriblement sincère. D’enquêtes en lectures et reproductions des cahiers de Lucile, d’interviews de ses proches en plongées dans les documents administratifs, l’écrivain s’enfonce dans un mystère, un mythe. Hésitante, anxieuse à l’idée de déterrer de mauvais souvenirs pour son entourage, elle est bientôt rattrapée, la nuit, par son travail d’écriture."


Etrange comment les livres parfois vous parviennent entre les mains, dans un ailleurs qui rompt les habitudes, loin physiquement et jamais très loin de ce qui nous meut. 
L' amie psychothérapeute chez qui j'avais découvert, début août, les Lettres à Hélène d'Althusser, me tend ce livre qui, avant même qu'elle ne m'en parle, me faisait un appel de par sa couverture: photo noir et blanc de cette femme attablée à un dîner familial ? mondain ? dont on devine par la simple juxtaposition avec le titre en rouge qu'il y a une "façade", un clair-obscur. Il se peut qu'il n'en soit rien, tant les couvertures de livres sont parfois du grand n'importe quoi ou faussement prometteuses - Je ne sais pas si l'écrivain a le choix de ça, de sa couverture ? Cela dépend-t-il de l'éditeur ? Celle-ci me parait en congruence parfaite.

Tenue en haleine, en ébullition, son livre m'a raccrochée illico à Hélénablue
A ce qu'elle oeuvre et livre aussi en secret, en silence, physiquement, à ce qu'elle inscrit ailleurs durablement, avec épuisement sans doute, et tout ce qui fait qu' écrire est une épreuve de force, de recherche, de jouissance et de manque.

Juste te saluer ici chère amie, te dire comme tu manques et comme je sais que le chemin où tu t'affaires est précieux. Tu liras ce roman à d'autres moments. Il est construit en trois parties, finement menées, "montées à l'envers" je dirais dans mon jargon. J'ai trouvé sa construction très pertinente bien qu'étant une piètre lectrice de romans. La dernière partie est un "à bout de souffle" qui te prend aux tripes.
La démarche de cet auteur, de raconter sa famille, sa mère, me rappelle à quel point la vitalité à écrire n'est parfois plus un choix mais une nécessité implacable. Et la tienne de vitalité demeure dans ce que tu est en train d'accomplir. Here you are, forever.

2 commentaires:

helenablue a dit…

Merci ma belle amie.
Qu'entends-tu par "montées à l'envers"?
Hâte de lire ce livre, une fois que j'en aurais terminé avec le mien!
A très vite.
Blue

Laure K. a dit…

@Helenablue
Monté en flash back façon Pulp Fiction, ou Sunset Boulevard si tu veux...il y aurait beaucoup à en dire.

" La coordination est à l'écriture ce que le montage est à l'image. Telles que j'écris ces phrases, telles que je les juxtapose, je donne à voir ma vérité."