09/11/2011

Ellipse

Oeuvre d'Arman - Philippe Louis Coudray


Elle a dit qu'elle était nulle, cruelle et méchante. Pas dans le même jour. Elle a dit plus tard que certains grands du centre lui donnaient la fessée mais que les adultes ne le voyaient pas. Elle ne veut pas aller au centre demain. Elle a dit qu'elle était la seule à ne pas savoir lire en classe.
Ces mots à chaudes larmes. Je l'ai consolé.
Elle a regardé le mot "bien", a vu un p ou un q mais pas un b.
Puis elle est passée à autre chose, et à tenter de m'expliquer un exercice ou on crie les mots de la semaine. C'était pas facile à expliquer. Ensuite elle a fait ce qu'elle sait faire le mieux, des clowneries, des parades.

J'ai pensé à tout ce qu'elle avait dit.

Une vie d'enfant est-ce si ordinaire ?


10 commentaires:

le bourdon masqué a dit…

dans nos enfances ce sentiment que le quotidien durera toujours, et puis...

laurence a dit…

Surtout toi qui la connais bien tu n'as aucun doute sur ses capacités ... et tu appelles pour venir rapidement...

MakesmewonderHum a dit…

Allez hop! La musique par toutes ses formes possible et le dessin, rien de mieux pour bien équilibrer droit, gauche, devant et en dedans.

manouche a dit…

Ces problèmes d'enfance qui grandissent toujours plus fort avec nous...

laurence a dit…

Bon makes me, vous avez raison, mais si il existait en plus, d'autres moyens... des moyens qui permettent aux enfants et aux parents de ne pas souffrir...

MakesmewonderHum a dit…

C'est tout de même assez incroyable d'atteindre le chiffre d'une population de 7 milliards d'individus et que l'on arrive assez mal a gérer les différences entre nous. Pire encore pour les enfants qui ne demandent pas mieux que d'être comme tous les autres bien plus par besoin de sécurité émotive par le fait d'être moins exposé, moins surexposé, comme le sont ceux un peu différents. Dans la grande normalisation des apprentissages de masses que sont les écoles beaucoup peinent à acquérir au rhytme puisque les modèles éducatifs proposés tendent à exclurent plutôt que d'être plus inclusif par une plus grande émulation fortement encourager entre paires, soit par des classes multi-âges et/ou programmes qui, justement, tablent sur un apprentissage des arts et de la créativité pour compenser ces différences souvent passagères. Ma mère était dislexique modérée, gauchère de surcroît et pourtant capable simultanément d'élever ses 6 enfants, 4 autres confiés d'office être en affaire, et s'occuper de mille et une organisations et si je vous racontait la suite vous me diriez...Ces souffrances doivent-être réorientées, canalisées en énergie de revirrements de situations. Et les aimer, ça a toujours fonctionné au final peu importe.

laurence a dit…

Peut être des causes peu voyantes permettaient de s'en sortir mieux apprendre en syllabique par exemple avoir des pupitres inclinés ne pas marcher avec des semelles épaisses qui anesthèsient les récepteurs de la sole plantaire ou tout simplement apprendre à se tenir droit ...les enfants qui ont des parents dyslexiques sont en tout cas favorisés parceque, compris, ils savent qu'ils peuvent s'en sortir...de plus ce sont toujours des enfants extrêmement volontaires...

Laure K. a dit…

@Le bourdon
C'est vrai je me souviens de ce temps d'enfance où tout semblait long. Le temps des jeux étaient élastique à souhait et proportionnel au temps de l'ennui dans certains cas.

Laure K. a dit…

@Laurence
C'est dit, c'est fait. Je me demande surtout si la méthode globale convient. Je lui apprends la syllabique, ça à l'air de mieux percuter. A voir.

Laure K. a dit…

@Laurence & MmWh

"Extêmement volontaire" en effet, j'arrive à retenir un peu plus son attention et je sens qu'elle en a envie. Mais parce que je suis là, me dit-elle. Et en classe, ben je ne suis pas là. et L. aurait besoin de ça. Une attention particulière...