21/04/2012

HELP

"La haute nécessité de la vie c'est de vivre le plus pleinement possible(...)
ce n'est pas de tricher avec ce que l'on devient, et même avec son propre corps,
il faut le prendre comme il est, il faut savoir le gérer.  Assumer l'exigence en ce qui concerne sa propre vie, au sens physique ne pas laisser le délabrement et l'affaiblissement s'installer.
Etre toujours dans la situation d'être confronter à l' événement, à l'Histoire, à ce qu' on entend faire apparaître, faire surgir, faire créer.
Dans une époque un peu "gnangnan", ou la plainte est fréquente, où il y a cette espèce de façon de voir la vie comme continuellement menacée et entravée, il faut se prendre en charge suffisamment soi-même, ce qui importe c'est de faire quelque chose de sa vie, c'est ça la haute exigence.
On n'a pas le droit de gaspiller le fait d'avoir été jeté au monde.
Assumer sa vie dans la plénitude et lui donner toute sa capacité d'expression lui donner tous ces moyens de défense contre ce qui peut être asservissement pour elle ou contre ce qui peut être affadissement pour elle."

Georges Balandier 
(Extrait du doc HELP ou Visibilité de Sarah Franco-Ferrer)


J'ai vu ce documentaire hier soir, lors d'une soirée entre filmeurs, j'y ai rencontré de nouveau 
Sarah Franco-Ferrer, la réalisatrice du film. Un documentaire  dont nous avions discuté il y a plusieurs mois, alors qu'elle achevait de le finaliser en solo et m'encourageait pour mes propres travaux.
Un film engagé comme elle dit, où elle a recueilli la parole de nombreux intervenants: intellectuels, politiques, artistes et poètes, qui nous éclairent sur le rôle essentiel de l’individu dans ce monde de sécurité obligatoire. Comment faire? Comment agir? Comment ne pas se laisser envahir par l’abandon?

Des propos qui amènent sans doute plus de questionnements que de réponses, plus de mise en abîme sur son propre sentiment du politique ou encore de ce que l'on entend dans démocratie, un terme qui devait résumer la souveraineté du peuple.
A travers une mise forme bien particulière, la réalisatrice, peu enclin aux schémas stéréotypés des docs de chaîne télé, utilise l'image comme une plastique à tordre, à défigurer au karcher noir et blanc ou à ralentir comme pour y percevoir une peinture de Caravage, comme elle me l'a suggéré en répondant à ma question sur certains passages qui m'avaient paru redondants. A revoir avec le regard du peintre...
Il faut écouter, entendre ce qui y est parsemé. Le film est ici,  3 jours moins le quart avant de voter.
ça vaut le coup de se redemander très sincèrement le pourquoi ? et le pour qui ? je mets, ou non, un bulletin dans l' enveloppe, une enveloppe dans une urne et ce que j'en attends.




4 commentaires:

bizak a dit…

Devant tant de questionnements pour faire face à tous les aléas de ce monde en folie et dans une république bananière où ce qui y ressemble, j'ai choisi comme crédo cette citation de james Dean(pour rester dans le cinéma):"Puisqu'on ne peut changer la direction du vent,il faut apprendre à orienter les voiles!"
Bon week end Laure!

alex a dit…

c'est pas un documentaire facile, c'est parfois comme tu dis un peu redondant dans les images et en longueur pour capter et retenir l'attention du spectateur ; pardon mais je l'ai trouvé un peu pauvre en images et ça manque d'approche pendant les interwiev des personnalitées diverses et bienvenues mais bravo pour ce que tu nous offres à voir sur ton blog
ça aide à élargir notre horizon...culturel et humain.

Laure K. a dit…

@Bizak
J'approuve, joliement dit. L'idée d' un mouvement à orienter, oui. Enfin son propre cap !

Laure K. a dit…

@Alex
Quand les critiques sont un tant soit peu explicitées elles sont recevables, donc merci à toi de ne pas dézinguer le navire à coup de haches, je pense que la réalisatrice est tout à fait ouverte à les recevoir et à y trouver sa voix.
merci aussi.