29/07/2012

Origami sensorielle

Dans le même registre de jeu de construction/déconstruction, mise en espace et perception visuelle,  les oeuvres tracées de l'artiste Felice Varini, qui loin de leurrer son monde, met en place l'illusion d'une forme parfaite en deux dimensions dans la perspective d'un espace en trois dimensions.
Un seul point de vue physique permet à l'oeil de recréer la forme du cercle, carré, triangle, plein ou vide, qui disparait en fragments de lignes dès que le spectateur s'éloigne du point de fuite de la perspective imaginaire.

Felice Varini - Trois triangles bleus
 J'aime particulièrement l'idée de pouvoir pénétrer dans cet espace de fragments qui offre une vision tout a fait neuve de la réalité. Concevoir ainsi que les fragments, les distorsions, pliages, courbes forment un tout qui se révèle d'un seul et même point de vue. Que le cheminement soit aussi passionnant à voir et à inspecter que l'objectif final de sa réalisation.


"Je pars d'une situation réelle pour construire ma peinture. Cette réalité n'est jamais altérée, effacée ou modifiée, elle m'intéresse et elle m'attire dans toute sa complexité. Ma pratique est de travailler "ici et maintenant". Felice Varini

3 commentaires:

le bourdon masqué a dit…

un escroc trigonométrique ce gus,espérons qu'il aille aux Bermudes.
Bzzz...

Hervé SUCHET a dit…

Quand la parole, la communication et l'ordi se substituent à l'art.
H./S.

Le plumitif a dit…

Felice Varini

Merci Laure, pour cette découverte! J’avoue être très étonné de “l’hostilité” des réactions du bourdon et de monsieur Suchet... Je suis moi-même totalement allergique à toute forme d’art qui repose essentiellement sur le discours - je sais pas par chez vous, mais ici c’est vraiment dominant dans l’art visuel actuel (au point où dans bien des cas “l’œuvre”, dans sa matérialisation, devient totalement superflue, n’existant pratiquement que comme justification du discours - et du financement public dont bénéficie le créateur...). Mais Varini ça me semble tout à fait autre chose. Dans ce cas, non seulement le discours ne peut d’aucune façon se suppléer à l’expérience sensorielle mais, une fois cette expérience vécue, c’est le discours qui devient superflu! Et, franchement, je ne vois pas ce que son approche, pas plus que la façon dont il procède, doit à l’ordinateur – même avec la modélisation 3D, qu’il n’utilise pas à ma connaissance, le problème du traçage et de la mise en place ne serait pas résolu pour autant. Et, surtout, la richesse de l’expérience spatiale qu’il propose ne pourrait jamais émerger de la contemplation d’un écran d’ordi ou de seules spéculations géométriques... Rien dans ce cas ne se substitue à l’art puisque, à mon sens, seul un authentique esprit artistique est capable d’accoucher d’un tel renouvellement de notre rapport à l’espace en jouant de façon tout à fait originale avec des formes élémentaires, la perception des lieux que nous habitons et la construction de l’espace par la pensée. Et, en plus, en ne se limitant plus à ces seules formes géométriques, cette démarche ouvre la porte à des perspectives proprement étourdissantes… (Oui bon, c’est un avis personnel qui vaut ce qu’il vaut et mon enthousiasme est peut-être naïf, mais j’ai pas pu résister à le partager!)