29/09/2012

Lieu physique

Il est des lieux oubliés,
 où des mystères demeurent ...








Visite du château de Gabrielle

7 commentaires:

Guillaume Lajeunesse a dit…

De sacrées belles images. En particulier la première. Tableau ennuagé criant de densité ; hâve de mystères.

Donc je ne suis pas le seul à pouvoir m'extasier d'un plancher ?

La Rouge a dit…

Ah! On pourrait discuter une nuit entière de ces lieux qui ont cette magie propre, et pis une vibration particulière. Ça me fait penser à un texte de Nin qui m'a toujours émue qu'elle avait écrit sur les lits.

Bon dimanche Lorka.

Laure K. a dit…

@Guillaume
Ho tu n'es pas le seul, non ! je devine ou invente dans les nervures du bois, les tentures passées, l'humidité de la pierre, la moisissure des murs le grouillement de toutes ces vies qui se sont fatiguées dasn tant de décors. SI seulement la matière pouvait dire parfois tout ce qu'elle y a vu.

Laure K. a dit…

@La Rouge
Ce sont souvent les lieux qui m'ont insirés des histoires plutôt que l'humain. Je ne peux me promener dans ce genre d'endroit sans avoirl'eau à la bouche d'y demeurer longuement et d'imaginer des scènes. Malheureusement, on ne s'y promène pas assez longtemps.

Anaïs Nin, dans quel ouvrage ?

Bon Lundi à toi !

La Rouge a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
La Rouge a dit…

Les lieux sont aussi des déclencheurs chez moi. C'est par l'espace que toutes les pensées arrivent.

Nin et son journal. ;) Bon lundi.

«Je décidai d’écrire un chapitre sur les lits. Les lits qui inhibaient et ceux qui stimulaient l’aventure sexuelle. Je songeai d’abord à des lits historiques, des lits de chez les antiquaires, des lits dans les châteaux en France et les maisons en Italie. Ceux que je n’avais pas trouvés bons pour y faire l’amour, parce que lorsque l’on y est couché on pense à des personnages célèbres, Napoléon, la du Barry, des rois, des reines, des courtisanes célèbres, des actrices, des aristocrates, des gens titrés, des grands noms, des généraux et leurs maîtresses.

Quoi qu’il en soit, le spectacle de l’histoire affecte comme une mascarade, une figure du passé entre en soi, on est allongé sur le coude d’un autre personnage, on est hanté, possédé et on commence à se comporter en ventriloque. On est rival d’amants célèbres. On ne peut trouver son Moi véritable.

Un excès d’histoire affecte comme un costume. C’est du moins ce que j’éprouvais dans un lit d’un beau château italien, où je ne me sentis jamais moi-même, mais une comtesse dont j’avais lu l’histoire dans un des plus beaux romans de Pierre Jean Louve. Elle habitait mon corps et mon esprit. Ou bien j’essayais de l’éclipser, ou alors la romancière en moi cherchait les données qui manquaient sur les manières personnelles de faire l’amour d’une femme née dans des draps brodés et marqués d’un chiffre avec une bordure de dentelle, sur un lit qui était parfumé avec des sachets de bois de santal et réchauffé d’avance par des servantes dévouées. Cela gâchait mon style personnel.

Par contre j’avais trouvé que des lits dans des chambres d’hôtels inconnus, occupés par des amants anonymes, excitaient mon imagination. À leur insu je pouvais assister à leurs ébats.

Une chambre d’hôtel représentait le secret, des assignations dangereuses et profondément coupables. Le pâle écho d’une tache pouvait s’interpréter comme un signe de plaisir. L’anonymat me permettait de créer l’amour et d’être réchauffé par lui. L’anonymat m’englobait aussi, je me trouvais incluse et je pouvais donner toute ma mesure et je sentais que cela resterait secret, ne serait pas consigné sur le livre d’or. Je pouvais introduire dans la chambre les amants de mon choix, que j’avais aperçus dans la rue, l’autobus, un jardin. Je pouvais participer à leur jouissance.

Un autre lit qui était aphrodisiaque c’était le matelas de tsigane à même le sol. En échappant à l’élévation, on se retrouvait ainsi plus près de la terre, de la chair et on n’avait pas à craindre de rouler du lit, de tomber. Cela évoquait l’antre, proche de la vie primitive, de la vie orientale, des sens, le voyage et le campement dans les déserts, c’était proche de la nature humaine et animale.»

[Anaïs Nin, Journal 1939-1944]

Laure K. a dit…

@La Rouge
Lu chez toi.

Miam !