14/11/2012

L'art de la symbolisation

« Hitchcock parlait souvent de la bombe placée sous la table, celle que les personnage ignorent mais pas les spectateurs, et dont on attend l'explosion, rappelle Arnaud Desplechin. Truffaut utilise litté­ralement le procédé dans Jules et Jim. Il filme, sous la table, les personnages en train de se faire du pied. L'amour qui se noue là se terminera, à la fin du film, par un double suicide. Voilà ce que Truffaut a appris d'Hitchcock : les sentiments sont une bombe. » 
 
L'art d'Hitchcock est sans doute d'aborder des sujets souterrains – les pulsions humaines, sexualité comprise – à travers un cinéma qui prend la forme d'un pur divertissement.

 « Il est le cinéaste qui parle le mieux du désir, reprend Olivier Assayas, parce qu'il est toujours associé au danger. Il est celui qui articule le mieux la question du couple avec celle du genre cinématographique. Il le fait en graphiste : il a apporté au cinéma l'idée de ligne claire. Comme si, presque simultanément, Hergé et lui inventaient une version design du cinéma noir, inventif, profond de Fritz Lang. » 
Sous le Technicolor léché, le grand cloaque des turpitudes humaines.

Extrait de l'article "Hitchcock-en-6-lecons"

 


6 commentaires:

Hervé Suchet a dit…

Les sentiments ne sont pas une bombe, que cela et rien d'autre. Une bombe n'offre que deux alternatives selon qu'elle explose ou qu'elle est neutralisée. Les sentiments eux offrent bien plus d'alternative, aussi variées q'infinies dans leurs développements. Dieu merci (ce n'est pas lui que je loue ici, c'est l'expression qui veut ça) les sentiments ne font pas qu'alimenter le suspense ou les scénarios des metteurs en scène et de nos propres mises en scène. S'il y a qque chose que je n'aime pas chez Hitchcock c'est d'y recourir que pour cela. En tant que spectateur de ses films je lui ai tourné le dos pour cela. Il y du sadisme de sa part, je trouve, à l'égard de ses spectateurs.
H./S.

helenablue a dit…

L'escalier, lourd de sens...

alex-6 a dit…

HITCHCOCK travaillait ses mises en scène comme un artiste peintre et disposait des symboles pour éclairer l'oeil du spectateur sur ces films qui étaient des heurts dramatique entre des personnes vivantes et pas des oeuvres lyriques c'est ce qui faisait sa force

Laure K. a dit…

@Hervé
Chacun voit avec sa lorgnette, je pense qu'il évoquait surtout les sentiments dans un structure narrative où le spectateur prend place. Il s'agit de cinéma. D'une repésentation imagée et symbolique des ressorts humains. Enfin, c'est cela qui m'intéresse ici. Cette notion de faire connaître la bombe sous la table et d'en tirer le suspens ou l'abandon du suspens en désamorçant l'information.

L'article traite en effet de cette "manipulation" Hitcockienne qui n'est pas du goût de tout le monde apparemment. On pourrait aussi évoquer celle de Lars von Tier ou celle d'Haneke pour n'en citer que deux. Je comprens très bien qu'on veuille s'en détourner. Moi même je suis incapable de retourner vers le cinéma de Von Trier.
Cependant, la symbolique dans le cinéma d' Hitchcock m'apparait comme une maîtrise à la fois de l'image, de la représentation et surtout une fenêtre vers la symbolisation au niveau d'une parfaite maîtrise.

Disons que c'est l'absence de symbolisation qui m'intéresse. En prenant le sujet à l'inverse, c'est à dire au travers d'exemples cinématographiques / graphiques ça me permet d'avancer vers la notion d'absence de symbolisation. Vous saisissez ?

Laure K. a dit…


@Hélénablue
J'en suis arrivé à l'escalier d' Hitchcock tout à fait par hasard. Cette courte et efficace analyse du personnage "escalier" dit que ce qui s'y passe devient un lieu hautement symbolique dans son cinéma et qu'il s'en sert pour accentuer symboliquement le suspens, l'effroi, le piège, l'attente, l'amour. Et il faut pouvoir utiliser les symboles à mon sens pour mieux les retourner.
That 's what I think.

Laure K. a dit…

@Alex

VOilà - Merci.