27/04/2012

Intuition


"le compromis, en art, n'est pas une solution... il faut rester soi-même, rester entier et en même temps rencontrer l'autre à mi-chemin "

Hélène Grimaud - Empreintes 
(Arte- 27/04/2012)



8 commentaires:

Hervé SUCHET a dit…

Pour le compromis bien sûr c'est l'art qui s'occupe de tout. Pour la rencontre à mi-chemin, en peinture le peintre n'est sûr de rien, il n'est plus là lorsque le spectateur regarde le tableau, comme lorsque le musicien répète ou travaille et n'est pas en concert.
Sinon je trouve que son "Empreinte" ici est un peu, comment dire, entière.
H.S.

Laure K. a dit…

@Hervé
En peinture c'est à mi-chemin avec le regardeur qui fait "aussi" l'oeuvre, ne penses-vous pas ? ça rejoint ici également ce que dit Dominique Issermann à propos de cette distance/résistance à être libre de ses choix, de sa vision, avec toutes les formes de contraintes à entrer ou non dans une attente. Plier, détourner, convaincre tout en gardant ses positions esthétiques.

Grimaud est toujours entière il me semble, quelque soit les interviews. Très impressionnante de connaissance intérieure. Quelqu'un de profondément intègre. C'est ce qu'elle parait.

le bourdon masqué a dit…

"le regardeur qui fait "aussi" l'oeuvre, ne penses-vous pas"
c'est une expression que j'ai lu quand où ? Bref. Donc les critiques de tous poils (de martre, hi,hi,hi) ne sont que dictateurs qui impose leur point de vue. J'ai aussi entendu: "en art ne pas dire,que ce n'est pas beau. C'est j'aime ou j'aime pas."
Ce que n'aime pas dans l'art lui est extérieur à savoir les "maquereaux" qui gravite autour et qui vont expliquer le pourquoi de l'oeuvre. Bon il faut bien que tout le monde mange mais de là à en croquer.
Bzzz...

laurence a dit…

Laure ce n'est pas une image intègre c'est une image complètement fabriquée ... par sa communication très bien faite...et cela depuis son plus jeune âge arrête de nous faire prendre des vessies pour des lanternes...

helenablue a dit…

Rester soi-même, rester entier, c'est un cheminement, et l'art nous le permet... Non?

Laure K. a dit…

@Le bourdon
pardon, le bourdon, mais je ne trouve pas à redire sur ce "qu'en a soi", qui est cette part d'invisible, de sensation, de sensibilité entre une expression artistique et celui qui la reçoit. L'artiste sait ce que ça produit en lui, il en est le premier lecteur, le premier spectateur, ou observateur, ce qu'il crée peut le dépasser totalement comme dépasser totalement sa perception d'avec le "récepteur". A la question est-ce aussi le regardeur qui fait l'oeuvre, tu me réponds par les critiques dominantes, chiennes de garde et langues sacrés et sacrilèges d'une époque. ce débat ne m'intéresse pas. J'évoque ici le "à mi chemin", entre la sensibilité de l'artiste, ses compromis avec la société qui le commande ou non et la sensibilité du public.

Le débat que tu soulèves à propos des critiques qui définissent telles ou telles oeuvres comme grandes, médiocres ne m'intéressent pas. Il a été assez fréquemment prouvé à travers maintes oeuvres mis à mal, à quel point les critiques d'une époque avaient été surtout de simples cerveaux sans cible.

D'autre part , H.G. évoque ici la relation entre une oeuvre, un chef d'orchestre et un interprète. Il est question de dosage, il est question de rester fidèle à soi, tout en développant intelligemment un chemin qui permette la rencontre des sensibilités artistiques dans l'interprétation d'une oeuvre musicale. Le reste, les critiques de bas étages, je m'en tape fortement.

Laure K. a dit…

@Laurence
Et bien, c'est mon sentiment très personnel, j'ajoute que "c'est ce qu'elle parait" donc je ne suis pas dupe ma chère Laurence, de l'image fabriquée qui n'est en réalité qu'une loupe déformante médiatique à laquelle les artistes, interprètes, écrivains etc. reconnus doivent se plier. Tu serais la première à vouloir la maîtriser d'une main de fer. Cela n'enlève en rien ce qui émane de ses interviews. J'en veux pour preuve qu' Hervé a été assez surpris de nous découvrir à l'image, Blue et moi, dans quelque chose qui se voulait ne pas trop mystifier la réalité.
Ce qui transparait, transparait, même sous contrôle. Et en cela, je trouve Hélène Grimaud parfaitement intègre à elle-même.

Laure K. a dit…

@Helenablue

C'est là une des difficultés à oeuvrer en essayant de ne pas trop se compromettre. On pense que c'est facile d'être libre avec son art, son expression, sa perception, mais non. Et si par bonheur ton expression commence à faire grand bruit, alors on te condamne de vouloir l'imposer à autrui. Revers de la médaille. Entre les deux, les critiques. Entre les deux, tu dois garder le cap.