Je continue le fil de ma pensée sur le théâtre et retrouve dans le prolongement de l'actrice le metteur en scène, Claude Régy. J'avais fait l'expérience de son théâtre lors d'une représentation de la pièce 4.48 Psychose, de Sarah Kane, avec Isabelle H.
Une mise en lumière frappante, déroutant la perception même de la réalité scénique, grâce à une orchestration de l'éclairage qui désincarne peu à peu la comédienne qui se tient sur scène. La perception est tellement modifiée que de sa présence ne ressort plus que l'expression du texte, quasiment, une symbiose entre celle qui écrit et celle qui dit. La chair est devenu spectrale au fil de la pièce, si bien que j'ai été très troublée de ne plus réussir à voir qui se tenait là, au beau milieu de la scène. Il y avait une aura, une aube, un crépuscule, la fin d'une histoire, la fin d'une vie, d'un cauchemar, je ne sais. Cette image, cette image visuelle je me la rappelle aussi parfaitement que je vous l'écrit.
A partir de là, de ce quelque chose que je n'avais pas encore ressenti, j'ai compris quelque chose du théâtre.
Ne pas confondre théâtre de distraction et théâtre d'expression.