18/12/2021

The Wild Iris


Anne Lister  Suranne Jones
Image from the credits of the series "Gentleman Jack" (HBO/BBC) 
Anne Lister / Suranne Jones
 
 
At the end of my suffering
there was a door.

Hear me out: that which you call death
I remember.

Overhead, noises, branches of the pine shifting.
Then nothing. The weak sun
flickered over the dry surface.

It is terrible to survive
as consciousness
buried in the dark earth.

Then it was over: that which you fear, being
a soul and unable
to speak, ending abruptly, the stiff earth
bending a little. And what I took to be
birds darting in low shrubs.

You who do not remember
passage from the other world
I tell you I could speak again: whatever
returns from oblivion returns
to find a voice:

from the center of my life came
a great fountain, deep blue
shadows on azure seawater.  

 
 
 
 
L’IRIS SAUVAGE
 
Au bout de ma douleur
il y avait une porte.
Écoute-moi bien : ce que tu appelles la mort,
je m’en souviens.
En haut, des bruits, le bruissement des branches de pin.
Puis plus rien. Le soleil pâle
vacilla sur la surface sèche.
C’est une chose terrible que de survivre
comme conscience
enterrée dans la terre sombre.
Puis ce fut terminé : ce que tu crains, être
une âme et incapable
de parler prenant brutalement fin, la terre raide
pliant un peu. Et ce que je crus être
des oiseaux sautillant dans les petits arbustes.
Toi qui ne te souviens pas
du passage depuis l’autre monde
je te dis que je pouvais de nouveau parler : tout ce qui
revient de l’oubli revient
pour trouver une voix :
du centre de ma vie surgit
une grande fontaine, ombres
bleu foncé sur eau marine azurée.
 
Traduit et présenté par Marie Olivier Dans Po&sie  
 
 
 


24/04/2017

De finances et de guerres, hélas

 

De grands espoirs

Par delà l’horizon d’où nous vivions
Quand nous étions jeunes
Dans un monde magnétique et miraculeux
Notre imagination débridée s’égarait constamment
L’heure du verdict approchait à grands pas
Sur la Long Road, au pied de la Chaussée des Géants
Se rencontrent-ils encore près de la Faille ?
Un ruban déchiré suivait nos pas
Se dérobant avant que le temps n’efface nos rêves
Semant la myriade de bestioles qui voulait nous ligoter au sol
Pour une vie vouée à une lente décadence
L’herbe était plus verte
La lumière était plus éclatante
Entourés d’amis
Les nuits d’émerveillement
Regardant par-delà les dalles du pont s’enflammant sous nos pas,
Pour apercevoir comme l’autre côté était vert
Nos avancées freinées par le somnambulisme
Traînés par la force d’une marée intérieure
Bien au-delà, des drapeaux déployés
Nous atteignions les hauteurs vertigineuses de ce monde rêvé
Éternellement envahis par le désir et l’ambition
Il reste encore une faim inassouvie
Nos yeux fatigués, encore perdus dans l’horizon
Revoyant tout ce chemin que nous avons parcouru
L’herbe était plus verte
La lumière plus éclatante
Les saveurs plus douces
Les nuits d’émerveillement
Entourées d’amis
La lumineuse rosée matinale
L’eau s’écoulant
La rivière éternelle
À tout jamais


06/09/2016

Le Temps inTemporel d une création





















"Reality is much larger than what we are able to grasp.
Sometimes we can only clarify something by confronting it with what we do not know.
And sometimes the questions we ask lead us to much older experiences, which do not only belong to our culture, here and now. It is as if a knowledge that has always belonged to us, comes back to us, but of which we are no longer aware, nor even contemporary. It reminds us of something that is common to us all. This is what gives us strength and hope. The questions never stop, nor does the research. There is something infinite about it. When I look at our work, I feel as if I have only just begun."

Pina Bausch - Choregraph and dancer

16/07/2016

DU DEVOIR DE LA TRANSMISSION EN MILIEU HOSTILE

J'ai replongé dans le monde média avec beaucoup de prudence et de distance en apprenant la tuerie de Nice. Au vu du carnage médiatique, j'ai bien fait.

Malgré tout, je suis les fils des réseaux sociaux en cette journée d'après 14 juillet en France.
Pourquoi retenons-nous cette date pour faire parader les militaires de ce pays, avec force démonstration d'un pays surtout vendeurs d'armes ? les familles bien patriotiques qui s'ennorgueillissent des défilés j'ai franchement du mal. Et j'ai encore plus de mal avec cette béatitude quand des corps tomberont quelques heures plus tard sur la promenade des anglais à Nice  ...
En un battement d'ailes, l' Histoire répond à L' Histoire.

masque de Dark vador- Star Wars VII
"La haine est revenue, par de petits interstices (…) Elle emprunte toujours le même chemin: elle trouve de vieux défauts à un groupe d' hommes, à leurs moeurs, elle en brandit la dangerosité, la nuisance, pour se répandre toujours plus profondément. D'expérience, je sais qu' elle a gain de cause, souvent, la haine. Elle est rusée, elle exploite la faiblesse des uns, la pauvreté des autres, les vieilles blessures de tous, puis frappe. Et défigure. Sous son masque, on ne reconnaît plus l' homme, on discerne seulement une bouillie d' homme. Dont l' Histoire, cette folle fiction aux conséquences réelles, pourrait bien se repaître à nouveau." 

(extrait du témoignage de Léon, survivant d' Auschwitz 


 Nous sommes en guerre, et le front des combats, c'est nous. Les uns après les autres. Sans étoiles, sans voiles, sans armures. L' ennemi ne porte ni casques ni bottes et ne tiend pas de meeting à la tribune.
Des corps, puis des chiffres, puis des noms, des si, des pourquoi, des bilans accablants,
des " Je suis …" que beaucoup ne veulent plus ni afficher ni écrire ni lire.
Quand on éprouve ce qu' est la perte de la liberté et de l' insouciance, la peur atteind chacune de nos cellules. Je dirais même que cela réveille des démons et des peurs profondément ancrées dans un corps social commun, que deux ou trois générations ont plus ou moins digérer. Cette mémoire transgénérationnelle que l' on transmet malgré soi, que l' on porte malgré tout, commence à recouvrir du sens et c'est à mon avis le réveil des ces intuitions et de ces peurs dont il va falloir se méfier dans les années à venir. Qu'on ne se le dise pas tous les jours est une chose, mais qu'on reconnaisse à quel point tous les événements s' immiscent dans un tissu de mémoire traumatique, il le faut. Et je crois, qu' à ce stade il faut prévenir nos enfants, leur enseigner des valeurs avec une grande présence d'esprit, de recul et d'analyse.

Ces images de Nice que je consulte aujourd' hui, de temps en temps sur mon smartphone s'entrecroisent avec le visionnage de deux documentaires, l' un sur les femmes et Hitler,
l'autre consacré à la vie d' Eva Braun sur la base des images intimes qu' elle a enregistrées dans le cercle privé d ' Adolf Hitler, dont elle a été la maitresse cachée puis l' épouse avant leur suicide.

L' humanité d'un monstre à portée de vue rend encore plus atroce la définition de la barbarie.  Ces instants de vies colorées qui parait dans les images de sa protégée éloigne le dictateur pour le faire homme. L' Homme d' une seule compagne, sa propre matrice: l' Allemagne nazie.  Les femmes qui l'auront intimement accompagnées se seront toutes suicidées. L' homme et le dictateur était une unique et même matière sombre animée par la part la plus obscure de son humanité.



Dans la soirée, je visionne le dernier épisode de Starwars en Vod, bien en retard sur mon planning, mais pleine de curiosité pour le nouvel opus de cette saga, qui reste un souvenir mémorable de ma dixième année. La capacité de notre quotidien à sauter du réel au divertissement je l'accepte, je le gère, mais pour le digérer il faut l'inscrire peut être à un moment.
Je revisite toujours cette saga à l' éclairage d' un Georges Lucas rebelle, qui aurait écrit une parabole contre le système hollywoodien… jadis. Pourrait-t-on, devrais-t-on poser cette grille de lecture fictionnelle sur certains évènements survenus pas plus tard qu' hier, où des forces rebelles ont tenté un coup d'état ?
Qui dès lors est du bon côté de la force ? selon Lucas ? selon les médias ? selon vous ? 

Plus tard, dans ma nuit sans sommeil, je lisle livre d' Ahmed Dramé, "Nous sommes tous des exceptions", le récit d' un jeune homme de banlieue témoignant de son parcours scolaire chaotique
jusque' à la rencontre en seconde avec l' Histoire, celle de la Shoah, au travers d' un concours sur la résistance et la déportation que sa classe de "cancres" gagnera. Il aura suffit d' une professeur d' histoire qui n'avait pas vocation à lâcher une classe dont tout le monde y compris eux-mêmes pensaient ne pas en valoir la peine. Et le livre d' Ahmed Dramé me laisse un goût d'espoir moins amer que le monde où on nous projette quotidiennement, instantanément, sans recul et sans pudeur.


"Ces victimes se sont mises à faire écho, à se déplacer, elles aussi, vers moi. Ces sacrifiés par millions dans l' Holocauste ne sont pas morts tout seuls. Nous sommes morts avec eux, car c'est l' humanité dans sa totalité qui a péri. Je suis mort avec eux parce que je ne suis pas seulement Ahmed Dramé première version, je suis les autres. Je suis Jesse Owens et Mélanie et madame Anglès et mon frère.
J'ai ma propre chair, mais je porte la même peau.
J'ai une histoire particulière, un tajet spécial qui fait de moi une exception. mais j'appartiens autant à l' Histoire, celle de l' Homme, et, à ce titre, je suis les autres."




07/02/2016

Quand elles s'aiment

Elles prennent une voiture, 
Carol
quittent la ville
 High Art
et font des images
Thelma et Louise




La Femme Danoise

 
The Danish Girl’ est l’histoire d’une métamorphose : celle du peintre danois Einar Wegener qui se fit opérer dans les années 1930 pour devenirune femme, devenant ainsi l’un des premiers transgenres de l’Histoire.
Le film est réalisé par Tom Hooper, l’auteur du ‘‘Discours d’un roi’‘ et des ‘‘Misérables".

Je ne vais pas déflorer le film, et je ne tiens pas à en faire une critique non plus. Mais voici quelques ressentis d'avant de pendant et après projection.

Le visage de cet acteur Eddie Redmayne est déjà très troublant sur l' affiche et dans la bande annonce, c'est une silhouette qui à mon avis est un des succès du film. Il incarne toutes les interrogations de ce personnage, son ambivalence, ce deux en un. C'est ce visage là qui m'a convaincu d' aller voir cette histoire, je crois, en premier.  

J'ai aimé beaucoup aimé le traitement stylistique pictural des intérieurs, inspiré par les peintures du danois Hammershoi que j'affectionne.



J'ai moins aimé la mise en scène par contre, dès la première scène en fait. Tout était  trop millimétré et les décors trop ... parfaits ? La vraisemblabilité cinématographique qui fait qu' on ne regarde plus un film mais que l'on est tout ouïe à l' histoire qu' on nous raconte. J'ai senti la mise en scène un peu tout le temps en fait. 
 
J'ai aimé le rapport au vêtement, ce que le regard de l' autre aussi opère dans l' identité nouvelle du personnage. J'ai moins aimé les postures et gestuelles, comme si l' apparence n'était que l'apanage d'une singularité féminine. C'est essentiel évidemment mais si peu d' intériorité révélée autrement que par beaucoup de postures. Alors certes le personnage Einar devient Lili en posant comme modèle pour sa femme. Mais, je ne sais pas, ça m' interroge encore cette manière de le représenter tout le temps dans sa recherche de posture féminine. 

Cette histoire m' a touché par ce qu 'il y a un jusqu' au bout de soi assez unique dans la représentation du personnage transgenre. Là est peut être la vitalité de ce film. De raconter l' histoire jusque là. Et c'est très beau très essentiel en ce sens. Et tant mieux si cela fait prendre conscience de ce mâle à vivre. Je lisais un commentaire sous une critique du film, où quelqu' un se demandait mais comment peut-on être double en soi ?
 
Oui, c'est un questionnement que tout le monde ne se pose pas...

C'est pourquoi les êtres différents de soi continueront d' inspirer et seront inlassablement représentés, pour faire justice quelque part à la mixité du vivant, de l'autre, si étranger soit il.

Sur le même sujet, j'ai été beaucoup plus marqué par le film Lawrence anyways de Xavier Dolan.













10/01/2016

L' abstinence textuelle

Onze mois d'abstinence textuelle,
Dix ans de présence à l'enfant, un job à temps plein,
la moitié de ce temps divisé ici
ça compte
Et combien d'années sans composition musicale
et le temps des lectures littéraires…
l' image, ah oui, l' image
well, well, well…

Dix ans et quarante, un compteur à ré-initialiser.



05/12/2014

NUITS BLANCHES - critique


Tu ne vas pas souvent au théâtre. Tu ne vas pas souvent au THÉÂTRE, parce que c'est un gros mot, c'est écrit en gros, ça fait intello, ça t'ennuie. Tu t'ennuyais déjà beaucoup trop à l'école avec toute cette poussière de vers et d'alexandrins.
Pourtant, tu sais, que lorsque tu franchirais la porte d'un théâtre ce serait la promesse d'une surprise vivante qu'on déballerait devant toi. Avec des mots pleins de tes non-dits. Ce serait toujours l' histoire de quelqu' un , mais ce serait toujours un peu de ton histoire.







 Au petit matin, une femme serait assise face à la fenêtre qui donne sur le moulin. Ce moulin Rouge avec échaffaudage autour de son cou et pull à col roulé bleu autour du tien serait le souvenir de cette journée là, parce qu' il ferait froid et que tu serais déjà épuisée au matin. Cette femme assise traverserait la vitre avec une acuité particulièrement vive, car elle aurait survécu au hurlement intérieur cauchemardesque de sa nuit. Après cela, elle ne dormirait plus les dix sept autres nuits. Elle relirait tout Anna Karénine, entièrement, trois fois. Au creux des heures nocturnes, dépossédée de ses rôles sociaux, elle goûterait de nouveau à sa liberté insoumise, sans horaires, sans contraintes, sans atteintes, elle échapperait à son enveloppe de mère et d'épouse dans la lecture, entre les lignes, elle se délecterait d'un morceau de carré de chocolat fondant, de quelques verres de cognacs et échaffauderait ses heures d'insomnies en fulgurances fictives, héroïques, jusqu' à l'ivresse sans sommeil, quitte à en mourir. Et ni son mari, ni son fils ne se douteraient un instant de sa double vie. De jour comme de nuit, elle assurerait mécaniquement ses tâches et poursuivrait à la perfection sa tenue de route quotidienne. Dormir ? pour quoi faire ? puisque c'est la seule issue possible à sa vie sensible...






"Nuits Blanches" est un monologue adapté d'un roman japonais d' Haruki Murakami, intitulé " Le sommeil"
http://www.theatredeloeuvre.fr/nuits-blanches.html…
Au Théâtre de l' Oeuvre jusqu' en janvier 2015


Nathalie Richard interprète la femme de "Nuits Blanches" au théâtre de l' Oeuvre, et c'est une heureuse redécouverte pour moi que cette actrice, croisée l'année dernière à l'occasion du très beau film "A bas bruit", un film coup de coeur de l'auteur cinéaste Judith Abitbol. On aime un acteur ou une actrice pour sa manière à dire, à se mouvoir, c'est complètement subjectif et sensitif. Et, elle, j'aime bien comment elle parcourt et habille les histoires, de sa voix et de ses rythmes.
Je vous invite à la découvrir.

19/03/2014

Entre 4 yeux



Ce qui s'enfuit du monde c'est la poésie. 

La poésie n'est pas un genre littéraire, 
elle est l'expérience spirituelle de la vie, 
la plus haute densité de précision, 
l'intuition aveuglante que la vie 
la plus frêle est une vie sans fin.




Christian Bobin - Carnet du soleil


08/02/2014

Emovere









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Archives et travaux de la chorégraphe, danseuse, interprète, calligraphe, auteur, poète








Le mot "émotion" vient du verbe "émouvoir".
Il est basé sur le latin emovere, dont e- (variante de ex-) signifie "hors de" et movere signifie "mouvement"
 

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"Mouvement : Sur la scène comme sur la page, dans le corps qui danse et dans la main qui trace"





"Je porte au coeur de mon tourbillon
un milliard de grâce rondes
ailes pour déplacer
la perception"



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"En proie à ta manie d'accumuler 
plonge cette page dans l'eau
l'encre bave le papier se dissout
ton regard se désemplit
plus rien à chercher
c'est alors que tout peut arriver"




















“Il suffit de peu de mots à l’esprit contemplatif pour effectuer une percée dans le domaine de l’essentiel, inhérent à la poésie. Le haïku est un moyen de nous ressaisir dans notre « être ici-et-maintenant » par une condensation des perceptions qui offrent un accès direct à l’illumination de la conscience. Ces courts poèmes ne suivent pas un  ordre particulier. Ce sont plutôt des miroirs qui reflètent « les choses comme elles sont en elles-mêmes ». L’expression spontanée dont j’use ici est de même nature que la danse ; il s’agit de cerner les idées et intuitions qui pénètrent le cœur pour que mots et réflexion se fassent action, d’atteindre au royaume, invisible et visible, du temps de  l’esprit, espaces sur le papier ouverts à la pensée.”

"brins d' herbe"- C.Carlson - Actes Sud








26/01/2014

Open your eye

Carolyn Carlson



Qui sait d'où il faut arracher la possible splendeur en ce monde ?
Est-ce plus facile dans une maison confortable ?
Est-ce plus facile dans un deux pièces en banlieue ?
Est-ce plus facile dans un appartement chic parisien ?
Est-ce plus facile dans une déchetterie a ciel ouvert ?

La beauté se trouve en dedans de tout. Parfois elle m'attrape et je la retiens. Et nous formons une danse insolite et brillante avant même de déposer l'enfantement de la rencontre dans une matière palpable, accueillie par les cinq sens d'une musicienne prophétie.






04/01/2014

Ek-eaux...

Après quelques recherches, tombée je suis, sur ces images projetées en concert. De la suite dans les idées, "belles" et bien à poursuivre...

24/12/2013

Histoire d'eaux

"Ne rechigne pas à la dépense.

Quand tu ne lui arracherais que des loques, il te faut écrire comme si tu devais liquider la mer. 
Les mots sont tout ce qu'il te reste: lance toi à l'assaut de ce bleu. Tu dois courir encore derrière la mer. Il t'appartient d'en modifier la teinte, comme de recolorer de temps en temps le ciel, et de rhabiller ses fantômes avec des vêtements neufs. Pour se perpétuer, l'invisible a besoin de figures. L'infini est avide de formes. Il ne prend corps que sur ses bords où se conjoignent le large et le rivage, là où se noie de ton poème le beau regard exact et bleu: la mer est le grand encrier indestructible."

Une histoire de bleu- Jean-Michel Maulpoix



©Laure K. Expo Amerique Latine- Fondation Cartier

22/12/2013

La cime du rêve



Il n'est pas un grand esprit que n'aient obsédé, charmé, effrayé ou au moins étonné, les visions qui sortent de la nature. Quelques-uns en ont parlé et ont, pour ainsi dire, déposé dans leurs oeuvres
les formes extra-ordinaires et fugitives, les choses sans nom qu'ils avaient entrevues " dans l'obscur de la nuit".

Victor Hugo



Photos: Laure K.


Exposition Hugo et les surréalistes-
Maison Victor Hugo, Place des Vosges









Agnès Godard


Laure Adler reçoit Agnès Godard, chef opératrice.

17/12/2013

Si tu gardes...



À l’orée de la berge et du large
l’est une étrange vallée
où languit dans le lit de la vague
un jeune berger
allongé dans les bleus pâturages
il garde sans regarder
ballotés dans les flots sous l’orage
les moutons égarés

si tu gardes à l’intérieur ce qui te guide à l’extérieur

alors vu de l’intérieur
tu ne changes pas
si tu laisses à l’extérieur ceux que tu guides à l’intérieur
alors vu de l’extérieur
ça ne changera pas

doux agneaux effilant leur lainage

aux algues se sont mêlés
et les jours où les brebis sont sages
la mer donne du lait

si tu gardes à l’intérieur ce qui te guide à l’extérieur

alors vu de l’intérieur
tu ne changes pas
si tu laisses à l’extérieur ceux que tu guides à l’intérieur
alors vu de l’extérieur
ça ne changera pas

s’il est là le berger c’est qu’à l’âge

où l’on rejoint les cités
il n’a su trouver fille au village
à marier
tout là-haut sous les cieux de l’alpage
des falaises il s’est jeté
s’il l’a fait pour mes yeux de percale
nul ne saura jamais

si tu gardes à l’intérieur ce qui te guide à l’extérieur

alors vu de l’ intérieur
tu ne changes pas
si tu laisses à l’extérieur ceux que tu guides à l’intérieur
alors vu de l’extérieur
ça ne changera pas


Camille- Le Berger( Album Iloveyou)

02/12/2013

Escapade matinale

















Laissez à la nature le soin d' émerveiller les si muettes pensées