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03/06/2013

Livre sa vie


"Il faut être plus fort que l'écrit, 
plus fort que soi, 
pour aborder l'écriture. 
Tout le monde a peur.
Moi j'ai pas peur."

M.D.
Le Magazine Littéraire Nouveaux Regards

14/05/2013

Journal d’un corps





Heureusement entendu ce soir, Pennac a été le seul à pouvoir me rassurer en redéfinissant le mot "angoisse" sur mes maux de corps. Baume inattendu. Comme quoi... il ne faut pas redouter l'écho.
Puis le médecin a fait de même. 
Puis je m'endors.

20/02/2013

La Littérature et le Mal




Georges Bataille a soixante et un ans, c'est un auteur sulfureux mais
confidentiel, il parle de son livre La littérature et le mal, publié en 1958.
 
Je ne connais pas cet ouvrage, mais ça m'intrigue beaucoup après avoir écouter cette entrevue.
Il y a des choses à prendre ici je crois aussi. Et plus qu'à le lire.

07/02/2013

Sur mon écran

J'ai un neveu du beau nom de Sahel, 14 ans, qui passait par chez moi l'autre jour. Je l'ai abrité deux nuits tandis qu'il se rendait passionnément à son stage d'astronomie. Il m'a parlé d'un film, Danny the dog, qui semblait lui tenir de film de chevet. Trois jours plus tard, je tombais dessus à la télévision.
Ce soir là, j'ai pris un grand shoot visuel, sonore, de narrations toutes différentes dans leur façon de me capter. J'ai plongé avidement et sans avis médical ni contre indications... ça m'a fait prendre l'air et coucher très tard, et écrire plus efficacement.


Danny the Dog  Long Métrage Cinema - Réalisateurs: Louis Leterrier et Luc Besson
Bart, un truand, a élevé Danny, un orphelin, comme un chien, dressé pour tué. Par hasard, Danny fait un jour la connaissance de Sam, un accordeur de pianos, et de sa belle-fille, Victoria. Une rencontre qui va lui donner des envies de liberté et de faire la lumière sur son passé.

Scène de bastons kung fu mélangé à la résolution d'un drame familial, vu du placard, comme Besson sait très bien les faire (cf scène meurtre dans Jeanne d'Arc). Ces scènes de placard se retouvent d'ailleurs comme un codification récurrente d'un traumatisme. Le protagoniste sait, en secret. La scène de recouvrance de la mémoire enfouie est donc toujours assez savoureuse à étudier.




Shutter Island
Long métrage Cinéma

Réalisateur: Martin Scorsese
Milieu des années 50 : deux marshals, vétérans de la Seconde Guerre mondiale, débarquent sur Shutter Island, une île transformée en prison psychiatrique, pour enquêter sur la disparition d'une pensionnaire. Est-ce la véritable raison de leur séjour derrière les portes du pénitencier ?

Je voulais le voir depuis qu'il était sorti en salle. Parce que les films de Scorsese, je les ait eut en piqûre pendant mes années de fac. Là, aussi, il est question de mémoire et des substituts psychiques qu'un protagoniste est obligé de mettre en place pour y survivre. Le coup de force est d'emmener le spectateur du côté de la vraisemblance de la réalité du personnage jusqu'au bout. La manipulation spectatorielle est parfois très jouissive à créer mais aussi à déterrer en second visionnage.



Dans la tourmente
Téléfilm Allemand- Belge- Polonais
Réalisatrice Marleen Gorris
Inspiré de l'histoire de l'écrivaine Evguénia Guinzbourg.

Kazan, 1934. Evguénia Guinzbourg, professeur de littérature à l'université et membre du Parti communiste, se trouve brutalement victime des purges staliniennes qui font des millions de victimes. Arrêtée sur un prétexte futile, détenue au secret pendant des semaines, elle est rapidement condamnée à dix ans de travaux forcés et déportée. Dans les immensités glacées de la Kolyma, seules sa passion pour la poésie et la rencontre avec Anton Walter, le médecin du camp, lui donneront la force de résister à l'univers impitoyable du goulag ainsi qu'aux mauvaises nouvelles venues de Kazan...

J'ai faillit ne pas accrocher, mais j'ai tout de suite reconnu le visage d' Emilie Watson ( Breaking the waves - Lars Von Trier) et elle m'a embarqué dans cette histoire terrible des goulags sous Staline.
 Le personnage est condamnée à 10 ans d'enfermement dans un camp. Mis à part l'histoire poignante inspirée d'une histoire vraie, j'étais curieuse de voir comment le scénario et la réalisation allait pouvoir dérouler une période de dix années, filmiquement. Tenir la tension, l'attention. Et ça a marché.




Occupation
Série télévisuelle britannique
Scénariste Peter Bowker -Producteur Derek Wax 

Envoyés à Bassorah et soudés par un « incident » qui a failli leur coûter la vie, Mike, Danny et Hibbsy vont décider de retourner en Irak après la fin de leur mission, le premier par amour pour Aliyah, une jeune femme médecin, le deuxième par désespoir et appât du gain, le troisième parce que la Grande-Bretagne n'a rien à offrir aux jeunes prolos dans son genre.

Là encore, je n'ai aucun intérêt particulier pour le genre "série", ni pour le sujet dont il traite.
Mais il faut le reconnaître, les scénaristes de série sont juste des balèzes de la dope série. Il te suffit juste d'une fois pour tomber accro, c'est le principe de base."Tu les chope les 5 première minutes, et tu ne les lâche plus !" ça me rappelle cette gimmick d'un vieux réalisateur avec qui j'ai fabriqué une émission à 9 caméras. Sous shit et sous alcool. Pas moi.


Cette série là porte un regard très humaniste sur l'après-guerre, à la fois dans les deux camps.
La désolation de la re-construction d'un pays, mais aussi d'hommes et de femmes fracturés de l'intérieur. Et puis j'y ai retrouvé cette incroyable actrice Lubna Azabal, découvert dans le film Incendies de Denis Villeneuve. Et un visage parfois suffit à m'embarquer.



13/09/2012

L'art de l'image


La notion de représentation du réel me facine toujours autant, le mieux est encore d'essayer de rendre sa propre perception plutôt que de faire semblant de rendre la vie réelle. Il y a 24, 25 ou 30 images par secondes, un délai est donc à disposition.
Comment on filme la vie,  simplement, comment on la rend ? Chaque époque a sa technique d' appréhension et d'enregistrement du réel.
Comment nos appareils techniques mesurent, influencent les démarches, les figent ou les fixent à tout jamais ? où retrouve-t-on la liberté des mouvements dans un cliché photographique ou le défilement d'un geste sur un écran ?

 Ce film réalisé en 1951 par Hans Namuth, a été remis en scène dans le film Pollock de 2000, où l'on voit le réalisateur qui coupe tous les gestes et élans du peintre parce que la technique cinématographique l'exige. Il le fait s'asseoir plusieurs fois, mettre ses chaussures, lui demande de s'interrompre quand il n'y a plus de pellicule, etc.
 Le personnage de Jackson Pollock se plie sans rien dire durant ces scènes filmées, mais tout son être bouillonne, il dit se sentir "bidon" face à la camera obscura qui, bien que captant pour la postérité, lui enlève en même temps toute sa liberté d'action. Il finit par rentrer chez lui, dès le "final cut" avale 3 ou 4 verres de whiskys après deux années d'abstinence, au grand dam de sa femme, puis exaspéré par les prises de vue au hachoir envoie ballader la table entière chargés de victuailles pour la thanksgiving.

Cette scène m'a évidemment troublée, mettant en parallèle deux modes d'expressions aux antipodes à savoir l'art des 24 images à la seconde et la peinture qui ne se mesure pas en secondes.
La prise de vue du visible reste un cadre à choisir, un certain point de vue: où positionne-t-on sa caméra, à terre, en contre plongée, à hauteur d'homme, ou le plus haut possible ?
Ensuite vient la valeur dans le cadre, gros plan, plan large, plan rapproché, etc ?
Puis le choix de focale, la profondeur de champ: netteté, flou, sur quelle partie de l'image ?
Ouvrir l'iris, ENFIN !
Puis de ces choix là, guidés par on ne sait quel langage propre à soi, ses influences culturelles, sa maîtrise de la technique, ses goûts, vient alors la notion de durée. D'où à où j'enregistre ? Faut-il que le personnage soit déjà dans l'image ou qu'il y entre ? Dois-je lui faire refaire le mouvement ? En même temps que l'on filme on pense déjà au montage, à ces entrées et sorties du cadre, aux raccords avec un geste, un objet, aux mouvements qui défilent dans un sens, aux plans dit "plans de coupes" qui rendent une atmosphère sans individus en action. Les plans de coupe sont nécessaire à l'atmosphère d'un lieu, ils permettent de poser des respirations, ils permettent aussi d'habiller les voix qui elles, défilent.

Dans cette scène-ci montée, se met en place tout un monde de choix, de paradoxes, d'exigences techniques et par la suite de tout ce remue-ménage de la captation, il y a l'étape invisible du montage qui donne le rythme et le langage final. 
Il ne faut rien envier à la peinture si on veut la capter, il faut même ne pas la respecter si on veut la rendre. Et simplement, il ne faut pas oser penser rendre le réel tel qu'il nous est donner à vivre, mais le rendre à travers nos persiennes, c'est là l'intérêt. Pour ma part j'évite le plus possible la mise en scène, mais certains gestes ou mouvements râtés par ma caméra méritent parfois une répetition, ne serait-ce que pour la beauté du geste. Etre absolument directif est un choix, comme suivre à sa façon, dans le chaos de la vie et du mouvement, pour ensuite réecrire au montage avec cette matière là, indéfinie, floue, spongieuse, mouvante, accidentée. Je lui préfère cette attitude, même si j'essaye de la maîtriser. Bref, je cherche le bon équilibre, entre odre et désorde, cahos et maîtrise, inspir et respir. L'art comme frontière, commme souffle primaire.

24/07/2012

Federico à un ami

"Tu souffres, et il ne le faut pas. Dessine une carte de ton désir et vis dans ce plan qui doit toujours obéir à une norme de beauté. C'est ce que je fais, mon cher ami... Et ce n'est pas facile ! Mais j'y vis. Je suis un peu hostile à tout le monde; pourtant, la beauté vive que je sens battre dans mes mains me console de tous les déboires. Et comme j'ai des conflits de sentiments très graves et que je suis accablé d'amour, de vilenies, de choses très laides, je m'en tiens coûte que coûte à ma norme de joie. Je ne veux pas capituler. Tu ne dois pas te laisser abattre. Je sais très bien ce qui t'arrive.
Tu es à l'âge triste du doute, écrasé par un problème artistique que tu ne sais comment résoudre. Patience. Ce problème se résoudra de lui-même. Un beau matin tu commenceras à y voir clair. Je le sais. J'ai de la peine à te savoir plongé dans ces sales histoires. Mais tu dois apprendre à en triompher à tout prix. Tout vaut mieux que d'être dévoré, brisé, déchiqueté par elles. J'ai surmonté ces derniers jours à force de volonté une des plus grandes douleurs de ma vie. Tu ne peux imaginer ce que c'est, de passer des nuits entières sur le balcon à regarder la Grenade nocturne pour moi vide sans trouver la moindre consolation dans quoi que ce soit.
Et puis... veille constamment à ce que ton état ne s'infiltre pas dans ta poésie, sinon elle te jouera le mauvais tour d'exposer ce qu'il y a en toi de plus pur aux regards de ceux qui ne doivent jamais le voir. Voilà pourquoi, afin de m'exercer à la discipline, je fais actuellement ces études et livre mon âme au symbole du saint sacrement et mon érotisme à une Ode à Sésostris, à moitié terminée. Je te parle de ces choses parce que tu me le demandes; je ne dirais plus rien de ce qui, malgré moi, me blesse sans coup férir et on ne peut plus sciemment.
Mais je me défends, J'ai plus de courage que le Cid..."

Federico Garcia Lorca à son ami Jorge Zalamea


21/07/2012

Travelling


Peinture de Camilla West

J'ai passé de merveilleuses journées avec trois enfants de 4 à 8 ans, même si ça ne parait pas là, tout de suite, comme étant le fond de mes profondeurs, ça n'empêche en rien d'être animée par la joie, les rires, les enfantillages qui sont des trucs vachement sérieux en fait. Ma pâte à sel n'a rien d'une sculpture de Camille Claudel, mais ce n'était pas tant ça que la difficulté à exprimer les sentiments qui serpentent en sous-terrain. Parfois il faut beaucoup de couleurs et de joie de vivre en surface pour parvenir à descendre et remonter quelques heures. L' été est toujours ainsi. Ya des matins graves et des matins pas graves.
Le tout est de trouver dans quelle matière immédiate où on peut jeter ses sentiments et émotions. Le film ne permet pas cette immédiateté, à mon goût c'est trop long. Le dessin c'est pas mal, l'écriture... mmh douloureusement pas docile, mais la seule valable en état d'urgence. Je ne sais pas si l'expérience sert à grand chose, peut être que si, mais surtout je ne suis pas seule. ça c'est mortelle, la solitude quand on enclenche les traversées. J'essaye d'accepter ce qui monte, j'ai pas de psy à porter de mains, et je n'ai pas envie de cette méthode, il faut affronter ses peurs, ses désirs, les exprimer surtout, c'est difficile de mettre des mots là où ça blesse parce qu'on ne sait pas pourquoi. Juste le sentiment qu'il faille en passer par là comme un palier de décompression. Ce n'est pas un choix mesuré, c'est parfois l'aboutissement de milles et unes recherches inconscientes qui se cristallisent à un moment donné.
"Sur la route", c'est un titre boomerang, celui qui se ramène tout le temps avec tout ce qui va avec. Ce sont les mêmes portes, les mêmes questions, les mêmes états qui cognent, je pourrais faire semblant de rien voir mais honnêtement, faut avancer un peu dans sa route et puisqu' il y a des guides, je mesure comme une chance ce qui m'est encore donnée de franchir, ou d'approfondir. 
C'est le voyage, je l'accepte.

16/07/2012

Crazy road...


Exposition sommaire et temporaire au Musée des Lettre et manuscrits, à propos de Sur la Route
"de l' écrit à l'écran". 
Bref, de la poussière, de la poussière, ça risque pas vraiment d'être crazy. 
Mais c'est tout ce que j' ai sous la dent.

11/07/2012

Nous ? (voix du Québec)

Touchée également par ce texte là, cette voix, ce rythme, l'intimité d'un soi d'un nous, d'un peuple, d'une identité humaine sur le terreau d'une révolte collective, celle d'ici et celles d'ailleurs. 



 d'autres aussi riche à entendre ici
NOUS? est un évènement unique de prise de parole, de réflexion sur l'état du Québec, sa démocratie, tenu le 7 avril dernier.
NOUS SOMMES ARRIVÉS À CE QUI COMMENCE.
Diffusion en direct sur la chaîne VOX.

05/04/2012

Portrait d'une rebelle


"Vraiment je ne vis que lorsque j'écris"

Anne Marie Schwarzenbach


Annemarie Schwarzenbach se disait marquée par « la malédiction de la fuite ». Soucieuse de prendre ses distances avec un milieu familial qui l oppresse et la culpabilise, elle illustre aussi le « déracinement historique » de toute une génération après l effondrement des valeurs qui a résulté de la Première Guerre mondiale.

Ses voyages sont de deux sortes, auxquelles correspondent deux styles d écriture. En Europe et en Amérique, elle part à la rencontre des autres. Ses reportages – textes et photos – dénoncent l injustice sociale (aux Etats-Unis en proie à la Grande Dépression) et la menace des libertés démocratiques en Espagne, à Moscou, en France, en Allemagne où elle voit avec anxiété grossir le « nuage noir » du nazisme. Les articles qu elle publie dans la presse suisse, les lettres qu elle adresse à ses amis (Klaus Mann, Claude Bourdet), témoignent d une conscience exigeante, révoltée.

En Afrique, en Asie, elle poursuit une quête intime de sens, de vérité, qui prend une forme plus littéraire. C est en Orient, pour elle, que « bat le coeur du monde ». Ses voyages au Congo, en Turquie, en Perse, en Irak, en Afghanistan, sont comme un retour aux origines – origines de l Europe, innocence originelle d une humanité qu elle voit ailleurs emportée par un soi-disant progrès qui se révèle en réalité un facteur d abaissement. C' est sous ces cieux-là qu en de rares instants de plénitude, cette mélancolique invétérée communie avec la « joyeuse sérénité de la terre ».

La résistance à la bêtise commence n'importe où, n'importe quand.

29/03/2012

Salon du Livre suite...

Pendant qu' Eric Mc Comber s'évertuait avec un brio certain à retenir le chaland ( la chalande) , non loin de là, en ligne de mire j'avisais mon objectif vers un pupitre libre, où attendait patiemment une auteure, comme dans les mille et un stands de ce salon qui finissent par embrouiller tout discernement. Avant même de savoir ce qui se vendait là, je dirigeais mon regard abasourdi vers l'ouvrage du stand, et ho, ho, surprise:


Je n'ai pas acheté beaucoup de livres, trois en fait, dont celui-ci, un guide sur les fées... et regards sur la femme, d'autres représentations du féminin qui offre des horizons hors de l'infinie triangulaire catin, mère, sainte.
Lilith, j'ai lu. Sacrément pas cool cette fée.
Le blog des fées c'est ici.

Je me suis amusée à filmer les 3 dédicaces qu'on m'a faite, cet instant où il y a le livre, l'auteur et le lecteur réunis, juste pour poser l'interaction.

Fabienne Verdier, une peinture tout en vibrations.

Rencontre avec Fabienne Verdier, à l'occasion de la publication de ses carnets de recherche "Echos" de 2017 à 2022.     J...