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11/10/2024

L' image manquante


"Ce que je vous donne aujourd’hui n’est pas une image, ou la quête d’une seule image, mais l’image d’une quête : celle que permet le cinéma. Certaines images doivent manquer toujours, toujours être remplacées par d’autres : dans ce mouvement il y a la vie, le combat, la peine et la beauté, la tristesse des visages perdus, la compréhension de ce qui fut ; parfois la noblesse, et même le courage : mais l’oubli, jamais."  Rithy Panh


L' Image manquante à voir jusqu'à  jeudi sur le site d'Arte.


« L'image manquante » Une histoire du Cambodge sous le regard  du cinéaste Rithy Panh.

Comment l'auteur, le cinéaste réussit à recomposer ce qui manque à la mémoire de l'histoire de son pays, les images manquantes.
Celles d'un peuple affamé par une idéologie. Celle d'un désir de retour à la terre, bannissant la propriété privée, le bien individuel du capitalisme, les chants, la liberté de chacun, pour en faire un grand pot commun, chacun nourrissant l'autre, une idéologie communautaire où tout serait partagé, labeur, semence, récolte.

Les scènes sont recomposés sous forme de maquettes, où la caméra tournent avec de petits personnages sculptés dans l'argile. Parfois, on voit la main du cinéaste qui les sculptent.
La bande sonore très travaillée par les ambiances, la musique, accompagnée par la voix off du réalisateur narrant au fil de ses souvenirs, ce qui fût. La mort des proches décimés par la faim, les corps mourants un à un, les camps de travaux forcés, l'abandon d'un peuple, son annihilement, sa destruction flagrante et pourtant invisible aux yeux du monde. Comment a-t il pu survivre lui-même, se demande-t-il, survivant à cinquante ans ?

J'apprends alors cette effrayante parole de mensonges, tissées d'images de propagande, des images fossés , de celles qui recouvrent les cadavres qu'on laisse à terre sur le bas côté. La gloire de Pol Pot, ce tyran qui ne dit pas son crime, qui affiche sourire et victoire de son idéologie face aux dirigeants chinois, admiratifs.
Le cinéaste déterre séquence après séquence, à travers son histoire personnelle, ce qui broie l' humain petit à petit. Un film vraiment passionnant tant dans son écriture cinématographique, son travail de recomposition nécessairee à toute survivance. Témoigner. Témoigner contre l'implacable mensonge qui tente de recouvrir l'histoire.

Cela complète ma lecture d' Images malgré tout, de Georges Didi-Huberman, un ouvrage écrit autour de quatre images prises dans le camp d’Auschwitz. Quatre documents d'un réel qu'on dit impensable, dont on dit encore que l'on ne peut pas imaginer l'horreur. Inimaginable.
Toute la trame de ce livre est d'exprimer pourtant qu'il n'y a rien d'impensable, bien au contraire, que l'indicible doit être dit et non pas relégué au rang de l' inimaginable. C'est imposer aux victimes et aux survivants l' inhumanité même qu'on leur a fait subir.

Il faut imaginer. Il faut penser ce réel. Car il a été lui même pensé, imaginé, conçu et appliqué.

Voilà en résumé, ce qui tient lieu d'oeuvre, malgré Tout.

"Voir pour savoir. Et non pas simplement regarder."

10/09/2013

The path of the wind


Musique finale du dessin animé Mon voisin Totoro, du cinéaste Miazaki
qui en termine avec sa production de long métrages, mais pas complètement de l'animation.
Cette musique ravie notre intérieur quotidien.

21/06/2013

"A Bas bruit" ou le temps suspendu

Nathalie Richard, en suspend, dans le film A Bas Bruit

"A bas bruit" est un film "haut, bas, fragile", comme ces étiquettes que l'on voit sur les cartons d'emballage ou de déménagement. Il invite à un temps suspendu, curieusement hors d' une zone de confort mais tout en apesanteur.
N'est-ce pas là tout l'art du cinéma que de suspendre le temps ? au moins de tenter de le retenir, entre ciel et terre ? Une façon de panser et d'offrir à penser.

Il confine la parole au silence, laisse sa comédienne oeuvrer dans un cocon de polystyrènes, dans l'effet papillon d'une lumière qui cherche le passage, le film ajoure tous les mots dits, par Nathalie, l'interprète, échappées des pages de Judith, l'auteur.

Un film qui a séjourné, "de jour comme de nuit",  dans la tête de la réalisatrice et de la comédienne,  pendant de longues années, un film de longue haleine parsemé de deuils profonds, dont la recomposition a prit sa forme sans doute au moment où elles s'y attendaient le moins.

D'où nait un beau jour la volonté d'épurer l'image, de laisser deviner les formes de représentations des scènes sans le décorum ? Un pari fou. L'envie de s'extraire de tout ce qui est reconnu, probablement. Donner à voir et à entendre, autrement. C'est une démarche et un questionnement que je comprends. On n'est jamais sûr d'arriver à un résultat plausible, engageant, possible, mais il faut tenter.

Aurait-t-il pû être seulement radiophonique ce scénario-là ? comme le suggérait pauvrement un critique...
C'est retirer, à mon sens, le nerf même, du film, qui n'a de cesse d'interroger cette notion d' incarnation, la chair même, celles des des mots, et les mots qui viennent de la vie, d'une vie incarnée, in carne, et qui ne reprend vie qu' au travers de la chair, celle d'une comédienne, celle d'un boeuf écorché, celle de l'amie.

Imaginons ce que ce film aurait pû être, si chaque scène avaient été représenté de façon naturaliste, comme il devait se faire à l'origine...
Mais non, n'y pensons pas.
La réalisatrice Judith Abitbol a fait le choix de la narration sans embages, après une lecture donnée du scénario par Nathalie Richard. Et, à la voir à l'écran, on comprend ce choix drastique de l'épure.
Il faut alors faire confiance à la force du squelette narratif, et à l'évocation d'une lecture scénaristique. Avoir confiance en la charpente textuelle et à l'écho de son interprète. Et ici et là, très précisément, y déposer les images d'un ailleurs et d'un autre temps qui donnent alors l'éclairage entier à tout ce pourquoi du film.
Un pari osé.

Ce que l'on voit dans ce film - et pourquoi il est encore heureux de le voir - malgré sa maigre distribution en salles, c'est aussi le travail d'une comédienne qui, de répétitions en répétitions, d'intentions en intensité, se réapproprie les mots, le jeu des scènes, avec une jubilation non feinte,  et une gracieuse justesse du geste. Quel bonheur que cet oeil-caméra pour avoir le privilège de regarder les autres vivre de si prêt, et avec "tant d'amour..."

"A bas bruit" est un film document, une pierre angulaire, au sens où il interroge l'artifice "cinéma",  où il force le pouvoir de l'imaginaire spectatoriel, où il se projette confiant, entre nos synapses habitués à la disperssion. On nous propose d'éxpérimenter un cadre d'écoute, d'observation et d'invention. Presque oui, comme au théâtre, la focale et le choix des prises en plus.
La comédienne est filmée au plus prêt de sa texture de peau et se dévoile avec toute cette magie mystérieuse que les grandes comédiennes maîtrisent, sans besoin de se grimer.

"A bas bruit" est un film  qui invente son propre langage avec un certain goût du risque, celui de ne pas plaire d'emblée. Mais comment faire autrement pour être à la hauteur de l'intraduisible, si ce n'est de continuer à interroger la matière sur laquelle la douleur peut se projeter, se traduire, s'incarner et se transcender ?



Projections à Paris à L'Espace St Michel, et MK2 Beaubourg.
autres documents sur le film http://www.filmsduparadoxe.com/abasbruit.html

13/06/2013

Le Plan Séquence

Le plan-séquence est l’une des techniques les plus difficiles à maitriser pour un réalisateur. Tout doit être préparé à l’avance ; les mouvements de caméra et des acteurs mais aussi des techniciens afin d’éviter que la perche son, ou une ombre non souhaitée apparaissent à l’écran. La moindre petite erreur oblige à recommencer le tournage de cette séquence depuis le début.
La durée d’un plan séquence est variable, mais les contraintes citées plus haut font des longs plans-séquences des prouesses filmiques extrêmement reconnues par les cinéphiles.

 Le premier intérêt qui vient à l’esprit pour le plan-séquence est qu’il rend la scène plus réaliste que si elle était composée de nombreux plans. L’impact sur le spectateur est souvent bien supérieur lorsque l’on utilise la technique du plan séquence.

Les plans séquences les plus appréciés sont ceux qui durent plusieurs minutes, qui suivent les personnages ou l’action sur une distance significative en s’affranchissant des contraintes spatiales.

L’immersion est totale durant ses séquences ou on ressent vraiment la difficulté que peut rencontrer le personnage lors de son déplacement.

Le plan séquence permet également de jouer sur le rythme. On peut ainsi créer une atmosphère particulière. Accompagnés d’une musique douce, des mouvements lents de caméra créeront une ambiance légère.
Enfin, le plan séquence peut mettre en avant la performance physique d’un comédien pratiquant lui-même une cascade ou pour une scène de danse.

03/06/2013

A bas bruit- Avant goût


Cette bande annonce là.
Avec cette parole là, la voix de cette actrice là. Le choix de l'épure.
Cette bande annonce là, parce que les marguerites. Cette envie de les laisser entrer dans son champ de vision, de laisser le vent les faire se courber, se redresser, les laisser se perdre dedans le cadre, les laisser nous sussurer de prendre le temps avec elles. Cette notion de temps que la photographie n'a pas. Un tableau mouvant d'où nait, des mots, dans le silence.
Marguerite aussi, parce que Duras. Pas très loin dans l'écriture de ce film. Scénario ouvert vers cette écriture et écriture filmique, montée, composée sans doute avec ce même souffle. Ce même rythme.
Il y a là une exigence à être au plus prêt. J''aime quand on sent l'écriture et les raccords parce que c'est signé et significatif d'un regard.

Ha, je vois déjà les adeptes du divertissement détournant le regard d'un cinéma qui se veut trop conceptuel. Ho, non, non, ça m'ennuie d'avance. Bon. N'allez pas voir ce qui vous donnerait à penser autrement le cinéma, qui met en scène autrement la parole, qui donne à entendre et à voir autrement. C'est vrai, c'est chiant de pas savoir où on met les pieds. En plus ça à l'air d'être sérieusement intello.
Ah bon ? - pas vrai, je dis. Je parie. Pas encore vu.

Avoir de l'appétit pour des cuisines exotiques revient au même. On ne peut pas forcer la curiosité, on peut juste vous suggérer ce qu'en est le manque.
Moi j'aime d'avance, avant même d'y avoir goûter. Sensation familière. Sensation d'un langage différent, et ça me plait. C'est tout. Juste par cette bande-annonce.

Un film dont la durée de vie ( projection en salle) sera à peine la durée de vie de celle d'un papillon, sans votre présence du 6 au 20 juin à L' Espace St Michel à Paris. ( ici, autres lieux et dates)

Voilà, je soutiens A BAS BRUIT parce que cette histoire de cinéma là me touche. En marge des exploitations tonitruantes. Le 7ème art, avant d'être art, divertissement et industrie est aussi/surtout une Expression, non ?
Evidemment ce serait plus alléchant avec 300 couverts posés sous un barnum de la côte cannoise...
Mon avis que ce film là est bien plus raffiné que du homard.





02/06/2013

A bas Bruit- La vie d'un film -

Bande-annonce textuelle

- Que faites-vous de vos nuits, Agathe ?
- La nuit comme le jour, je travaille
- Et vous dormez quand ?
- Un peu le jour, un peu la nuit.

Léonore est une jeune femme brune, plutôt maigre, plutôt énergique. Elle porte des jeans usés et un pull-over rouge.

Rue- Boucherie- Jour

Léonore entre dans la boucherie, habillée différemment mais toujours avec son même manteau couleur cannelle.
-"Bonjour tout le monde !"
Tout le monde: "Bonjour !"
Cette fois-ci Paul a le dos tourné, il pare un rosbeef. C'est Agathe qui s'approche de Léonore, Damien passe devant elle, des terrines dans les mains.
Léonore:
- " Comment allez-vous Agathe ?"
- " Un peu fatiguée "
- " Qu'est ce que je vous sers ? "

Plan 16- Plan Large en légère plongée. Des marguerites.

Ce sont des marguerites blanches, à hautes tiges, elles sont d'une fragilité tendre et frissonnent tranquillement sous le vent. Elles renvoient ce que la nature a de plus doux, de plus rassurant.

Léonore arrête la cassette. Les deux jeunes femmes restent dans le silence. Agathe a les larmes qui coulent le long de ses joues.
Tant d'amour...

Photo extraite du Film A BAS BRUIT de Judith Abitbol,  avec Nathalie Richard


A BAS BRUIT
Sortie en Salle Mercredi 5 JUIN 2013

14/02/2013

Maya

Petite pépite cinématographique découverte chez Lyberium,



la suite: At Land Pt2.

Maya Deren personnalité majeure du cinéma expérimental américain des années 1940. Elle réalise de nombreux courts métrages d'inspiration surréaliste et psychanalytique, inspirés par Cocteau. Elle tente en vain de participer à la fédération de l'avant-garde américaine au début des années 50. C'est en son honneur qu'en 1962, un an après sa mort, Jonas Mekas réalise son rêve en fondant, avec d'autres cinéastes, The Film-Makers' Cooperative. ( source wiki)

09/02/2013

Artiste en exil







Des silhouettes voilées de noir se dirigeant vers l'horizon. 
Cette image a retenue mon attention dans le flot ininterrompu d'en face. Parce que le noir et gris des ces êtres humains que l'on sait nés de sexe féminin me rappelle que toutes religions,  telles qu'elles ont été écrites et proférées comme textes sacrés,  n'ont de cesse de légitimé la possession et soumission d'un territoire corporel. 
Ces silhouettes sont toujours une image choquante. La seule allégorie à ma connaissance, vêtue en noir, de pied en cap, se prénomme la Mort. Qu'il y ait un squelette masculin ou féminin en-dessous n'y change rien. Cette vision reste et demeure quelque chose de très singulier dans un paysage.

J'ai voulu connaître l'origine de cette image, et j'ai découvert une artiste iranienne, vidéaste, cinéaste, Shirin Neshat ( lien vers son TED) 

Née en Iran, en 1957, Shirin Neshat a quitté son pays pour les Etats-Unis quelques années avant la révolution islamique de 1979. 
Au terme de ses années de formation en Californie, Shirin Neshat s'installe à New York, dont elle a fait son point de vue sur l'Iran, et plus largement sur l'expérience des femmes dans les sociétés islamiques contemporaines, nourrie par ses fréquents voyages depuis 1990 sur sa terre natale.



Le premier retour dans son pays, en 1990, fut pour Shirin Neshat une " expérience choquante ". " La différence entre ce que j'avais gardé en mémoire de la culture iranienne et ce dont j'étais témoin était énorme, se rappelle-t-elle. Le changement était à fois effrayant et excitant. Je n'étais jamais allée dans un pays dont les fondations étaient si idéologiques. "

 En Iran, depuis le début du siècle dernier, le port du voile fut tour à tour non obligatoire et proscrit (1935-1941). Puis dans les années soixante-dix, il devient signe d'engagement révolutionnaire avant d'être de nouveau obligatoire, mais redessiné au début de la guerre contre l'Irak, afin qu'au lieu de le tenir, dans l'espace public, les femmes retrouvent l'usage de leurs mains, pour remplir des fonctions administratives et éducatives aussi bien que pour tenir une arme.

© Shirin Neshat

" Rapture " (1999), l'œuvre la plus ambitieuse de Shirin Neshat, est une scénographie, où d'un côté une communauté de femmes, toutes drapées de noir, évoluent dans de grands espaces naturels tandis que de l'autre, une communauté d'hommes mènent diverses activités dans l'enceinte d'une forteresse. Dans les sociétés islamiques, la différence sexuelle est affaire de territoire.


En 1999, les autorités iraniennes l'ont déclarée ennemie de la Révolution islamique. 

Que reproche à Shirin Neshat l'Islam chiite? 
Tout d'abord, d'incarner. De colporter le "mauvais oeil" de l'image moderne, "opium de l'Occident" qui a troqué le Verbe absolu contre le simulacre délétère, cette "barbarie" à visage humain. D'avoir embrassé le visage de Satan - fantasme polymorphe opportunément partagé par l'Orient et l'Occident au bénéfice de l'ignorance, de l'ostracisme et de la démagogie stratégique. 
Enfin, de donner à voir.




Shirin Neshat Tracks par MrKaplan



07/02/2013

Sur mon écran

J'ai un neveu du beau nom de Sahel, 14 ans, qui passait par chez moi l'autre jour. Je l'ai abrité deux nuits tandis qu'il se rendait passionnément à son stage d'astronomie. Il m'a parlé d'un film, Danny the dog, qui semblait lui tenir de film de chevet. Trois jours plus tard, je tombais dessus à la télévision.
Ce soir là, j'ai pris un grand shoot visuel, sonore, de narrations toutes différentes dans leur façon de me capter. J'ai plongé avidement et sans avis médical ni contre indications... ça m'a fait prendre l'air et coucher très tard, et écrire plus efficacement.


Danny the Dog  Long Métrage Cinema - Réalisateurs: Louis Leterrier et Luc Besson
Bart, un truand, a élevé Danny, un orphelin, comme un chien, dressé pour tué. Par hasard, Danny fait un jour la connaissance de Sam, un accordeur de pianos, et de sa belle-fille, Victoria. Une rencontre qui va lui donner des envies de liberté et de faire la lumière sur son passé.

Scène de bastons kung fu mélangé à la résolution d'un drame familial, vu du placard, comme Besson sait très bien les faire (cf scène meurtre dans Jeanne d'Arc). Ces scènes de placard se retouvent d'ailleurs comme un codification récurrente d'un traumatisme. Le protagoniste sait, en secret. La scène de recouvrance de la mémoire enfouie est donc toujours assez savoureuse à étudier.




Shutter Island
Long métrage Cinéma

Réalisateur: Martin Scorsese
Milieu des années 50 : deux marshals, vétérans de la Seconde Guerre mondiale, débarquent sur Shutter Island, une île transformée en prison psychiatrique, pour enquêter sur la disparition d'une pensionnaire. Est-ce la véritable raison de leur séjour derrière les portes du pénitencier ?

Je voulais le voir depuis qu'il était sorti en salle. Parce que les films de Scorsese, je les ait eut en piqûre pendant mes années de fac. Là, aussi, il est question de mémoire et des substituts psychiques qu'un protagoniste est obligé de mettre en place pour y survivre. Le coup de force est d'emmener le spectateur du côté de la vraisemblance de la réalité du personnage jusqu'au bout. La manipulation spectatorielle est parfois très jouissive à créer mais aussi à déterrer en second visionnage.



Dans la tourmente
Téléfilm Allemand- Belge- Polonais
Réalisatrice Marleen Gorris
Inspiré de l'histoire de l'écrivaine Evguénia Guinzbourg.

Kazan, 1934. Evguénia Guinzbourg, professeur de littérature à l'université et membre du Parti communiste, se trouve brutalement victime des purges staliniennes qui font des millions de victimes. Arrêtée sur un prétexte futile, détenue au secret pendant des semaines, elle est rapidement condamnée à dix ans de travaux forcés et déportée. Dans les immensités glacées de la Kolyma, seules sa passion pour la poésie et la rencontre avec Anton Walter, le médecin du camp, lui donneront la force de résister à l'univers impitoyable du goulag ainsi qu'aux mauvaises nouvelles venues de Kazan...

J'ai faillit ne pas accrocher, mais j'ai tout de suite reconnu le visage d' Emilie Watson ( Breaking the waves - Lars Von Trier) et elle m'a embarqué dans cette histoire terrible des goulags sous Staline.
 Le personnage est condamnée à 10 ans d'enfermement dans un camp. Mis à part l'histoire poignante inspirée d'une histoire vraie, j'étais curieuse de voir comment le scénario et la réalisation allait pouvoir dérouler une période de dix années, filmiquement. Tenir la tension, l'attention. Et ça a marché.




Occupation
Série télévisuelle britannique
Scénariste Peter Bowker -Producteur Derek Wax 

Envoyés à Bassorah et soudés par un « incident » qui a failli leur coûter la vie, Mike, Danny et Hibbsy vont décider de retourner en Irak après la fin de leur mission, le premier par amour pour Aliyah, une jeune femme médecin, le deuxième par désespoir et appât du gain, le troisième parce que la Grande-Bretagne n'a rien à offrir aux jeunes prolos dans son genre.

Là encore, je n'ai aucun intérêt particulier pour le genre "série", ni pour le sujet dont il traite.
Mais il faut le reconnaître, les scénaristes de série sont juste des balèzes de la dope série. Il te suffit juste d'une fois pour tomber accro, c'est le principe de base."Tu les chope les 5 première minutes, et tu ne les lâche plus !" ça me rappelle cette gimmick d'un vieux réalisateur avec qui j'ai fabriqué une émission à 9 caméras. Sous shit et sous alcool. Pas moi.


Cette série là porte un regard très humaniste sur l'après-guerre, à la fois dans les deux camps.
La désolation de la re-construction d'un pays, mais aussi d'hommes et de femmes fracturés de l'intérieur. Et puis j'y ai retrouvé cette incroyable actrice Lubna Azabal, découvert dans le film Incendies de Denis Villeneuve. Et un visage parfois suffit à m'embarquer.



05/02/2013

Coup de coeur AGNES VARDA

Je joue le rôle d’une petite vieille, rondouillarde et bavarde qui raconte sa vie… et pourtant ce sont les autres qui m’intéressent vraiment et que j’aime filmer.
Les autres qui m’intriguent, me motivent, m’interpellent, me déconcertent, me passionnent.
 

Cette fois-ci, pour parler de moi j’ai pensé : si on ouvrait les gens, on trouverait des paysages. Moi si on m’ouvrait, on trouverait des plages.  

Photo: Agnès Varda
 Mets le là, juste après la marque là, juste après. Oui, et, face à la mer…
non… face à la mer comme ça. Tournez, faites le grand tour.
Alors parallèle à la mer, là… viens un peu sur moi, Céline…
Tourne-le vers ici, tiens soulève le machin.
C’est ça l’idée…voilà, ça tient là hein ?…
Avec le vent du nord qui est comme ça, il devrait pas tomber. 


Je crois que je fais un peu exprès avec mon foulard. Mais c’est rigolo,
non ? Parce que j’espère tellement qu’à un moment ça va faire ça,
et tout ce que tu auras filmé ce sera ça. Tu vois c’est ça mon idée,
mon idée du portrait, voilà mon idée du portrait : que je sois dans
des miroirs foutus et derrière des foulards
.

Textes du début du film Les Plages d'Agnès.
 (Agnès Varda).

 Retrospective de tous les films d'Agnès Varda, du du 4 au 17 février gratuitement, sur internet.

Allélulia !

29/01/2013

Florilège




Mercredi Théâtre: Anton Tchékhov

Les Trois soeurs de Tchekhov


Dimanche soir, Photographie: Lindbergh


Les portraits de Peter Lindbergh me fascine au-delà du miroir. Je pense à Persona de Bergman,  je pense aux trois soeurs de Cris et Chuchotements.


Lundi, Radio-Littérature-Théâtre: Nicole Garcia



 Nicole Garcia dans La Mouette

 
 

Pour des heures d'échos comme ça, je veux bien m'ennuyer le reste du temps...

23/01/2013

Séances ciné

Deux films prochainement sur ma liste,
Déniché chez Alex.

DJANGO UNCHAINED - Quentin Tarantino



Quentin Tarantino n'a pas oublié les westerns Italiens des années 60: "J'ai baigné dans le western toute mon enfance comme n'importe quel petit garçon Américain. Pour la génération qui me précedait c'était le film d'action par excellence. Il était tombé en désuétude dans les années 80; J'en étais conscient au moment de l'écriture du scénario de Django UNCHAINED..... Ce projet me hantais depuis plus de 10 ans, je m'y suis beaucoup investi. Il était comme dans un incubateur et attendait le moment propice pour exploser... Il traite du sujet de l'esclavagisme qui a été évité pendant plus d'un siècle au cinéma, hormis dans "naissance d'une nation" (1915) de D.W GRIFFITH qui faisait l'apologisme du racisme et du KU KLUX KLAN... Alors bien sur que mon film est un acte politique maintenant que OBAMA a été réelu président, on est prêt à parler, à crever l'abces....l'utilisation des codes du Western-spaghetti n'est pas là pour alléger et nuancer le propos sur l'esclavage. Au contraire, je voulais que mon film dérange et illustre la gravité de l'esclavagisme aux U.S.A..."


BLANCANIEVES, (Blanche neige) de PABLO BERGER


"Pendant 7 ans le cinéaste va se heurter aux refus des producteurs; lorsque il en trouvait un un peu plus courageux les fonds étaient insuffisants au point de devoir avoir recours à la participation d'internautes intéressés aux éventuels bénéfices. C'est enfin le succès de "The Artist" qui a convaincu le producteur Français JEROMME VIDAL de soutenir la réalisation de ce film espagnol dont l'histoire est adaptée du célèbre BLANCHE NEIGE des frères GRIMM. Il a aussi reçu une aide européenne. Pour ce pari risqué Pablo Berger a su conserver la trame originale du conte en y mêlant les ingrédients culturels de l'Espagne de 1920 "

Pour la forme il renoue avec le style des grands films du Cinéma muet ("ELDORADO" 1921 qui innove la technique avec des effets visuels (Flou, le jeu de lumières/ombres) de MARCEL L'HERBIER, et "les Rapaces" d'ERIC VON STROEIM (1924), film américain muet en noir et blanc, presque entièrement tourné en extérieur. Au départ il durait 9h pour se réduire au final à 1h 40). BLANCANIEVES n'est pas un hommage au cinéma d'HOLLYWOOD mais relève de la culture européenne.

Côté technique, il a été tourné en couleur  avec une étude fouillée des complémentaires  et des nuances pour que le gris  rende bien entre le noir et blanc. Le 16 mm pellicule pour le grain de l'image; La pellicule a été ensuite mise en numérique et repassée en Film noir et blanc, pour approcher le cinéma de 1920 avec un recours aux verticalités des plans, des gros plans, et un nombre multiples de cartons inter- titres."

"1900", Allegro Fortissimo


Billet entièrement emprunté à Lélius qui a su attiré mon attention vers ce film-là, avec une scène d'ontologie pianistique très hollywoodienne. Mise en scène étirée à foison, mais néanmoins surprenante pour sa chute. J'ai adoré.

Légende pianiste océan 1900 
 1900 – La légende du pianiste sur l’océan

Sorti en 1998, ce film signé Giuseppe Tornatore, le réalisateur de « Cinema Paradiso », rien moins, met en images une pièce de théâtre, monologue, d’Alessandro Barrico intitulée « -1900- » (Novecento).

Tôt le matin du 1er janvier 1900, dans le désordre de la salle de bal désertée du paquebot Virginian, un mécanicien du bateau essayant de récupérer cigares ou petits fours laissés par les fêtards, trouve sous une table, un berceau et son bébé abandonnés. Aucun des passagers, immigrants italiens, n’ayant demandé la restitution de l’enfant, Danny, le machiniste l’adopte et le nomme ’1900″. Quand, 8 ans plus tard, il meurt accidentellement, l’équipage prend en charge l’enfant.
Au cours d’une flânerie nocturne à travers le paquebot, le jeune 1900 découvre le piano du bord, se risque à en sortir quelques sons et très vite, après quelque temps, exprime une sensibilité et une virtuosité hors du commun. Devenu un homme, Novecento fait sensation dans le monde du jazz qui commence à conquérir l’Amérique, sans que jamais pourtant il n’ait quitté le navire. Tous veulent l’entendre, mais pour cela il faut embarquer sur le Virginian.

Ainsi, le grand pianiste de jazz du moment, le prétentieux Jelly Roll Morton, veut-il prouver que la réputation de 1900 est usurpée, et que personne ne peut dépasser son « génie » du piano. Il vient le défier à bord, et c’est l’occasion d’une scène de duel digne des maîtres du western, de John Ford à Sergio Leone.



09/10/2012

Like someone in Love




Je viens d'écouter le cinéaste Abbas Kiarostami à la radio, un cinépoète, à n'en pas douter.
J'ai aimé ses silences et ses contes persans. 
Se pôlir au point de devenir si limpide qu'un miroir pour que les autres puissent s'y reflèter.

Like someone in Love, joli titre, non ? 
Demain en salle.

20/09/2012

L'art: théâtre de nos émotions

La vérité d'une émotion n'est jamais jouée, elle est convoquée... par une mise en scène, par les acteurs qui jouent, et ne jouent plus. L'art et la vie se confondent ici. Très émouvante mise en abîme et mise en lumière, de ces deux comédiens fétiches du cinéaste suédois Ingmar Bergman.

Fabienne Verdier, une peinture tout en vibrations.

Rencontre avec Fabienne Verdier, à l'occasion de la publication de ses carnets de recherche "Echos" de 2017 à 2022.     J...