17/06/2011

F...



"D'un côté on nous dit: Sois pudique, montre pas ton cul, de l'autre côté on nous dit: montre tes jambes, tu plais au consom-mateur"

Réalisée par Agnès Varda en 1975 - Tiens, mon année de naissance, et depuis ?

16 commentaires:

le bourdon masqué a dit…

Générations de femmes, enfin elles relevent les yeux, le visage. Notre pré carré va en prendre un coup.
Nous avons eu chaud depuis tout est rentré dans "l'ordre", il suffit de regarder comment une femme de chambre peut-être humiliée, souillée. Il suffit de regarder la façon dont la télé trans-alpine (Non)exhibe les "potiches".
Il suffit d'écouter les collègues qui, quand vous déposez UNE collègue, vous explique comment s'y prendre.
Il suffit de m'entendre quand au début de chaque année,le PD (gros quand ils sont en forme)demande que les calendriers de "Pin-Up" soient remplacés par des plannings.
Il suffit, il suffit.

Esprit de Femmes a dit…

Je souscris pleinement à ce qu'à écrit Bourdon ... Des avancées certes dans ces années 70, mais la reculade est là pour presque tout : la violence faite aux femmes, le non-respect dans la vie courante, au boulot, l'avortement remis en question pas par la loi mais par la réalité (R.V dépassant souvent le délai!), départ pour la belgique ou la hollande comme dans les années 60 pour se faire avorter hors délai, contraception mal renseignée,harcélement et abus sexuels, viols, ... etc Enfin, je ne sais pas ce que Varda ferait maintenant comme film, ça me plairait de connaître son opinion actuelle!
Intéressant son film!

Appels d'air a dit…

L'argumentaire de Varda a un peu vieilli depuis, non?
Baltha

laurence a dit…

J'aime Agnès Varda il m'a toujours semblé que chacun de ses films étaient d'une simple et percutante évidence ... poètique...
Quant à réduire le machisme ordinaire c'est une surveillance de soi en tant que médiateur inconscient de tous les petits détails qui, dans l'éducation des enfants font que les sexes se voient affublés d'une ridicule hiérarchie... Sus à la loi salique...

laurence a dit…

oh mon commentaire

helenablue a dit…

Je pense à ces femmes en Arabie Saoudite qui n'ont pas le droit de se promener dans la rue sans leur père, leur frère ou leur mari et qui ne peuvent conduire elles-mêmes leurs voitures!
Que là, d'un coup elles prennent le volant pour réclamer plus de liberté de bouger seule, ce qui me parait d'ici hallucinant qu'elles ne puissent le faire, de savoir que celle qui a lançé l'idée à fait 15 jours de prison parce qu'elle était la honte de son peuple!
Je me dis, Varda au pays des femmes voilées, ça décoifferait!
Et que par chez nous, malgré toujours certains abus, on peut quand même être une femme à part entière et vivre comme n'importe quel être humain!
Il y a faut le reconnaître quand même on a eu de belles avancées! Bon, il y a toujours à faire, mais un peu comme Baltha, je crois que le discours est un peu obsolète, ou qu'il serait sûrement différent...
Et je rejoins Laurence, en ce qui concerne les petits détails dans l'éducation des enfants comme dans nos propres comportements!

Laure K. a dit…

Merci pour vos comentaires, Discussion qui demande réflexion et temps, je reviendrais...

laure

Arthémisia a dit…

Tout à fait de l'avis du Bourdon. Et ce qui m'effraie le plus c'est l'attitude des jeunes filles que je côtoie tous les jours dans le collège/lycée où je travaille et qui en majorité ne rêvent que de bébés, compagnon, et job....malheureusement dans cet ordre.
Tu disais "depuis" Laure; je réponds "machine arrière"...
Et j'en pleurerai presque parce que 35 ans ont passé.
Amitié
Arthi

Laure K. a dit…

@Arthémisia
C'est à ce point inversé, bigre !? mais pourquoi ?

Laure K. a dit…

@Helenablue
Je crois que Varda aux pays des femmes voilées, en France en 2011, ce serait tout aussi intéressant.

Je ne veux pas mettre toutes les idées réac dans le même panier, mais la différence des us et coutumes ne fait pas bon ménage dans notre pays. Ni femmes voilées, ni mariage gay, ni, ni...un pays à tolérance zéro est un pays qui n'avance guère. Comme tout un chacun.
Le discours de Varda date d'il y a 35 ans, alors oui, il est obsolète parce qu'il me semble que les femmes ont pris une certaine indépendance tant financière que dans le choix de la maternité.
Mais comme tu le faisais remarquer assez justement dans un de tes commentaires chez toi, "L'éternelle dictature de la beauté est en partie entretenue par l'idée même que les femmes se font de ce que les hommes souhaitent".
Et en cela, il y a toujours une domination intellectuelle puissante.
Changer les moeurs est une chose, changer d'angle de vision en est une autre. Peut-être le jour où la France aura élue une "mère" à sa tête pourrons-nous ésperer un changement de représentation du pouvoir ?

Laure K. a dit…

@laurence
J'apprécie beaucoup également la démarche de cette cinéaste, j'aime son cinéma de l'intime qui parvient à nous embarquer dans une représentation unique et éclairante.
Ses mises en scènes me font souvent sourire, elle porte quelque chose de l'enfance, cette femme.
Pour ce qui est du machisme dans la détail, c'est difficile, très peu perceptible. Ce matin L. m' a dit ne pas pouvoir jouer aux ballons car les garçons ( 5/6 ans) ne voulaient pas qu'elle joue... sous entendu j'imagine que soit elle est trop petite, soit elle joue mal, soit c'est une fille. Soit les trois à la fois. Je lui ai dit qu'elle avait tout à fait le droit et que les idées dans la tête des autres en restent parfois au "bleu et foot pour un garçon" et "rose et danse pour les filles", ce qui était tout à fait stupide.

Laure K. a dit…

@Esprit de femmes

Quel genre de film ferait aujourd'hui Agnès Varda ? oui, cette question reste indubitablement dans l'air...

il y a ce film là réalisé récemment
Women are Heroes

Laure K. a dit…

@Baltha
Obsolète... un brin, car heureusement l'émancipation s'est faite progressivement.
Sinon quoi, la femme demeure encore trop souvent objet à travers les pubs.
Qu'est ce qui vous semble si obsolète ?

Laure K. a dit…

@Le bourdon
Les évènements d'hier et donc d'aujourd'hui m'ont fait prendre conscience à quel point ce pays dans lequel nous vivons est réactionnaire et machiste quand même dans une large majorité. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes tant que les femmes, les ados, les voiles, les homos se tiendraient tranquille derrière leurs carreaux. Carré vert, oui. Une prairie d'hypocrisie sévère.

Le plumitif a dit…

Évidemment, si on considère les choses à l’échelle planétaire, il ne peut y avoir un seul discours sur la condition des femmes. Mais si je m’en tiens à l’Amérique du Nord, mettons, ça me paraît quand même évident que les choses ont changé. En mieux ou en pire? Ça dépend pour qui en fait, hommes ou femmes confondus…

Il me semble que l’essentiel c’est le cadre à l’intérieur duquel les choses changent. Et pour ce qui est de l’ordre social – je sais c’est barbant de toujours se le faire rappeler mais j’y peux rien – ben, dans nos sociétés, le premier véhicule idéologique c’est la pub, vu qu’on est consommateurs avant tout («on» désignant le plus grand nombre – oui, parce que ce n’est pas la société qui est capitaliste, les capitalistes ne sont que quelques-uns, engraissés par les autres, c’est justement ça le principe). Et donc, ce que nombre de jeunes femmes ont apprises (et pas juste elles, hein, on se l’est tous fait enfoncer dans le crâne) par ce premier véhicule du savoir collectif qu’est la pub, c’est que leur ultime pouvoir, c’est de faire bander. Elle est là la pompe à fric! (Et c’est bien comme ça qu’elles le comprennent et utilisent leurs «charmes» : en obnubilant totalement de pauvres tocards prétentieux qui en perdent imparablement l’usage de ce qui, en eux, est systématiquement le plus outrageusement surévalué : l’intelligence.)

Mais comme, malgré tout, il y a aussi, même si elles restent encore minoritaires, des femmes «à cerveau», des PDG capables d’enfanter autre chose que de rutilants bilans, alors, forcément, il leur faut aussi des mâles pépettes. Une espèce d’égalité bradpittienne gagne donc ici du terrain – à l’évidence, s’il y a un marché pour la «beauté» des femmes, il y en a un aussi pour celle des hommes. Tout comme il y en a un, et c’est le plus important, pour le pouvoir des femmes.

Mais, justement, ça c’est ce qui change le moins, le pouvoir. Ce qui s’est transformé, en s’intensifiant, c’est surtout l’accès au pouvoir, du moins théoriquement – le sentiment partagé d’y avoir accès donc en fait. Parce que ça, ça va dans le sens du consumérisme : tout s’achète et puisque même le dernier des fauchés peut encore espérer gagner à la loto, tous peuvent éventuellement tout acheter. Chacun peut donc, aussi, légitimement espérer dominer à son tour. Sur ce fond-là par contre, je regrette, mais une femme au pouvoir ne change absolument rien. (On peut sans doute faire des petits reportages télé ou dans des magazines sur le thème «Ces femmes qui dirigent autrement» mais, au total, une femme a du pouvoir dans la mesure où elle le sert ce pouvoir, tout pareil à un homme – cette égalité-là est inaliénable.)

Alors donc, on en est où, 35 ans plus tard, en regard du développement de relations entre hommes et femmes où on aurait ne serait-ce qu’une toute petite chance de réaliser combien peu de choses nous séparent - et toute la richesse de ce qui nous distingue?

Heu… difficile à dire avec précision… mais j’opterais pour quelque chose comme : vraiment très loin du compte…

le bourdon masqué a dit…

Au travail quelques uns m'entendent parfois maugréer sur la démocratie à la française. Avec une majorité des femmes dans notre population, comment expliquer leur faible représentation au sommet des pyramides décisionnelles.
En revanche les 25% de moins sur leur feuille de paie,l'argument massue du "salaire d'appoint" est souvent utilisé.
"Travail égal, salaire égal" combien de fois nous avons écrit et collé cette revendication sur les cahiers et sur les panneaux syndicaux.
Je ne sais plus...