21/09/2011

Famille sans photo

Photo: Laure K. from Melody

15 ème Nuitée

-Fragments Book of Stan -

Septembre 1999

Je ne sais plus où est rangé le book, la nuit dernière m’a arraché les entrailles. De plaisir.

Gustav, 23 ans, bille de beau gosse, pose en capeline grise, pantalon feutre bleu nuit,
torse nu. On somnole à quatre dans la loge de maquillage quand me parvient son accent italien
au creux de l'oreille. Je lui céde ma place sur les instances de Caroline, il doit enchaîner avant moi les photos. Je me mets à l’écart et le mate du coin de l’œil, l’air de rien. Deux doigts rongés en 15 secondes, c'est le temps qu'il me faut pour passer de l'anxiété à l'audace. Mon regard n’est pas insistant mais j’attends de croiser le sien dans le reflet. Sourire. Sourire. Hop, volte face et revenir à la charge. Le fixer sans baisser les yeux, ni sourire. Il me fixe dans le miroir, dans ces secondes où je sais que l’envers devient mon endroit. Une habitude, un coup à prendre. Dans ma tête le truc est simple, le choper au démake-up et lui proposer un after-shooting chambré. A priori les mannequins étrangers sont à l’hôtel mais la plupart se logent ailleurs facilement. Ils ont leur plan, et moi je suis le leur.
C’est comme ça que je nourris la bête.

Mika entame mon shooting, une fesse calée sur la chaise bar qu’elle fait amener exprès pour maintenir sa jambe handicapée à la verticale. Photographe de guerre reconvertie, ça fait trois ans que je bosse avec cette charmante classe attitude. J’ai pensé qu’un jour je lui demanderai d’illustrer mes cahiers.
Le beau Gustav n’en finit pas de retirer son masque,  les autres gars ont pratiquement remballé, moi je traîne ça et là, discute avec l’assistant. Mika m’ adresse une œillade complice parce qu’elle a compris mon petit jeu depuis longtemps. Je m’ approche de Gustav, lui lance un coup de menton :
- Hey !
Sourire
-Tu loges où ?
-Dans un hôtel du … 11ème . Mmh, oui. Il hoche a tête d’un air de dire je suis preneur pour bouger ailleurs.
-On va boire un verre ?
Regard-regard.
Okay.

Depuis que j’ai commencé la rédaction de mes cahiers de nuit, pas un instant je ne pense à autre chose, ni à la vie même. Nourrir, nourrir, saboter les arrivées et les départs et juste prendre de quoi écrire. Douze tranches de cahiers placés côte à côte sur mon étagère, un pour chaque mois, un pour chacun des mois qui me séparera de la vie. J’en suis à mon premier. Chapitre 15, Gustav.


19/09/2011

High tech


Ma famille n'a intégré les appareils technologiques que très tardivement. Là où mes amis commençaient à jouer sur les premières consoles, je me contentais d'un petit jeu électronique basique pour rattraper des parachutes dans une barque. Pas Fun ! J'enviais ceux qui possédaient le double écran de Donkey Kong... Pas de magnétoscopes non plus, on en louait un parfois au comité d'entreprise de mon père, je passais mes journées à enregistrer sur  des cassettes à bandes magnétiques tous les films ou extraits qui me plaisaient et les ré-écoutais au casque le soir, la voix et les sons je les apprenais par coeur, le rythme des ambiances; le montage est venu comme ça dans ma tête, par les sons. Puis le premier ordinateur personnel que j'ai eu très très tard, à 24 ans, un vieux PC sans souris ni trackpad, j'ai dû apprendre toutes les manipulations par clavier. Et j'étais vachement fière de me passer de la souris le week-end, alors que je la manipulais pendant douze heures quotidiennement au boulot. Pas très bandant comme manip.
Ce computer était ma boîte noire, je l'ouvrais pour écrire des épitaphes. Je ne voulais ressembler à personne, je voulais faire pareil que mais pas ressembler à.
Au final, je finis par crouler sous mon clavier.
Le disc dur  est plein, faudrait voir à le vider.


11/09/2011

Traverse



         "Je sais qu'un peu partout dans le monde
             tout le monde s'entre-tue, c'est pas gai,
mais d'autres s'entrevivent, j'irai les retrouver."

Jacques Prévert


09/09/2011

"La vie est un mauvais scénario"


                                                     Billy Wilder


Bref...


Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

Pas glam, mais efficace. Pas chiant quoi.

Désolée pour les 30 sec de pub au démarrage



07/09/2011

Le Cabinet d' Hollande

Dernière collaboration filmique pour le mag people du net, Le Cabinet des Curiosités, avec un premier invité d'estrade politique: François Hollande.

Images: Laure K.
Comédien République: Nils Beaudelot
Réalisation: Eric Briones Darkplanneur

04/09/2011

Dernier dimanche...

Avant que les enfants
Entre quatre murs, apprennent
Le lien des lettres
L'allitération, la syllabique
Le sens, l'assise
Se tiennent tranquille
Entassent les cubes de couleur,
Retiennent l'attention
Que de choses nouvelles, que de chemins à parcourir...

Bon dimanche à vous,

03/09/2011

Rien ne s'oppose à la nuit




"Lucile, la mère de Delphine de Vigan,  se suicide à 61 ans. De cette disparition, naît lentement chez la romancière le désir d’écrire sur cette « femme bleue », de canaliser une douleur ancienne. Mais ce besoin la trouble. Elle alterne son récit de ses intentions, de ses craintes et des avancées de son enquête avant de confesser : « J’ignore au fond quel est le sens de cette recherche (…) Mais plus j’avance, plus j’ai l’intime conviction que je devais le faire, non pas pour réhabiliter, honorer, prouver, rétablir, révéler ou réparer quoi que ce fût, seulement pour m’approcher. » ( art muze.fr)

Loin de l’hagiographie, Rien ne s’oppose à la nuit dresse le portrait d’une femme complexe et crie une réalité parcellaire mais terriblement sincère. D’enquêtes en lectures et reproductions des cahiers de Lucile, d’interviews de ses proches en plongées dans les documents administratifs, l’écrivain s’enfonce dans un mystère, un mythe. Hésitante, anxieuse à l’idée de déterrer de mauvais souvenirs pour son entourage, elle est bientôt rattrapée, la nuit, par son travail d’écriture."


Etrange comment les livres parfois vous parviennent entre les mains, dans un ailleurs qui rompt les habitudes, loin physiquement et jamais très loin de ce qui nous meut. 
L' amie psychothérapeute chez qui j'avais découvert, début août, les Lettres à Hélène d'Althusser, me tend ce livre qui, avant même qu'elle ne m'en parle, me faisait un appel de par sa couverture: photo noir et blanc de cette femme attablée à un dîner familial ? mondain ? dont on devine par la simple juxtaposition avec le titre en rouge qu'il y a une "façade", un clair-obscur. Il se peut qu'il n'en soit rien, tant les couvertures de livres sont parfois du grand n'importe quoi ou faussement prometteuses - Je ne sais pas si l'écrivain a le choix de ça, de sa couverture ? Cela dépend-t-il de l'éditeur ? Celle-ci me parait en congruence parfaite.

Tenue en haleine, en ébullition, son livre m'a raccrochée illico à Hélénablue; 
A ce qu'elle oeuvre et livre aussi en secret, en silence, physiquement, à ce qu'elle inscrit ailleurs durablement, avec épuisement sans doute, et tout ce qui fait qu' écrire est une épreuve de force, de recherche, de jouissance et de manque.

Juste te saluer ici chère amie, te dire comme tu manques et comme je sais que le chemin où tu t'affaires est précieux. Tu liras ce roman à d'autres moments. Il est construit en trois parties, finement menées, "montées à l'envers" je dirais dans mon jargon. J'ai trouvé sa construction très pertinente bien qu'étant une piètre lectrice de romans. La dernière partie est un "à bout de souffle" qui te prend aux tripes.
La démarche de cet auteur, de raconter sa famille, sa mère, me rappelle à quel point la vitalité à écrire n'est parfois plus un choix mais une nécessité implacable. Et la tienne de vitalité demeure dans ce que tu est en train d'accomplir. Here you are, forever.

02/09/2011

Tous à l'Assemblée !

Comme de pas par hasard, j'étais là aussi.

Bateau décor L' Assemblée des Femmes - Actéon Théâtre

Ce qui fait que vous pouvez vous attendre un de ces jours à voir des images en mouvement sur le navire ci-dessus.
Eric Mc Comber m'avait présenté au metteur en scène et à la scénographe lorsque nous nous étions croisés par hasard sur la place d'Arles début août. Le rendez-vous été prit pour engranger des images de la scène, pour le site et pour leur programmation.


Le challenge était là, je ne m'en rend pas bien compte mais il semble que tout ait été monté assez rapidement; une mise en scène hyper physique, avec comédiens et comédiennes punchy (pro, semi-pro et amateurs) des ajouts drôlissimes au texte d'Aristophane et tout ça mené tambour battant sous caliente, avec Eric à la mesure électrique !

S'en est suivi une déambulation fanfaronesque dans les rues d'Arles:
" Nouuus sooommes, L' Assemblée des Femmes !"

J'ai fini ma cavalcade en Camargue avec la petiote virevoltante dans ce spectacle vivant et entourée d'une armada de femmes flibustières comme pas possible !

A suivre donc...


ps: Manouche ! nous nous sommes royalement loupée ! le timing était speed -





30/08/2011

Back in town

Fin de la saison estivale.
Je suis tristement affectée par mon manque de bons sentiments à la simple vue d'une carte routière balisée.

Pas grave, l'été revient demain, non ?

23/08/2011

Se mettre à table



Loin de moi l'idée de farniente sans labeur en tête.
J'avais annoncé un projet d'entretiens filmés il y a déjà, pfff, un bail, je dois le garder au chaud pour l'englober dans un projet plus .... "ambitieux", mais assez nouveau pour moi car cela m'oblige à réfléchir, conceptualiser, clarifier ma pensée en passant par l'écriture. Je suis en train de réaliser que la vie d'un réalisateur est quasiment faite de 50% d'écriture.
Et ça, je ne voulais pas le savoir. Maintenant je m'y courbe et m'échine parce que j'y crois.

Ma lenteur n'a d'égal que mon manque d'exercice d'écriture quotidienne, le temps tient lieu de chronomètre, mais j'avance. Alors une heure par ici et par là chaque jour c'est déjà pas mal, même si pas assez.

Se mettre à table et abattre ses cartes avec le plus de ferveur possible pour convaincre...


et Tock !

18/08/2011

Bonne fête !

Comment ne pas songer aux quatre Hélène que je connais... des femmes enthousiasmantes; pour ainsi dire, elles sont toutes de grandes entrepreneuses, une dans le milieu de la mode, une dans le monde agricole, une dans l'enseignement sculpture-nature, et une dans la scénographie et flamenco.
Mauvaise idée que de les réduire à leur statut professionnel quand elles possèdent tant de cordes à leur arc et je crois profondément autant de passion.

Si j'en ai une seconde de fille, elle portera ce prénom plein de sens encensé, c'est décidé today -

Santé et bonne fête à vous mes belles Hélène  !

En voici une grande aussi ...








14/08/2011

Gôut du vivre

On a fait un gâteau orange. Jazz manouche.
On a étalé du fromage frais de la montagne sur des tartines toastées. Jazz à fond.
Un ruban de jambon dessus. Version violoncelle Bach...
On a mis le gâteau au four, j'ai fais la vaisselle, elle a dessiné, s'est déguisée, etc.
On a ouvert la bouteille de rosé avec la voisine. Fenêtre ouvertes, passages d'avions, musique bretonne.
On a discuté du tout du rien, du sud. Des lopins de terre pour jardiner.
On a eu droit à un spectacle sur musique bretonne.
J'ai cuits des cannellonis, viande hâchée revenue avec oignons et tomates.
On a fini la bouteille de rosé...
Je me souviens des myrtilles et fruits frais d'hier.
La vie est belle.
Ouep.



Musica



extrait Sauve qui peut (la vie) - JL Godard

13/08/2011

Série




J'ai découvert deux épisodes de cette série là aux antipodes made in Usa.
Après la série "The Wire"des mêmes créateurs, "Treme"
est un quartier de la ville de La Nouvelle-Orléans. La série se déroule trois mois après le passage de l'ouragan Katrina alors que les résidents de la Nouvelle-Orléans, musiciens, chef-cuisiniers, Indiens de Mardi Gras, essayent de reconstruire leurs vies, leurs maisons et leur culture unique.

Antoine Batiste est un joueur de trombone professionnel qui va de représentation en représentation afin de gagner tant bien que mal sa vie pour faire vivre son épouse, Desiree, qui travaille comme institutrice, et ses enfants. Sa première femme, LaDonna, tient un bar en ville qui a souffert de l'ouragan, au cours duquel son frère Daymo a disparu. Elle se lance à sa recherche, et est aidée en cela par son époux, Larry, et sa courageuse avocate, Toni Bernette, dont le mari, Cray, mélancolique prof de lettres à l'Université Tulane, déprime à cause du roman qu'il n'arrive pas à écrire. Leur fille, Sofia, prend des cours de piano dispensés par le passionné Davis McAlary, DJ et musicien touche-à-tout, nonchalant et un brin illuminé qui entretient une relation plus ou moins régulière avec Janette Desautel, chef-cuisinier dont les activités périclitent, les affaires ayant grandement souffert à la suite du passage de Katrina. Parallèlement à cela, on suit le cheminement d'Albert Lambreaux, Chef Indien de Mardi Gras qui essaye contre vents et marées de reformer son groupe. Il est épaulé par sa fille Davina et son fils Delmond, musicien de jazz new-yorkais reconnu dans le milieu à qui son père reproche de s'être éloigné de ses racines. Nous assistons aussi au destin de Sonny et d'Annie, deux musiciens de rue en couple qui officient au quartier français de la Nouvelle-Orléans.

si vos soirées sont libres c'est ici.

En guest star des jazz man et un fond social et politique décrypté au plus juste sous l'ère doubeliou Bush.

09/08/2011

De la mémoire

Je regarde L. sautillante et chantante entre cèpes côté cour et chanterelles côté jardin, dans la vallée humide qui me vide l'esprit.
Combien de vies avons-nous déjà vécues et oubliées ?

Cette liberté de vivre, de ressentir, de s'amuser d'un rien. Et puis les étapes suivantes, l'apprentissage du langage, de la lecture. Au compteur on vit mille et une vies, la mémoire engrange, et puis la mémoire dissipe, avale, comme le mécanisme des évènements historiques, pensais-je, l'humain à une fâcheuse prédisposition à oublier. Voila simplement ce qui me venait à l'esprit. Je pensais qu'il faudrait l'écrire pour retenir cette pensée, parce qu'enfin au bout de trois jours d'accommodation à l'environnement montagneux, il pouvait entrer autre chose dans ma tête que mon besoin de lâcher prise.

Ecrire doit bien avoir à voir avec la mémoire...




08/08/2011

Auteur-réalisatrice



« Artistiquement, elle est un génie, et politiquement, elle est un crétin »
 Liam O'Leary, historien du cinéma 

En songeant à la responsabilité et l'engagement d'un auteur-réalisateur à défendre son point de vue sur un sujet, je me rappelle le documentaire de Ray Müller "Leni Riefenstahl, le pouvoir des images" diffusé en 1995.
Je prends l'exemple extême puisque cette cinéaste actrice a flirté avec le pire commanditaire sanguinaire de ces 100 dernières années. Tout simplement pour dire que la réflexion sur ce qu'on fabrique n'est jamais vaine. 





07/08/2011

Etude #1


"Vers le milieu du XVIIe siècle, c’est le salon de Madeleine de Scudéry qui prit de l’importance. Les troubles des deux Frondes ayant dispersé en grande partie les habitués de l’hôtel de Rambouillet, cette écrivaine le reforma dans sa maison de la rue de Beauce, dans le Marais. Là vinrent Chapelain, Conrart, Pellisson, Ménage, Sarrasin, Isarn, Godeau, le duc de Montausier, la comtesse de La Suze, la marquise de Sablé, la marquise de Sévigné, madame de Cornuel, Arragonais, etc.

Dans les réunions, qui avaient lieu le samedi, on tenait des conversations galantes et raffinées. On y lisait de petites pièces de vers ; on y discutait les mérites et les défauts des ouvrages parus récemment ; on y commentait longuement, et souvent avec une pointe de bel esprit, les choses de moindre valeur et de moindre importance. Durant ces conversations, les dames travaillaient aux ajustements de deux poupées qu’on nommait la grande et la petite Pandore, et qui étaient destinées à servir de modèles à la mode. Chacun des habitués eut un surnom, presque toujours tiré des romans : Conrart s’appelait « Théodamas » ; Pellisson, « Acanthe » ; Sarrasin, « Polyandre » ; Godeau, « le Mage de Sidon » ; Arragonais, « la princesse Philoxène », Madeleine de Scudéry, « Sapho ».

Le plus fameux des samedis fut le 20 décembre 1653, qu’on appela la « journée des madrigaux » : Conrart avait offert, ce jour-là, un cachet en cristal avec un madrigal d’envoi à la maîtresse de la maison qui répondit par un autre madrigal, et les personnes présentes, se piquant d’émulation, improvisèrent à leur tour toute une série de madrigaux. C’est à une autre réunion du samedi que fut élaborée la Carte de Tendre, transportée ensuite par Madeleine de Scudéry dans le roman de Clélie.

Une autre réunion se tenait chez la marquise de Sablé, quand elle se fut retirée au haut du faubourg Saint-Jacques pour habiter un appartement dépendant du monastère de Port-Royal. « Dans cette demi-retraite, dit Sainte-Beuve, qui avait un jour sur le couvent et une porte encore entrouverte sur le monde, cette ancienne amie de La Rochefoucauld, toujours active de pensée, et s’intéressant à tout, continua de réunir autour d’elle, jusqu’à l’année 1678, où elle mourut, les noms les plus distingués et les plus divers : d’anciens amis restés fidèles, qui venaient de bien loin, de la ville ou de la cour, pour la visiter ; des demi-solitaires, gens du monde comme elle, dont l’esprit n’avait fait que s’embellir et s’aiguiser dans la retraite ; des solitaires de profession, qu’elle arrachait par moments, à force d’obsession gracieuse, à leur vœu de silence. »

All the wild horses

Ray Lamontagne - All the wild horses

"Ressource naturelle: matière première ou source d'énergie naturelle permettant de subvenir aux besoins d'un être vivant, d'une espèce ou de la société humaine."

Fabienne Verdier, une peinture tout en vibrations.

Rencontre avec Fabienne Verdier, à l'occasion de la publication de ses carnets de recherche "Echos" de 2017 à 2022.     J...