14/06/2013

Pour tes cinq ans


by Lorka

"Une plainte d'amour. Se souvenir, se mouvoir, se toucher. Adopter des attitudes. Se dévêtir, se faire face, déraper sur le corps de l'Autre. Chercher ce qui est perdu, proximité. Ne savoir que faire pour se plaire. Courir vers les murs, s'y jeter, s'y heurter. S'effondrer et se relever. Reproduire ce qu'on a vu. S'en tenir à des modèles. Vouloir devenir un. Etre dépris. S'enlacer. He is gone. Avec les yeux fermés. Aller l'un vers l'autre. Se sentir. Danser. Vouloir blesser. Protéger. Mettre de côté les obstacles. Donner aux gens de l'espace. Aimer"
  Pina Bausch - Histoires du théâtre dansé( 4ème de couverture)


18 commentaires:

Mistral a dit…

No thanks necessary, baby. J'ai fait que rendre à César sa salade, à Lorka ce qui est à Lorka. You really are quite a unique artist. It's a shame you're so goddamn lazy!

Hihi.

Love,

C

Laure K. a dit…

@Mistral

C'est pas comme si j'avais une bouche à nourrir, à écouter, à faire grandir en plus de la mienne, avec une racine en moins à charier à chaque début de nuit, remarque.

Tu saisis bien d'où vient ma "paresse", gentleman. C'est aussi un excellent garde-chasse contre la passion. Alors mes heures de voltige sont celles de nuits volées. Et puis il y a sans doute d'autres bonnes raisons pour ne pas mettre à l'eau trop tôt le navire.

Même si cette petite vidéo me redonne goût à l'aventure.

anne des ocreries a dit…

Bravo et félicitations, ce petit morceau est une pure merveille ! Merci, Lorka, de nous avoir servi ce petit bijou.

Laure K. a dit…

@Anne

Bon, c'est pas du Orson Welles non plus. Contente que ça te plaise. Je sais que tu à l'oeil.
;-)

helenablue a dit…

Oui, c'est vraiment un beau cadeau ! Du pur Lorka comme on l'aime, pur jus !

Merci ma belle, ça me touche beaucoup, tu le sais et le "à suivre" aussi !
L'aventure ne fait que commencer !

C'est bon d'être aimée par toi, c'est bon de t'aimer.

Je t'embrasse fort.

Blue

Laure K. a dit…

@Hélénablue

:-)

En parallèle du texte de Mistral où il y est question de Blue, je relis Histoires de théâtre dansé dont j'ai extrait facilement la 4ème de couverture.
Ha! il ne te faudra pas seulement le parcourir ce livre... toutes les réponses à ta question sur Pina, et même audelà, me semblent entrer en résonnance profonde avec ta façon d'être au monde.
Accueillir aussi simplement ce qui nous traverse, et l'accepter sans jugement.

"Blue pose un regard intensément aimant et curieux sur l'art, j'ai souvent tenté de l'expliquer, mais c'est en fait l'artiste qu'elle cherche, son intention, sa volonté, c'est lui qu'elle souhaite écouter, entendre, comprendre à travers son travail, et comme il est souvent soit mort soit ailleurs que son oeuvre, c'est l'oeuvre que Blue interroge, et qui interroge Blue"

Christian Mistral

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Extraits Histoires du théâtre dansé-


"S'essayer, chercher en soi-même, trouver peut-être. Il est rare que l'auteur-chorégraphe-régisseur intervienne dans le déroulement de l'expérimentation et de l'auto-reconnaissance de son Groupe,- déroulement dont elle est l'instigatrice.
Pina Bausch laisse le temps pour ce processus à ses danseurs-acteurs-coauteurs. Même une semaine et demie avant la Première de la pièce "Arien", toujours sans titre à ce moment-là: pas de fébrilité, pas d'attachement figé à ce qui a été trouvé mais bien plutôt une irruption nouvelle des formes existantes, uen disponibilité pour de nouvelles découvertes.

(...)

"Chacun doit pouvoir être comme il le veut ou comme il s'est développé"

(...)

Voici comment elle décrit son attitude, qui ne se limite pas aux seules répétitions: " Ce que je fais: je regarde. J en'ai jamais fait que regarder les gens. Je n'ai fait que voir, ou essayer de voir les rapports humains, afin d'en parler. Voilà ce qui m'intéresse. Je ne connais d'ailleurs rien de plus important."

Pina Bausch démonte la peur pour montrer ce qu'il y a à l'intérieur d'un être. Elle donne à l'individu du courage face à lui-même, à ses propres pensées, sensations, associations d'idées, elle lui donne le courage de s'accepter. "Fais ce que tu as imaginé", "Essaie tout simplement".

Laure K. a dit…

@Hélénablue

"Arriver à inspirer, c'est permettre à l'autre de franchir des ponts, de trouver sa liberté, de dire tu vois toi aussi tu peux le faire, moi je le fais, lui le fais... toi aussi tu peux le faire." Tu disais.

N'est-ce pas troublant de te savoir dans l'exactitude de cette même attitude ?

Tout cette belle ouvrage est la quintessence même de cette pensée.

"Se permettre de".

C'est là que l'on se retrouve. C'est là que l'on ouvre le champ des possibles et de "l'impossible qui n'est qu'une possibilité entre les autres - même si l'on cherche à s'en défendre."

Mistral a dit…

Je n'y crois pas. Sorry, Laure, mais j'y crois plus. Ouvrir tout le champ des possibles aux très jeunes gens, et les inspirer à ne s'en interdire aucun a priori pour de mauvaises raisons ("Fais d'abord ton Droit, mon fils, ensuite, si tu veux toujours faire l'acteur, au moins t'auras une sécurité quand ça foir... si jamais ça foirait, veux-je dire."), je suis tout pour, tout pour.

Mais pas plus tard. À vingt-cinq ans, disons, trente au plus tard, y a pas de données précisément chiffrées comme les tables d'actuaires, faut se faire une estimation fondée de bonne foi sur ses propres expériences et observations, moi je situe cela dans une fourchette entre 25 et 30 ans, et seulement pour neutraliser préventivement les réactions conditionnées des ignares enculés qui se précipiteraient pour exiger mes preuves et mes diplômes si je disais 25 ans, mais mon estimation personnelle est vingt-cinq et pas trente: à vingt-cinq ans, une personne devrait savoir quels possibles ne le sont plus dans son champ. Ceux qui ne lui conviennent pas. Rêver d'être acteur, écrivain ou millionnaire, à vingt ans, c'est très sain, c'est très bien, mais à vingt-cinq on sait, du moins on sent si c'est pour nous ou pas, si on est taillé pour ce vieux rêve ou qu'il ne nous excite plus tant que ça tout compte fait. J'ai vu, je vois tant et tant de rêveurs abusés, qui n'ont pas les moyens du métier fantasmé, ils ont trente ou soixante ans, ceux-ci ayant eu l'âge de ceux-là, avant de gaspiller trente ans sans les sentir passer.

Faut faire attention, je pense, avant d'encourager chacun par système, sans discrimination. C'est ainsi qu'une écrasante majorité de gens se réveillent après quarante ans dans un boulot qu'ils détestent.

Laure K. a dit…

@Mistral

mmh...

Je crois que le contexte dans lequel j'évoque ces possibilités de changements et d'ouvertures ne se situe pas dans le même contexte "économico-social" que tu développes. Je comprends ta pensée, néanmoins. Je ne te la réinterprète pas, tu n'apprécierais pas.
Je vais juste préciser la mienne, qui est de " se permettre de" au sens de s'émanciper humainement intèrieurement sans toutefois changer de job ou de carrière. Me semble pas que l'âge rentre en ligne de compte, mais peut-être faut-il avoir certaines dispositions à cela ? Certainment- ce ne sont pas mes voisines de palier qui diraient le contraire, tellement y a pas moyen de leur faire entrouvrir les yeux et les oreilles sur le changement intèrieur. Kézako ?

Je cite Blue/Hélénablue (chez moi) avec ces mots à elle, car ce "Champ des possibles" de monter à l'accueil (non à l'assaut) de ce qu'il y a de plus enfoui à l'intèrieur de soi est, sans détour, le plus droit chemin qu'elle trace de façon lisible sur son blog depuis cinq ans.
Ses phrase ont été prononcées dès notre première rencontre, il y a donc 4 ans de cela, je ne pense pas qu'elle ait bougé d'un iota sur la graine du changement qu'elle peut insuffler à l'autre.
Que ce soit pour ses clientes, que pour son entourage.
Cette façon à elle "d'être au monde", you know.

(aparté: je pense au film "Inception". L'« inception », soit l'implantation d'une idée étrangère dans le subconscient d'un sujet )
Certainement, faut avoir le goût d'éxpérimenter le processus, mais on fait tous de l'implantation d'idées, n'est-ce pas ?

S'autoriser à vivre avec ce que l'on est, le reconnaître et l'accepter (c'est si peu de l'écrire) et continuer à être accueillant et à accueillir ce qui s'en vient en dedans, j'ai pas trouvé mieux ni ailleurs que chez Hélénablue côté blog, et quelques thérapeutes côté jardin.

Mais ce n'est pas à l'écrivain que tu es que je me permettrais d'évoquer la puissance des ravalements intérieurs.

Juste dire que l'exemple de vie qui nous est donné (offert) de partager depuis cinq ans avec Hélénablue, a pour ma part ouvert un extraordinaire chant des "possibles" dans lequel je découvre mon propre langage, dans lequel j'expérimente, parce qu'elle m'en donne la possibilité, la confiance,
l'honnêteté. On est à coeur ouvert, parfois c'est à vif et ça fait un mal de chien, aussi. Faut s'abandonner un peu, beaucoup, passionnément et c'est cela même le processus, qui des avancées spectaculaires, des pas de géant.

Moi j'y crois, certains trouvent ça trop aveuglant, ou trop endurant, j'sais pas, c'est conséquent, faut essayer, tout simplement.

Laure K. a dit…

"démonter la peur pour montrer ce qu'il y a à l'intérieur d'un être";
"donner du courage à s'accepter."

Même si on s'y sent comme un monstre. Et je parle pour moi. On a tous de monstrueuses pensées et pulsions à gérer.

Mistral a dit…

Je commentais ton commentaire farci de Pina Bausch, baptême. Je parlais pas de Blue. Nothing to do with BLUE! Qui pourrait imaginer que je parlerais de Blue ailleurs que chez elle ou chez nous?

Tu fais exprès, c'est pas possible autrement. Plus je m'applique à t'écrire en clair net et nice et en nuances, plus tu peaufines ta version de RainMan en prévision du remake féminin Français.

Compte des cure-dents.

Laure K. a dit…

@Mistral

Et bien moi je ne parle que du sujet que je connais et son questionnement.
Sans intentions de vouloir révolutionner a.tout prix les esprits qui ne cherchent pas a l être.

Raine man tsss...

Bona a dit…

Et c'est beau-Blue-Lorka !
Merci a toutes les deux.
Happy Blue.

alex-6 a dit…

quand on va voit un spectacle, un musée où une personne qu'on apprécie pour ce qu'elle fait c'est toujours pour essayer de capter de bonnes idées et après essayer d'en faire un usage personnel,NON?
Moi par ex entre 20 et 30 ans j'étais attentif à tout ce que faisait et donnait à voir Gina PANE sans toujours comprendre bien pourquoi et quand mes amis me demandaient quels était l'artiste contemporain qui me plaisait le plus et que je citais GINA en Premier d'abord ils ignoraient qui elle était et quand je leur donnais à lire un livre qui rapportait ses "actions" ils me le retournaient en se demandant comment moi je pouvais être attiré par une artiste pareille? et bien 23 ans après ça disparition son travail, ce quelle à dit, ce quelle a fait continue de m'interesser. C'est cette continuité qui fait l'intérêt de la chose

Le plumitif a dit…

n'ai pu m'empêcher de regarder et écouter (osti! comment ça se fait qu'on a pas encore de verbe qui combine les deux, depuis le temps que le cinéma parlant existe???) à répétition cette toute petite minute 26 secondes chargée d'éclat et de vie, qu'on voudrait tellement prolonger... mets-en que c'est à suivre! (ok, c'est peut-être pas du Orson Wells, mais un peu du Agnès Varda peut-être? mais non, barnak, c’est du Laure K.!)

Laure K. a dit…

@Bona

Hi!
Merci Bona.
Plaisir d'avoir un peu de vent d'Ecosse souffler par ici.
Enjoy
;-)

Laure K. a dit…

@Alex
"Essayer d'en faire un usage personnel" = s'inspirer, non ?
tout à fait Alex.

Je ne connaissais pas Gina Pane... intriguant oui, cette fascination pour l' happening souffrance et corps. Et le pourquoi ça t' as interpellé toi. Je crois que ça ouvre des pistes vers soi même, tout ça.

Laure K. a dit…

@Le plumitif

:-))
Chui d'accord : Ecoutezvoir pourrait se résumer en un terme sublime, mais lequel ?

En boucle, aussi, trop court aussi.
Suis impatiente de connaître la suite aussi... (!! ??)