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Des silhouettes voilées de noir se dirigeant vers l'horizon.
Cette image a retenue mon attention dans le flot ininterrompu d'en face. Parce que le noir et gris des ces êtres humains que l'on sait nés de sexe féminin me rappelle que toutes religions, telles qu'elles ont été écrites et proférées comme textes sacrés, n'ont de cesse de légitimé la possession et soumission d'un territoire corporel.
Ces silhouettes sont toujours une image choquante. La seule allégorie à ma connaissance, vêtue en noir, de pied en cap, se prénomme la Mort. Qu'il y ait un squelette masculin ou féminin en-dessous n'y change rien. Cette vision reste et demeure quelque chose de très singulier dans un paysage.
J'ai voulu connaître l'origine de cette image, et j'ai découvert une artiste iranienne, vidéaste, cinéaste, Shirin Neshat ( lien vers son TED).
Née en Iran, en 1957, Shirin Neshat a quitté son pays pour les Etats-Unis quelques années avant la révolution islamique de 1979.
Au terme de ses années de
formation en Californie, Shirin Neshat s'installe à New York, dont elle a fait son
point de vue sur l'Iran, et plus largement sur l'expérience des femmes dans
les sociétés islamiques contemporaines, nourrie par ses fréquents voyages
depuis 1990 sur sa terre natale.
Le premier retour dans son pays, en 1990, fut pour Shirin Neshat une " expérience choquante ". " La différence entre ce que j'avais gardé en mémoire de la culture iranienne et ce dont j'étais témoin était énorme, se rappelle-t-elle. Le changement était à fois effrayant et excitant. Je n'étais jamais allée dans un pays dont les fondations étaient si idéologiques. "
En Iran, depuis le début du siècle dernier, le port du voile fut tour à tour non obligatoire et proscrit (1935-1941). Puis dans les années soixante-dix, il devient signe d'engagement révolutionnaire avant d'être de nouveau obligatoire, mais redessiné au début de la guerre contre l'Irak, afin qu'au lieu de le tenir, dans l'espace public, les femmes retrouvent l'usage de leurs mains, pour remplir des fonctions administratives et éducatives aussi bien que pour tenir une arme.
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| © Shirin Neshat |
" Rapture " (1999), l'œuvre la plus ambitieuse de Shirin Neshat, est une scénographie, où d'un côté une communauté de femmes, toutes drapées de noir, évoluent dans de grands espaces naturels tandis que de l'autre, une communauté d'hommes mènent diverses activités dans l'enceinte d'une forteresse. Dans les sociétés islamiques, la différence sexuelle est affaire de territoire.
En 1999, les autorités iraniennes l'ont déclarée ennemie de la Révolution islamique.
Que reproche à Shirin Neshat
l'Islam chiite?
Tout d'abord, d'incarner. De colporter le "mauvais oeil" de l'image moderne, "opium de l'Occident" qui a troqué le Verbe absolu contre le simulacre délétère, cette "barbarie" à visage humain. D'avoir embrassé le visage de Satan - fantasme polymorphe opportunément partagé par l'Orient et l'Occident au bénéfice de l'ignorance, de l'ostracisme et de la démagogie stratégique.
Enfin, de donner à voir.
Tout d'abord, d'incarner. De colporter le "mauvais oeil" de l'image moderne, "opium de l'Occident" qui a troqué le Verbe absolu contre le simulacre délétère, cette "barbarie" à visage humain. D'avoir embrassé le visage de Satan - fantasme polymorphe opportunément partagé par l'Orient et l'Occident au bénéfice de l'ignorance, de l'ostracisme et de la démagogie stratégique.
Enfin, de donner à voir.
Shirin Neshat Tracks par MrKaplan




