17/09/2013

L'Etre, en clown - Asile

J' aime pas le vide. 
J'aime pas ressentir.
Ressentir s'est s'émouvoir.
J'aime pas les émotions,
ça fait mal

Là, 
là, et là

Toutes se mettent à chanter
la la la la la
se transforme en cris,
Horribles

Sont toutes folles ou quoi
Insupportable, 
Je pose mes mains sur les oreilles
Qui, Qui?
 qui supporte ça ?
J'étouffe
je veux sortir d'ici
Taisez vous !!
Je veux pas entendre
Je veux pas entendre

Camille aussi,
ses mains sur les oreilles

Je m'approche 
de la fenêtre du silence
pensées pour Camille,

En créant

 
Je ne tiens pas tant à la vérité d'une vie, 
qu' à la justesse de ce que j'en ressens.

Laure K.

16/09/2013

L'Être, en clown - Jeux de regards


 
Reconnaître que se tient là un être vivant, toutes pupilles ouvertes, craintif peut-être, avide peut-être, l'accueillir dans ces états, ces émotions et être accueilli pareillement, sans jugements.
Que voit-elle ?
Qui vois-je ?
On ne peut regarder qu' un œil à la fois. N'en fixer qu' un, aussi longtemps que le permet l'exercice, le soutenir, scrupter dans toutes ses couleurs, le monde intérieur qui s'y dessine, y déceller les tracés, les nuances, découvrir le tableau entier sur le globe, trouver cela magnifique de pureté et de graphismes. En faire le tour complet. Longtemps.
A force, sa surface mouillée, lisse, ne renvoie plus que mon propre reflet. S'y retrouver, s'y perdre narcissiquement, s'y mirer, ne voir plus que sa propre image, ne plus tenir compte de l'autre mais s'inspecter soi-même dans ce regard si proche du sien. Ainsi se nomme la mise en abyme. 
Ce moi qui regarde ne voit plus à quel corps appartient cet œil miroir puisque il devient seulement mon anamorphose, dans lequel je me mire. Mais l'autre, en face, respire tant et si bien que je dois revenir à la surface de sa peau, de son visage, compenser la tension occulaire par le souffle.
Prendre conscience de l' humain dans un regard. Et de son humanité, s'en nourrir. Le regard est nourrissant simplement. Mutuellement. Ne rien y projetter d'autre que l'être de vie en présence et l''accueillir tel qu' il est, en l'état.
Changer de partenaire.

Se regarder à présent dans un miroir. Même exercice de découverte. Marcher avec et évaluer dans quelle lumière se dessine telle ou telle lignes, ombres, nuances. Trouver cela très beau et amusant. Finir par se dévisager entièrement, sourire, sourire forcé, froncer les sourcils, grimacer, tirer la langue, regrimacer etc. Tant est si bien que je m'en suis fait éclaté la panse de rire, la tête que j'ai, que je me trimballe, sans déconner, c'est moi toutes ces têtes là ?? 

 Rire de sa propre image, c'est extra. Moment purement ludique et grandement libérateur. A réessayer en cas de mauvaises humeurs.

15/09/2013

L' ÊTRE, en clown - Premier soir

(Suite des notes du 25 août 2013)
Maintenant que j'approche de mon lieu de villégiature pour ce stage de clown, je dois bien avouer que cette thématique du nez rouge me laisse un peu perplexe et pleine d'à priori.
Suffit-il donc d'arborer un point central si voyant au milieu du visage pour être accepté et se rendre acceptable ? pour provoquer rires ou pleurs et autres pitreries ? A ce que je sache, je n'ai jamais eu besoin de nez rouge pour faire le clown ? Mais j'ai envie de m'amuser, envie de m'éclater, avec ou sans nez rouge et le « être ensemble » me paraît déjà une aventure !
Il faudra voir au fur et à mesure en quoi cet ustensile plastique permet la performance ou bien le dévoilement... Enfin, reussirais-je à percer les secrets de cette étrange activité paranormale ?

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Une belle bâtisse blanche s'étend dans sa longueur, entourée d'un espace de verdure et de vignes, d'arbres assez majestueux, dont un abrite un nid de frelons, que j'expérimenterai bien plus tard.
On s'y retrouve a dix. Dix femmes. Un stage placé sous le signe du féminin.
Certaines craignent cette promiscuité « d' hystériques de l'utérus », comme une mauvaise suite aux monologues du vagin... je peux comprendre. Personnellement, ça ne me fait pas peur. (sourire)
L' espace est assez vaste pour s'isoler chacune à l'extérieur comme à l'intérieur. La propriétaire nous en conte l' histoire magique, lié à sa rencontre avec son second homme, de la renaissance de cette grange dont elle aurait dû se séparer et qui a été miraculeusement transformé en un gîte d'accueil et d'ateliers pour orphelins puis naturellement vers des stages tels que celui-ci. On s'y sent bien, chaleureusement accueilli et son histoire me réconforte avec les petits miracles de la vie. Je n'avais pas entendu d'histoires si souriantes depuis des lustres. Les petits bonheurs il faut les partager pour les faire fructifier, dit-on.

L'espace clown et Salle à manger-
Au centre, Mélinda ( ou Mademoiselle Rose sans chandelier, ni nez rouge )

Je choisis mon lit sur la mezzanine qui s'étend à la salle à manger et sert de lieu de travail pour l'espace clown. Une statue de bouddha y séjourne ainsi qu' une toute petite fenêtre juste au pied de l'oreiller, qu'il me sera possible d'ouvrir à peine réveiller, d'y apprécier la vue sur la forêt et d' en respirer l'air frais. J'ai un besoin avide de me sentir à l'extérieur et de me sentir libre, comme jamais.
J' avais bien pensé à planter une tente, mais je n'ai pas trouvé l'endroit idéal et donc pas eut l'audace de dormir sans être abrité sous un toit solide. De plus, je crois que je n'avais plus envie de m' isoler. Un bon repas à plusieurs, un bon repos au chaud, ça a tout de même beaucoup de saveur. 
Je m'endors à l'abri, derrière un paravent de bois, et sous l'éclairage spirituel de Buddha.

Demain, un jour nouveau, peut-être.



:0)

14/09/2013

L' image clef




En tournant autour de notre mannequin-mascotte du stage de clown qui tronait seule et nue dans le jardin ( !! )  m'est apparue sa silhouette dans un très beau contre-jour. Je cherche toujours comment capter le réel jusqu'à l'irréalité parce que c'est ce qui m'intéresse le plus, le réalisme m'emmerde un brin.
En modifiant légèrement mon point de vue pour ajuster la silhouette à la lumière, ces lueurs se sont étalées sur l'écran comme si le rouge voulait à tout prix transparaître alors que je tentais d'en atténuer l'évidence sur le nez de clown. C'est une révélation photographique, un truc simple d'optique et de prisme, mais  je veux dire qu' à l'oeil nu cette image là n'existe pas. Elle est donc "magique", n'est-ce pas, dans le sens où seule l'image instantanée révèle la couleur rouge.

Ce qui retient mon attention également c'est l'angle minime du corps dans lequel j'arrivais à capter ces effets de couleurs, à l'endroit de la gorge.
C'est une révélation objective, si vous voulez, mais pour ma part, cette image est révélatrice de l'ensemble du vécu de ces journées où il a fallut ré-apprendre à respirer, chanter, l'endroit de la circulation de l'air.

C'est donc la couv' du récit. 

... sauf qu'il faudrait que j'arrête de fumer pour bien écrire, ça parait évident à moi-même; je n'ai foi qu' en mes illusions d'optiques, seul chemin d'une véritable vérité.


11/09/2013

Au jardin de Totoro



"Moins pessimiste que d’autres Miyazaki, Mon voisin Totoro n’en aborde pas moins les thèmes et combats chers au cinéaste, à commencer par la sauvegarde et la toute-puissance de la Nature. Jamais soumise à la moindre menace, rendue à sa souveraineté tranquille, celle-ci apparaît comme un cocon protecteur où l’enfance peut s’épanouir - une vision d’autant plus idyllique qu’elle s’inscrit dans le passé et les souvenirs du cinéaste.

Le dessin soigné et gracieux, le trait tout en simplicité mais néanmoins inventif de l’animateur japonais, contribuent à magnifier une végétation splendide et une faune plus ou moins fantastique, afin de rendre appréciable le "message" qui sous-tend l’ensemble. Et pour rendre d’autant plus authentique cette immersion dans la Nature et ce pur éveil à l’émerveillement, Miyazaki privilégie une approche sensitive pleine de tact, faisant appel à la fois à nos yeux, à notre ouïe (subtil travail sur le son) et à d’autres sensations perdues (toucher, goût).

Puisant tout autant dans les croyances ancestrales locales (la chat-bus bakeneko, variante de la réincarnation) que dans des références culturelles plus occidentales (la descente de Meï dans le terrier de Totoro rappelle Alice au pays des merveilles), Miyazaki atteint à l’universel et propose quelques idées visuelles propres à marquer durablement l’imaginaire enfantin ; en résultent quelques pépites, telle cette scène fantastique et quasi-muette à un arrêt de bus, ou encore ce rêve éveillé où les trois Totoro font pousser une forêt entière en une danse mystique et nocturne, en un hilarant ballet de parapluies - incontestable sommet poétique du film.

Si les adultes pourront lui préférer les œuvres plus ambitieuses et plus noires de son auteur (type Le château ambulant), si la tendresse rieuse de Totoro n’a pas la puissance du souffle épique et désespéré d’un Nausicaä, ceux qui ont conservé leur âme de gosse reconnaitront ici une œuvre d’une grande qualité, atteignant à l’excellence avec la modestie des sages. Quant aux petits n’enfants, difficile d’imaginer spectacle plus pur et plus (discrètement) sophistiqué à leur mettre sous les yeux."

extrait article avoir à lire

10/09/2013

The path of the wind


Musique finale du dessin animé Mon voisin Totoro, du cinéaste Miazaki
qui en termine avec sa production de long métrages, mais pas complètement de l'animation.
Cette musique ravie notre intérieur quotidien.

04/09/2013

"Je suis le chemin que je suis"

Une exposition de Gabriel Lalonde, dont une oeuvre ouvrait notre film du collectif franco-québécois "Choisis ton côté". Un beau mariage de style et de geste qui fait sens et danse sous le regard.

Gabriel Lalonde

Des signes, des mots, des lettres, des gestes, des hommes.

Le temps de dire l’instant d’exister, l’instant qui passe, celui qui vient de passer.
Défricher les espaces parallèles, dire les paroles écrite et picturale, les façonner, les détourner, les entrelacer dans un long dialogue où de multiples métamorphoses se produisent à travers ma gestuelle, pour mener à une œuvre nouvelle, inédite. 

Les mots sont dits, existent et font un chemin inconnu en moi. Ils dialoguent secrètement et ressortent plus loin sous la main qui crée. Ma gestuelle explore l’exagération, l’atténuation, déborde ou se fait rare, insiste avec vigueur, griffe, rature à traits larges, supprime le cadre ou le réinvente à foison.

Il s’agit de s’affranchir progressivement de l’univers du signifiant pour aboutir à une œuvre où les repères sont dénaturés, dépossédés de leurs rôles conventionnels, au profit d’un pictural pur, transcendé.
Ce pictural des écritures n’a plus rien à voir avec le message qu’il portait dans son contexte, il va au-delà; il se rapproche des origines même de l’écriture, alors que l’image elle-même était porteuse de sens. L’image est neuve, l’œuvre se suffit à elle-même.
(Article Le Cercle)

VERNISSAGE : 11 septembre - 5 à 7 > Aquarium
EXPOSITION: Dans l'aquarium et le restaurant du 11 septembre au 4 novembre
ATELIER : Jouer le geste à l'aveugle 28 septembre / 29 septembre


COMPLEXE LE CERCLE
228 et 226 1/2, St-Joseph Est,
Québec, QC, G1K 3A9

In my room


Là où l'album “Compass“ privilégiait le thème du voyage, “The Gift“ se concentre cette fois sur les plaisirs que l’on peut éprouver à rester au port, chez soi.
Susanne Abbuehl sublime ici la poésie de ces écrivains solitaires qu'étaient Emily Dickinson (1830-1886), Emily Brontë (1818-1848) et Sara Teasdale (1884-1933).
 “The Gift“ est une ode au voyage imaginaire comme sur “In My Room“ adaptée du poème de Wallace Stevens : “Dans ma chambre, le monde excède ma compréhension ; / Mais quand je me promène je vois qu’il se compose de trois ou quatre collines et un nuage“.
(Article Fip)

Fabienne Verdier, une peinture tout en vibrations.

Rencontre avec Fabienne Verdier, à l'occasion de la publication de ses carnets de recherche "Echos" de 2017 à 2022.     J...