Affichage des articles dont le libellé est clairvoyance. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est clairvoyance. Afficher tous les articles

02/07/2013

Le labyrinthe



La boue dont elle se souvient le mieux

de celle qui pompe et suce

de celle qui trahit le corps,

sable mouvant tirant vers là

où l’air est épaissi de graviers, là

où son corps est un champ de bataille.

La motte qu’ils ont soulevée

était pour elle une pierre, son douloureux

tambourinage une danse de colère

disparue entre les coutures épaisses

qui maintenant resserrent sa poitrine sur elle même.

Elle est perdue sous terre

sans Orphée ni guide. C’est le labyrinthe

sans le minotaure ; là où la fraîche

découpe bleue du ciel est un souvenir évanescent.

Elle sait bien que ceci est un conte de fée

macabre, où des touffes de cheveux

sont arrachées pour tresser une corde

qui la ramène à la surface, ou alors

sont posées par terre dans les forêts obscures

comme des indices pour son retour. Il n’y a

personne d’autre, juste ce corps

et sa tête autrefois si brave qui tourne sur ellemême

sous les étoiles scintillantes du sol.

Ceci est le voyage où une femme

se métamorphose en jeune fille dont la vertu

déjoue le mal, et cherchant son courage

plutôt que de hurler la tête entre les mains,

trouve la bonté où elle n’aurait jamais regardé.

C’est regarder qui est le plus difficile,

faire face au futur d’un œil clair qui implore :

renvoyez les noirs corbeaux, les dragons du pays

de la mort, renvoyez les sorcières, les vieillardes, les hommes

fous, les chevaux sauvages.



Je trouverai mon chemin pour rentrer à la maison.


d' Adrienne Eberhard  - traduit de l’anglais par Christine Bonduelle

http://www.revue-secousse.fr/Sonotheque/Sono.htm ( par Anne Segal)

21/07/2012

Travelling


Peinture de Camilla West

J'ai passé de merveilleuses journées avec trois enfants de 4 à 8 ans, même si ça ne parait pas là, tout de suite, comme étant le fond de mes profondeurs, ça n'empêche en rien d'être animée par la joie, les rires, les enfantillages qui sont des trucs vachement sérieux en fait. Ma pâte à sel n'a rien d'une sculpture de Camille Claudel, mais ce n'était pas tant ça que la difficulté à exprimer les sentiments qui serpentent en sous-terrain. Parfois il faut beaucoup de couleurs et de joie de vivre en surface pour parvenir à descendre et remonter quelques heures. L' été est toujours ainsi. Ya des matins graves et des matins pas graves.
Le tout est de trouver dans quelle matière immédiate où on peut jeter ses sentiments et émotions. Le film ne permet pas cette immédiateté, à mon goût c'est trop long. Le dessin c'est pas mal, l'écriture... mmh douloureusement pas docile, mais la seule valable en état d'urgence. Je ne sais pas si l'expérience sert à grand chose, peut être que si, mais surtout je ne suis pas seule. ça c'est mortelle, la solitude quand on enclenche les traversées. J'essaye d'accepter ce qui monte, j'ai pas de psy à porter de mains, et je n'ai pas envie de cette méthode, il faut affronter ses peurs, ses désirs, les exprimer surtout, c'est difficile de mettre des mots là où ça blesse parce qu'on ne sait pas pourquoi. Juste le sentiment qu'il faille en passer par là comme un palier de décompression. Ce n'est pas un choix mesuré, c'est parfois l'aboutissement de milles et unes recherches inconscientes qui se cristallisent à un moment donné.
"Sur la route", c'est un titre boomerang, celui qui se ramène tout le temps avec tout ce qui va avec. Ce sont les mêmes portes, les mêmes questions, les mêmes états qui cognent, je pourrais faire semblant de rien voir mais honnêtement, faut avancer un peu dans sa route et puisqu' il y a des guides, je mesure comme une chance ce qui m'est encore donnée de franchir, ou d'approfondir. 
C'est le voyage, je l'accepte.

Fabienne Verdier, une peinture tout en vibrations.

Rencontre avec Fabienne Verdier, à l'occasion de la publication de ses carnets de recherche "Echos" de 2017 à 2022.     J...