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09/10/2025

Fabienne Verdier, une peinture tout en vibrations.

Rencontre avec Fabienne Verdier, à l'occasion de la publication de ses carnets de recherche "Echos" de 2017 à 2022.

 
 

J'avais à cœur de lui faire part de l'inspiration et de l'enthousiasme que me procurent ses toiles. 

Ma curiosité est renouvelée à chacune de ses expériences artistiques qui donnent lieu à un ouvrage, sur ses recherches formelles, analogiques et labyrinthiques, qui sont comme un retour de voyage dans des contrées visibles et invisibles.


 

Fabienne Verdier s'adonne à cette activité depuis plus de 30 ans, avec une ferveur et une ascèse rare, qui lui vient de ses années d'études passées en Chine, dans la province du Sishuan. 


Seule et rare étudiante française en Chine, elle y a suivit pendant dix ans, un laborieux et passionnant apprentissage du tracé, avec un ancien maître lettré. 

A son retour en France, elle développe sa propre technique de peinture et invente son outil: un pinceau géant sans tige et suspendu comme un pendule, qu'elle dirige à l'aide d' un guidon de vélo. Cette transformation lui permet alors d'explorer sa présence corporelle directement sur la toile,  un corps pinceau-pensant.

 

Jour après jour, elle apprivoise et accueille la spontanéité du flow et du fracas de la matière sur le support horizontal, selon l'humeur du jour et l'impermanence du vivant.

Grâce à la répétition du geste, à la vibration du moment présent, Fabienne Verdier performe debout, sur les abscisses et les ordonnées d'une toile où l'invisible se joue de la perfection recherchée.  Il guide sa main durant la court délai de la traversée de toile qui se veut unique, avec l'acuité d'un sportif de haut niveau.

 

Fabienne Verdier dans son atelier. ©Laura Stevens, mars 2021. ⁠

Ce qui impressionne le plus c'est sûrement la taille des toiles, amplifiée par la vélocité de l'outil qu'elle a créée, l'ampleur des ouvrages est remarquable et la vision qu'elle y projette s'en trouve décuplée et puissante. Une confrontation du microcosme / macrocosme. 

Elle, qui a débuté en gravant scrupuleusement dans la matière de la petitesse, des tampons calligraphiques, elle a transformé et projeté ce savoir-faire venue de Chine, vers une vision abstraite, épurée à l'os, dans un langage unique et à l'évidence universel.

 ***

Rencontre entre l'artiste Fabienne Verdier et l'astrophysicien Trinh Xuan Thuan, autour des recherches picturales s'inspirant d'un tableau de Grunewald, représentant le Christ auréolé.

 

Le Christ extrait du retable D'HISSENHEIM 
Le Christ extrait du retable D'HISSENHEIM


 

 
Pour en savoir davantage, son parcours est retracé dans l' ouvrage La passagère du silence, désormais publié en anglais 
 
« Ma quête des arts anciens dans la Chine post-révolution culturelle » est le récit à la première personne de Fabienne Verdier sur son extraordinaire parcours en tant qu'étudiante en art vivant et étudiant en Chine dans les années qui ont suivi la Révolution culturelle 
 
 
Read the book Fabienne Verdier Passenger of silence -
 
"My quest for the Ancient Arts in Post-Cultural Revolution China is Fabienne Verdier’s first-person account of her extraordinary journey as an art student living and studying in China in the years following the Cultural Revolution."

Translated by Young Kim⁠in 2024- Five Continents editions

22/05/2013

Soudain l'été dernier ... à Marienbad

Image: Laure Kalangel avec Elisabeth Damour

Séance de tournage avec une danseuse de butô.
Je découvre le tempo de ce mouvement,  cette danse /transe, je crois en avoir été toujours proche.

24/02/2013

Contre rive

A tout
Hasard
et contre
un jour.
A la traverse
De nos visages
Mis en regard.
Ligne de fond.
Présent hasard
Et à raison.
Un mot et sons
au fond de l’eau.
Arbre en mirage
Et tant de larmes.
Trop de mémoire
Mise au bazar.
Toile de l’une,
Encre de l’autre.
Sous la poussière
l’ange animal
Démâte les dents de notre roue
sous les bleus de nos orages.
Grain des miroirs
sous un frisson
Par la présence
De ce nom.
Contre regard
sur un visage.
Le fil des rames
courbe tes lignes
A la lune de ce charme.
Éclair.
En plein visage,
La ligne obscure de cette barque
Emporte ton sourire
contre la rive de mon front.

Contre rive - Astrid Shriqui-Garain

21/04/2012

HELP

"La haute nécessité de la vie c'est de vivre le plus pleinement possible(...)
ce n'est pas de tricher avec ce que l'on devient, et même avec son propre corps,
il faut le prendre comme il est, il faut savoir le gérer.  Assumer l'exigence en ce qui concerne sa propre vie, au sens physique ne pas laisser le délabrement et l'affaiblissement s'installer.
Etre toujours dans la situation d'être confronter à l' événement, à l'Histoire, à ce qu' on entend faire apparaître, faire surgir, faire créer.
Dans une époque un peu "gnangnan", ou la plainte est fréquente, où il y a cette espèce de façon de voir la vie comme continuellement menacée et entravée, il faut se prendre en charge suffisamment soi-même, ce qui importe c'est de faire quelque chose de sa vie, c'est ça la haute exigence.
On n'a pas le droit de gaspiller le fait d'avoir été jeté au monde.
Assumer sa vie dans la plénitude et lui donner toute sa capacité d'expression lui donner tous ces moyens de défense contre ce qui peut être asservissement pour elle ou contre ce qui peut être affadissement pour elle."

Georges Balandier 
(Extrait du doc HELP ou Visibilité de Sarah Franco-Ferrer)


J'ai vu ce documentaire hier soir, lors d'une soirée entre filmeurs, j'y ai rencontré de nouveau 
Sarah Franco-Ferrer, la réalisatrice du film. Un documentaire  dont nous avions discuté il y a plusieurs mois, alors qu'elle achevait de le finaliser en solo et m'encourageait pour mes propres travaux.
Un film engagé comme elle dit, où elle a recueilli la parole de nombreux intervenants: intellectuels, politiques, artistes et poètes, qui nous éclairent sur le rôle essentiel de l’individu dans ce monde de sécurité obligatoire. Comment faire? Comment agir? Comment ne pas se laisser envahir par l’abandon?

Des propos qui amènent sans doute plus de questionnements que de réponses, plus de mise en abîme sur son propre sentiment du politique ou encore de ce que l'on entend dans démocratie, un terme qui devait résumer la souveraineté du peuple.
A travers une mise forme bien particulière, la réalisatrice, peu enclin aux schémas stéréotypés des docs de chaîne télé, utilise l'image comme une plastique à tordre, à défigurer au karcher noir et blanc ou à ralentir comme pour y percevoir une peinture de Caravage, comme elle me l'a suggéré en répondant à ma question sur certains passages qui m'avaient paru redondants. A revoir avec le regard du peintre...
Il faut écouter, entendre ce qui y est parsemé. Le film est ici,  3 jours moins le quart avant de voter.
ça vaut le coup de se redemander très sincèrement le pourquoi ? et le pour qui ? je mets, ou non, un bulletin dans l' enveloppe, une enveloppe dans une urne et ce que j'en attends.




21/04/2010

Privilège

Il est des rencontres meilleures que d'autres, des lieux où les fleurs ne fanent pas, où la couleur est annoncée, y entrer avec ses propres peurs, ses propres envies, on ressent là tout un honneur d' y glisser ses pas et de ne pas vouloir trop déranger.

Ô et puis si, déranger un peu aussi, juste parce qu'il le faut.

Tout y est rare, subtilement collectionné, apprivoisé, un cabinet de curiosités... tout un monde à soi ouvert sur le monde des autres.

J'éspère avoir réussi à soulever le voile comme un vent léger, un doux zéphire couleur saphir.

Le reste est à voir et à ressentir.

Prochainement, ici et là-bas.

Fabienne Verdier, une peinture tout en vibrations.

Rencontre avec Fabienne Verdier, à l'occasion de la publication de ses carnets de recherche "Echos" de 2017 à 2022.     J...