22/05/2013

Soudain l'été dernier ... à Marienbad

Image: Laure Kalangel avec Elisabeth Damour

Séance de tournage avec une danseuse de butô.
Je découvre le tempo de ce mouvement,  cette danse /transe, je crois en avoir été toujours proche.

Sur mes lèvres


Chanson signée de la plume de Jean Louis Murat. J'aime beaucoup.

19/05/2013

Cinq ans !

C'était il y a deux jours, mais j'étais pas en état de souffler un mot inspiré pour fêter le 5 ème anniversaire de la naissance de mon Blog !

Comme je viens de filmer 4 heures de spectacle à plus de 15 décibels, j'ai bien envie de sabrer un semblant de champagne avec vous, à l'avant de mon cata-marrant !

"Blogs are not a kick; it 's a way of life"- Anne Archet

POp !

Je n'y consacre plus énormément de temps ces temps-ci par ce qu'il y a du travail en fond de cale. Je n'ose faire le compte des heures passées ici plutôt qu'à la barre...
En fait bizarrement, au lieu de naviguer vers des terres visibles, j'ai pris le cap depuis cinq ans vers une vie régulièrement consacrée à vouloir écrire l'histoire de ma traversée dans la blogosphère. Ce que je veux dire c'est que les blogs ont pris les commandes de mes sentiers de vie. 
J'y ai trouvé des ports d'attache incroyablement vivants, vos présences amicales, vos éclairages, vos bizarreries aussi, vos commentaires nourris, brefs, vos sourires, à peine deux ou trois chiants que j'ai congédié, parce que faut pas déconner, je suis maître en mon navire. Je n'aime pas qu'on vienne polluer l'air qui m'aère l'esprit, ça c'est clair. 
J'ai appris à m'adoucir quand même, à ouvrir mes sens, grâce à vos blogs amis, bienveillants, inspirants. En chacun de vous un paysage différent, une voix, un souffle, un tempo. J'ai aimé vous lire vous répondre, vous découvrir sous les mots, et j'aime encore ces voyages mais c'est tellement d'énergie et de temps. J'écris ce billet comme si j'allais clôturer ce blog!  Happy birthday, bigre !

Peut être parce que j'ai cette impression d'y avoir mis beaucoup de moi, de ma vie, de mon coeur, de toute mon âme, de m'y être livrée presque toute entière. D'avoir oser le "trop", d'avoir oser tout court.
L' écriture n'est pas ma forme d'expression la plus forte, elle est nécessaire et complète toute forme de création. Mais l' image, le son, la narration filmique reste mon espace favori, celui où je puis en dire bien davantage en filigrane sur ma perception de l'autre et du monde. Telle que j'ai envie de le voir, de le donner à voir, et de le partager. Et c'est cette expression là qui doit naître plus fortement, qui doit s'inscrire dans un réel, dans un dispositif autre que celui des blogs. Il y a une forme d'exigence intransigeante si je veux réussir à franchir ce pas. Et cette exigence ne souffre plus d'aucune économie d'énergie et de temps.

Cette vie de blogueuse qui n'est pas La vie rêvée, qui n'est pas La vie de son quartier, La vie de sa maisonnée, est un morceau de soi entier, sans le corps à corps, sans le regard, sans une poignée de mains, et même si les mots transmettent beaucoup de cette chaleur, malgré tout, jamais ils ne remplaceront l'embrassement, le regard, la voix, l'énergie d'un esprit incarné à côté de soi. Les blogs nous rendent cette part d'immortalité et de communauté entre êtres humains, pas moins pire, pas meilleur, mais généreusement silencieuse et riche en communication avec nous-mêmes et les autres. Un extraordinaire supplément d'âmes. 
Ce n'est pas j'écris donc je suis, c'est je publie donc je suis, car il y a un "nous" qui lisons.

Voilà, voilà.

Je vous dis à bientôt, donc, ici et là. Est-ce que je re-signe pour les cinq prochaines années ? allez savoir...

merci à Vous,
merci à Toi.


16/05/2013

Rendez-vous

Cinétique


Expo Dynamo - Pénétrable BBZ Bleu – Jesús Rafael Solo - Grand Palais Mai 2013- © Laure K.

"J'ai développé mon travail en me fondant sur des analyses et des synthèses empiriques, 
et j'ai toujours crû que la perception était le médium permettant d'expérimenter 
directement des façons d'être."



14/05/2013

Journal d’un corps





Heureusement entendu ce soir, Pennac a été le seul à pouvoir me rassurer en redéfinissant le mot "angoisse" sur mes maux de corps. Baume inattendu. Comme quoi... il ne faut pas redouter l'écho.
Puis le médecin a fait de même. 
Puis je m'endors.

R.A.S



La vraie solitude ressemble à un éléctrocardiogramme.


13/05/2013

Songe d'unité


expo Fluxus à Blois

De temps en temps, 
Se demander comment on s'aime soi-même
Avant de demander comment on voudrait être aimer

24/04/2013

and LOVE is FREEDOM


Toute petite au bord





Une des chansons du film Camille Redouble que je viens de voir. Vachement bien.
Un peu d'embruns virtuels et besoin de plantes vertes. Aussi. Dé-ioniser le corps en ondes électromagnétiques.

23/04/2013

Rosa, la vie, Anouk

Anouk Grinberg ce soir à l'Odéon, lisait des extraits des écrits de Marina Tsvetaeva. La voix d'abord et puis souvent cette allure de celle qui sortirait de son atelier juste pour nous, pour nous donner à entendre des auteurs, des vies arrachées qu'elle habille de sa voix qui, moi, me touche infiniment. Merci à elle d'être si juste.





21/04/2013

Sept Femmes- Humeur vagabonde

Folles, dépravées, sorcières, scandaleuses, hystériques, depuis toujours les femmes qui se mêlent d’écrire autre chose qu’un journal intime, et osent demander à être publiées à l’instar des hommes, n’ont pas manqué de qualificatifs, ni de mépris. Parfois elles choisissaient d’en finir en ouvrant le gaz ou en descendant à la rivière les poches pleines de cailloux. Mais aucune n’aurait pu vivre en renonçant à écrire. Lydie Salvayre nourrit le feu qui brûle en elle avec les pages de ces « allumées » qui l’accompagnent sans cesse. Elles sont sept, Emily Brontë, Marina Tsvetaeva, Virginia Woolf, Colette, Sylvia Plath, Ingeborg Bachmann et Djuna Barnes. Elle leur consacre un beau livre, intitulé « Sept Femmes », qui vient de paraître chez Perrin.

18/04/2013

L'exil Littéraire

L'exil littéraire au féminin
par Nancy Huston

  • Marguerite Duras, Cliché pris dans les jardins de la NRF, à l'occasion de la parution d'Un Barrage contre le Pacifique, en 1951. photo Roger Parry © Gallimard
Dans le cadre de la série Exils, en partenariat avec France Inter : Marguerite Duras, Marina Tsvetaeva, Nina Berberova.

«Tout se passe, déclare Julia Kristeva  dans un Entretien sur les femmes et l'art, comme si une femme, dans sa compétition interminable avec sa mère, avait  besoin pour défier cette mère qui la met en danger dans les rivalités d'identité,  d'affirmer une autre langue.»  Elle sait de quoi elle parle, cette femme bulgare qui vit en France et écrit en français. Moi aussi, anglo-canadienne de Paris, je sais de quoi elle parle, et je le dis dans la même différente langue qu'elle. Sommes-nous à la même place, dans le même déplacement linguistique, que Nabokov, Cioran ou Beckett ? J'en doute.
Si la langue est maternelle, materne-t-elle les femmes de la même façon que les hommes ? Comment les femmes viennent ou reviennent-elles à la mère, comment jouent-elles avec son corps et s'en éloignent-elles ? Que signifient leurs aller-retours, leurs vols planés dans la langue maternelle ? Où est la «chambre à soi» ? Qui est-ce, quelle femme est-ce, qui réussit à la trouver dans la maison de sa mère, à créer près de la source même de sa propre création ? Woolf a eu besoin pour écrire d'assassiner celle qu'elle appelait  «L'Ange du foyer»...

On peut renoncer une fois pour toutes au toit familial, aux lieux de l'enfance, et se ré-engendrer ailleurs. Habiter un autre sol, laisser pousser d'autres racines, réinventer son histoire en rendant étrange le familier et étranger le familial. Soit en écrivant dans sa langue maternelle au milieu d'une langue étrangère (N. Berberova, M. Tsvetaeva...), soit en changeant de langue (N. Sarraute, J. Kristeva). «Vous l'avez entendu, dit  celle-ci, je parle une langue d'exil. Une langue d'exil, cela étouffe un cri, c'est une langue qui ne crie pas.» Quelqu'un, toujours, semblerait-il, veut couper les ailes aux aspirations littéraires des jeunes filles. Empêcher leur envol. «Ma mère est devenue écriture courante», écrit Duras dans L'Amant. Et dans un rêve évoqué dans Les Yeux verts : «Elle m'a dit : "C'était moi qui jouais." Je lui ai dit : "Mais comment est-ce possible ? Tu étais morte." Elle m'a dit : "Je te l'ai fait croire pour te permettre d'écrire tout ça".»

«Si ma mère avait vécu, dit Tsvetaeva,  sans doute aurais-je terminé le Conservatoire et serais-je devenue une pianiste acceptable, j'étais assez douée. Mais il y avait une autre chose, préordonnée, sans aucune commune mesure avec la musique et qui remettait celle-ci à sa juste place chez moi (...). Il y a des forces que, chez une enfant de cette nature, même une mère comme la mienne ne peut vaincre.» Sous-entendu : plus une mère est «bonne», plus elle aurait tendance (pas exprès, bien sûr, mais structurellement en quelque sorte, par son exemple de vertu, et parce qu'on voudrait ensuite lui faire plaisir plutôt que de faire œuvre) à étouffer le don poétique de sa fille. Partir, alors. Fuir. Détruire, dit-elle. A tongue called mother : là où l'homme s'efforcerait de transformer sa mère en langue, la femme ferait tout son possible pour transformer sa langue en mère ?

Nancy Huston (1988 / revu en 2013)
avec l'aimable autorisation d'Actes-Sud

Article du Journal Théâtre de L'Odéon