07/02/2016

Quand elles s'aiment

Elles prennent une voiture, 
Carol
quittent la ville
 High Art
et font des images
Thelma et Louise

No Thing


La femme Danoise

Mathilde Grafström 
Est sorti sur nos écrans de ciné-consommation un film que j'avais repéré depuis sa projection à la Mostra de Venise en septembre, sans doute parce que le sujet me "parle"questionnant l'identité, l'ambiguité des genres. Tout ce qui vient semer le trouble aux frontières de l'orde établi demeure finalement un sujet à fleur de peau qui, s' il ne parle pas à tout le monde, sème le trouble à tout un chacun. 

‘‘The Danish Girl’‘ est l’histoire d’une métamorphose : celle du peintre danois Einar Wegener qui se fit opérer dans les années 1930 pour devenir une femme, devenant ainsi l’un des premiers transgenres de l’Histoire.
Le film est réalisé par Tom Hooper, l’auteur du ‘‘Discours d’un roi’‘ et des ‘‘Misérables’‘.

Je ne vais pas déflorer le film, et je ne tiens pas à en faire une critique non plus. Mais voici quelques ressentis d'avant, de pendant et après projection.

Le visage de cet acteur Eddie Redmayne est déjà très troublant sur l' affiche et dans la bande annonce, c'est une silhouette qui à mon avis est un des succès du film. Il incarne toutes les interrogations de ce personnage, son ambivalence, ce deux en un. C'est ce visage là qui m'a convaincu d' aller voir cette histoire, je crois, en premier.  

J'ai aimé beaucoup aimé le traitement stylistique pictural des intérieurs, inspiré par les peintures du danois Hammershoi que j'affectionne (particulièrement...)



J'ai moins aimé la mise en scène par contre, dès la première scène en fait. Tout était  trop millimétré et les décors trop ... parfaits ? La vraisemblabilité cinématographique qui fait qu' on ne regarde plus un film mais que l'on est tout ouïe à l' histoire qu' on nous raconte. J'ai senti la mise en scène un peu tout le temps en fait. 
J'ai aimé le rapport au vêtement, ce que le regard de l' autre aussi opère dans l' identité nouvelle du personnage. J'ai moins aimé les postures et gestuelles, comme si l' apparence n'était que l'apanage d'une singularité féminine. C'est essentiel évidemment mais si peu d' intériorité révélée autrement que par beaucoup de postures. Alors certes le personnage Einar devient Lili en posant comme modèle pour sa femme. Mais, je ne sais pas, ça m' interroge encore cette manière de le représenter tout le temps dans sa recherche de posture féminine. 

Cette histoire m' a touché par ce qu 'il y a un jusqu' au bout de soi assez unique dans la représentation du personnage transgenre. Là est peut être la vitalité de ce film. De raconter l' histoire jusque là. Et c'est très beau très essentiel en ce sens. Et tant mieux si cela fait prendre conscience de ce mâle à vivre. Je lisais un commentaire sous une critique du film, où quelqu' un se demandait mais comment peut-on être double en soi ?
Oui, c'est un questionnement que tout le monde n'a pas...

C'est pourquoi les êtres différents de soi continueront d' inspirer et seront inlassablement représentés, pour faire justice quelque part à la mixité du vivant, de l'autre, si étranger à nous soit il.

Sur le même sujet, j'ai été beaucoup plus marqué par le film Lawrence anyways de Xavier Dolan.













13/01/2016

L.O.V.E.

Dis-moi, si je te donne la vie...

qu' est-ce que tu vas en faire ?



10/01/2016

12.02

Onze mois d'abstinence textuelle,
Dix ans de présence à l'enfant, un job à temps plein,
la moitié de ce temps divisé ici
ça compte
Et combien d'années sans composition musicale
et le temps des lectures littéraires…
l' image, ah oui, l' image
well, well, well…

Dix ans et quarante, un compteur à ré-initialiser.



05/12/2014

NUITS BLANCHES - critique


Tu ne vas pas souvent au théâtre. Tu ne vas pas souvent au THÉÂTRE, parce que c'est un gros mot, c'est écrit en gros, ça fait intello, ça t'ennuie. Tu t'ennuyais déjà beaucoup trop à l'école avec toute cette poussière de vers et d'alexandrins.
Pourtant, tu sais, que lorsque tu franchirais la porte d'un théâtre ce serait la promesse d'une surprise vivante qu'on déballerait devant toi. Avec des mots pleins de tes non-dits. Ce serait toujours l' histoire de quelqu' un , mais ce serait toujours un peu de ton histoire.







 Au petit matin, une femme serait assise face à la fenêtre qui donne sur le moulin. Ce moulin Rouge avec échaffaudage autour de son cou et pull à col roulé bleu autour du tien serait le souvenir de cette journée là, parce qu' il ferait froid et que tu serais déjà épuisée au matin. Cette femme assise traverserait la vitre avec une acuité particulièrement vive, car elle aurait survécu au hurlement intérieur cauchemardesque de sa nuit. Après cela, elle ne dormirait plus les dix sept autres nuits. Elle relirait tout Anna Karénine, entièrement, trois fois. Au creux des heures nocturnes, dépossédée de ses rôles sociaux, elle goûterait de nouveau à sa liberté insoumise, sans horaires, sans contraintes, sans atteintes, elle échapperait à son enveloppe de mère et d'épouse dans la lecture, entre les lignes, elle se délecterait d'un morceau de carré de chocolat fondant, de quelques verres de cognacs et échaffauderait ses heures d'insomnies en fulgurances fictives, héroïques, jusqu' à l'ivresse sans sommeil, quitte à en mourir. Et ni son mari, ni son fils ne se douteraient un instant de sa double vie. De jour comme de nuit, elle assurerait mécaniquement ses tâches et poursuivrait à la perfection sa tenue de route quotidienne. Dormir ? pour quoi faire ? puisque c'est la seule issue possible à sa vie sensible...






"Nuits Blanches" est un monologue adapté d'un roman japonais d' Haruki Murakami, intitulé " Le sommeil"
http://www.theatredeloeuvre.fr/nuits-blanches.html…
Au Théâtre de l' Oeuvre jusqu' en janvier 2015


Nathalie Richard interprète la femme de "Nuits Blanches" au théâtre de l' Oeuvre, et c'est une heureuse redécouverte pour moi que cette actrice, croisée l'année dernière à l'occasion du très beau film "A bas bruit", un film coup de coeur de l'auteur cinéaste Judith Abitbol. On aime un acteur ou une actrice pour sa manière à dire, à se mouvoir, c'est complètement subjectif et sensitif. Et, elle, j'aime bien comment elle parcourt et habille les histoires, de sa voix et de ses rythmes.
Je vous invite à la découvrir.

22/11/2014

De l'amour des voyages



De l’instant de nos voyages,
il faudrait vouloir ne rien en dire.
Mais, après les avoir connus,
revenir à l’autre et lui sourire.
Offrir au souvenir l’empreinte de ce que nous y avons laissé.
Et en patience, porter à notre terre les germes de leur promesse.

Tendre partir auquel on se conviait.
Tendre partir dont on ignorait ce que l’on y trouverait.
Aventurier de son unique espace.
Partir seul,
L’âme en proie et le désir en proue.
Partir inopinément,
Partir en inconnu des autres,
En ne s’imposant ni le temps, ni la distance,
Mais uniquement un possible différent.

Partir vers d’autres lieux.
En voyage toujours.
Jamais en fausse résidence.
Sans mauvaise compagnie.
Songer que notre désir
nous précède et galope devant nous.
Qu’il annonce notre venue.
Songer à se rendre en un lieu,
L’imaginer bien avant que de s’y rendre.
Vivre un chemin avant d’en atteindre le but.
A l’instant de ce voyage, longtemps, il faut veiller.
C’est dans cette attente que débute le conte.
Savoir partir pour poursuivre un voyage
comme nous le ferions d’un rêve.
Et puis en poupe,
Penser peut-être à un retour,
Le supposer et le laisser filer.
Il faut connaître ce que l’on quitte
Pour mieux attendre ce qui nous vient.
Penser aux terres connues,
Les oublier un peu,
et les laisser à la patine des enfances.
Ne rien en savoir, mais y songer,
Et ne jamais les ignorer.
Ne pas se poser en un lieu
Mais se soumettre à son transport.

Nous ne savons plus voyager
Nous partons sans doute,
Mais nous n’écrivons plus à notre cœur
Lorsque notre corps est en chemin.
Que savons-nous encore d’une halte ?
De notre souffle, d’une étape ?
À ne plus rien mesurer nous ne savons plus considérer.
Les hommes partent en vacance
et ne désirent qu’y demeurer en assurant leur aisance.
C’est à eux-mêmes qu’ils donnent congés.
La vacance est un état qui trace parfois de sévères frontières.
Les hommes ne savent plus se quitter.
Ils ne se séparent jamais.
Et se reposent parfois en un lieu étranger,
Là, dans quelque lit, ils s’endorment sans histoire et trop vite.
Le voyage sans retour a quitté leur pensée.

C’est dans un regard que l’on sait le voyage qui a construit une âme.
Quelle terre elle a traversée, quel lointain elle a embrassé.
Elle était en un ailleurs qui à présent se vit en elle.
Son récit est toujours singulier.
Devant un mot elle s’arrête soudain,
Là, où coule cette rivière dont elle connaît la source.
On se remet au monde et on découvre sa place.
On voit les boutures rapportées de son périple
Prendre vigueur et hardiesse sauvage.
On goûte le moment d’un autre retour
Et on s’étonne de son inconnue saveur.
C’est au présent, en sa mémoire, qu’il convient d’offrir cet espace.

De l’instant de nos voyages,
ll faudrait vouloir ne rien en dire.
Mais, après les avoir connus,
venir aux autres et leur sourire.
Laisser en souvenir l’empreinte de ce que nous y avons laissé.
Les cernes bleus que dessinent les voyages modèlent chaque visage.
C’est ainsi que se lit l’impression d’incroyables paysages.


  Astrid Shriqui Garain
Extrait du recueil « Ynys Avallach »,
Les éditions du Littéraire – La bibliothèque de Babel
juin 2014 – ISBN-13 : 978-2919318223

13/04/2014

Franchir


Tu veux savoir comment j'ai fait ?
je vais te dire comment j'ai fais...
j'ai jamais économiser mes forces pour le retour

12/04/2014

Marguerite, 100 ans


Dimanche 6 avril, à partir de 17H20, Arte nous propose une programmation spéciale pour le centenaire de la naissance de Marguerite Duras.


Les deux plus passionnants, Écrire et La mort du jeune aviateur anglais, c’est à partir de minuit que vous pourrez les découvrir. Duras y est libre, en confiance devant la caméra de Benoît Jacquot qu’elle connaît depuis 1972, lorsqu’il fut son assistant sur le tournage de Nathalie Granger.
Depuis, ils ont souvent retravaillé ensemble et sont restés amis. Parfois sa voix se fait entendre, demandant une précision, posant une question. Mais la plupart du temps, Duras parle seule, comme on rêve tout haut, et entendre sa pensée se dérouler, ses mots advenir, son monde intérieur s’entrouvrir est fascinant.

L'humeur vagabonde - Emission de Kathleen Evin

Leitmotiv



Album Transe Saharienne, "Enregistrements issus d'un projet de rencontre avec des musiciens touaregs de l'adrar des iforas (Mali)- février 2004

19/03/2014

Entre 4 yeux



Ce qui s'enfuit du monde c'est la poésie. 

La poésie n'est pas un genre littéraire, 
elle est l'expérience spirituelle de la vie, 
la plus haute densité de précision, 
l'intuition aveuglante que la vie 
la plus frêle est une vie sans fin.




Christian Bobin - Carnet du soleil