22/12/2013

La cime du rêve



Il n'est pas un grand esprit que n'aient obsédé, charmé, effrayé ou au moins étonné, les visions qui sortent de la nature. Quelques-uns en ont parlé et ont, pour ainsi dire, déposé dans leurs oeuvres
les formes extra-ordinaires et fugitives, les choses sans nom qu'ils avaient entrevues " dans l'obscur de la nuit".

Victor Hugo



Photos: Laure K.


Exposition Hugo et les surréalistes-
Maison Victor Hugo, Place des Vosges









16/11/2013

Commun Requiem




"L' homme fort vante la nature, le soleil, les arbres, les oiseaux, et aussi les vignobles et l'eau verte du fleuve. L'homme fort a la coeur brûlant d'amour, et le ciel resplendit.

Mais l'homme sensible parle du passé, de la pluie, de l'enfance. L' homme sensible dit sa tristesse. Même l'amour, il ne sait pas le vivre. S'il cueille la rose, avec Goethe, la rose le pique. Et le plus souvent il passe son chemin, le coeur lourd. Pour ne pas errer dans son désespoir comme une chien perdu buvant de l'eau des flaques, il chante. Que ses chants tarissent les larmes, arrête les soupirs. La nuit qui descend lentement, comme si le ciel avait silencieusement baisé la terre, apporte l'apaisement. L'âme déploie ses ailes, se détend. S'installe une sorte de paix sereine, résignée."

(  Brahms- Marie Louise Audiberti)

Requiem opus 45 de Johannes Brahms

Parc Monceau, Paris - Hommage à Maupassant 

19/10/2013

Le saṃsāra


(संसार terme sanskrit signifiant « ensemble de ce qui circule », 
d'où « transmigration » ; en tibétain khor ba, ou Khorwa འཁོར་བ། ) 
signifie « transition » mais aussi « transmigration », 
« courant des renaissances successives »


07/10/2013

La Chevauchée

Certains, quand ils sont en colère,
Crient, trépignent, cassent des verres...
Moi, je n'ai pas tous ces défauts :
Je monte sur mes grands chevaux.

Et je galope, et je voltige,
Bride abattue, jusqu'au vertige
Des étincelles sous leurs fers,
Mes chevaux vont un train d'enfer.

Je parcours ainsi l'univers,
Monts, forêts, campagnes, déserts...
Quand mes chevaux sont fatigués,
Je rentre à l'écurie - calmé.
Jacques CHARPENTREAU

Voix Louise M.
Claude Debussy- L' isle joyeuse


Elle avait le choix d'un poème parmi une vingtaine.
Elle a choisit celui-ci.
Pour L. parce qu' elle le vaut bien, que je l'aime et qu'elle peut lire un blog, à présent...
:-)

06/10/2013

04/10/2013

Peindre l'instant


Passionnément cela.
L' heureuse patience.
Jusqu' au bout du perfectible.
Et sentir précisément où s'achève sa toile.

Leçon d'endurance.

 

03/10/2013

Sans blague...


A un ami...
 et puis à tous ceux qui espèrent vraiment lorsque ça promet grand.

J' en profite pour vous glisser un extrait de clip que j'ai eut un jour l'immense honneur de monter,  d'en visionner toutes les images, tous les regards, les essais d'habillages, les prises râtées, les plans fous du cinéaste Henri-Georges Clozot, les regards de Romy à Serge, de Serge à Romy. Un poème d'amour inachevé.
Un dvd rétrospectif des éditions Jacques Canetti.

17/09/2013

L'Etre, en clown - Asile

J' aime pas le vide. 
J'aime pas ressentir.
Ressentir s'est s'émouvoir.
J'aime pas les émotions,
ça fait mal

Là, 
là, et là

Toutes se mettent à chanter
la la la la la
se transforme en cris,
Horribles

Sont toutes folles ou quoi
Insupportable, 
Je pose mes mains sur les oreilles
Qui, Qui?
 qui supporte ça ?
J'étouffe
je veux sortir d'ici
Taisez vous !!
Je veux pas entendre
Je veux pas entendre

Camille aussi,
ses mains sur les oreilles

Je m'approche 
de la fenêtre du silence
pensées pour Camille,

En créant

 
Je ne tiens pas tant à la vérité d'une vie, 
qu' à la justesse de ce que j'en ressens.

Laure K.

16/09/2013

L'Être, en clown - Jeux de regards


 
Reconnaître que se tient là un être vivant, toutes pupilles ouvertes, craintif peut-être, avide peut-être, l'accueillir dans ces états, ces émotions et être accueilli pareillement, sans jugements.
Que voit-elle ?
Qui vois-je ?
On ne peut regarder qu' un œil à la fois. N'en fixer qu' un, aussi longtemps que le permet l'exercice, le soutenir, scrupter dans toutes ses couleurs, le monde intérieur qui s'y dessine, y déceller les tracés, les nuances, découvrir le tableau entier sur le globe, trouver cela magnifique de pureté et de graphismes. En faire le tour complet. Longtemps.
A force, sa surface mouillée, lisse, ne renvoie plus que mon propre reflet. S'y retrouver, s'y perdre narcissiquement, s'y mirer, ne voir plus que sa propre image, ne plus tenir compte de l'autre mais s'inspecter soi-même dans ce regard si proche du sien. Ainsi se nomme la mise en abyme. 
Ce moi qui regarde ne voit plus à quel corps appartient cet œil miroir puisque il devient seulement mon anamorphose, dans lequel je me mire. Mais l'autre, en face, respire tant et si bien que je dois revenir à la surface de sa peau, de son visage, compenser la tension occulaire par le souffle.
Prendre conscience de l' humain dans un regard. Et de son humanité, s'en nourrir. Le regard est nourrissant simplement. Mutuellement. Ne rien y projetter d'autre que l'être de vie en présence et l''accueillir tel qu' il est, en l'état.
Changer de partenaire.

Se regarder à présent dans un miroir. Même exercice de découverte. Marcher avec et évaluer dans quelle lumière se dessine telle ou telle lignes, ombres, nuances. Trouver cela très beau et amusant. Finir par se dévisager entièrement, sourire, sourire forcé, froncer les sourcils, grimacer, tirer la langue, regrimacer etc. Tant est si bien que je m'en suis fait éclaté la panse de rire, la tête que j'ai, que je me trimballe, sans déconner, c'est moi toutes ces têtes là ?? 

 Rire de sa propre image, c'est extra. Moment purement ludique et grandement libérateur. A réessayer en cas de mauvaises humeurs.

15/09/2013

L' ÊTRE, en clown - Premier soir

(Suite des notes du 25 août 2013)
Maintenant que j'approche de mon lieu de villégiature pour ce stage de clown, je dois bien avouer que cette thématique du nez rouge me laisse un peu perplexe et pleine d'à priori.
Suffit-il donc d'arborer un point central si voyant au milieu du visage pour être accepté et se rendre acceptable ? pour provoquer rires ou pleurs et autres pitreries ? A ce que je sache, je n'ai jamais eu besoin de nez rouge pour faire le clown ? Mais j'ai envie de m'amuser, envie de m'éclater, avec ou sans nez rouge et le « être ensemble » me paraît déjà une aventure !
Il faudra voir au fur et à mesure en quoi cet ustensile plastique permet la performance ou bien le dévoilement... Enfin, reussirais-je à percer les secrets de cette étrange activité paranormale ?

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Une belle bâtisse blanche s'étend dans sa longueur, entourée d'un espace de verdure et de vignes, d'arbres assez majestueux, dont un abrite un nid de frelons, que j'expérimenterai bien plus tard.
On s'y retrouve a dix. Dix femmes. Un stage placé sous le signe du féminin.
Certaines craignent cette promiscuité « d' hystériques de l'utérus », comme une mauvaise suite aux monologues du vagin... je peux comprendre. Personnellement, ça ne me fait pas peur. (sourire)
L' espace est assez vaste pour s'isoler chacune à l'extérieur comme à l'intérieur. La propriétaire nous en conte l' histoire magique, lié à sa rencontre avec son second homme, de la renaissance de cette grange dont elle aurait dû se séparer et qui a été miraculeusement transformé en un gîte d'accueil et d'ateliers pour orphelins puis naturellement vers des stages tels que celui-ci. On s'y sent bien, chaleureusement accueilli et son histoire me réconforte avec les petits miracles de la vie. Je n'avais pas entendu d'histoires si souriantes depuis des lustres. Les petits bonheurs il faut les partager pour les faire fructifier, dit-on.

L'espace clown et Salle à manger-
Au centre, Mélinda ( ou Mademoiselle Rose sans chandelier, ni nez rouge )

Je choisis mon lit sur la mezzanine qui s'étend à la salle à manger et sert de lieu de travail pour l'espace clown. Une statue de bouddha y séjourne ainsi qu' une toute petite fenêtre juste au pied de l'oreiller, qu'il me sera possible d'ouvrir à peine réveiller, d'y apprécier la vue sur la forêt et d' en respirer l'air frais. J'ai un besoin avide de me sentir à l'extérieur et de me sentir libre, comme jamais.
J' avais bien pensé à planter une tente, mais je n'ai pas trouvé l'endroit idéal et donc pas eut l'audace de dormir sans être abrité sous un toit solide. De plus, je crois que je n'avais plus envie de m' isoler. Un bon repas à plusieurs, un bon repos au chaud, ça a tout de même beaucoup de saveur. 
Je m'endors à l'abri, derrière un paravent de bois, et sous l'éclairage spirituel de Buddha.

Demain, un jour nouveau, peut-être.



:0)

14/09/2013

L' image clef




En tournant autour de notre mannequin-mascotte du stage de clown qui tronait seule et nue dans le jardin ( !! )  m'est apparue sa silhouette dans un très beau contre-jour. Je cherche toujours comment capter le réel jusqu'à l'irréalité parce que c'est ce qui m'intéresse le plus, le réalisme m'emmerde un brin.
En modifiant légèrement mon point de vue pour ajuster la silhouette à la lumière, ces lueurs se sont étalées sur l'écran comme si le rouge voulait à tout prix transparaître alors que je tentais d'en atténuer l'évidence sur le nez de clown. C'est une révélation photographique, un truc simple d'optique et de prisme, mais  je veux dire qu' à l'oeil nu cette image là n'existe pas. Elle est donc "magique", n'est-ce pas, dans le sens où seule l'image instantanée révèle la couleur rouge.

Ce qui retient mon attention également c'est l'angle minime du corps dans lequel j'arrivais à capter ces effets de couleurs, à l'endroit de la gorge.
C'est une révélation objective, si vous voulez, mais pour ma part, cette image est révélatrice de l'ensemble du vécu de ces journées où il a fallut ré-apprendre à respirer, chanter, l'endroit de la circulation de l'air.

C'est donc la couv' du récit. 

... sauf qu'il faudrait que j'arrête de fumer pour bien écrire, ça parait évident à moi-même; je n'ai foi qu' en mes illusions d'optiques, seul chemin d'une véritable vérité.


11/09/2013

Au jardin de Totoro



"Moins pessimiste que d’autres Miyazaki, Mon voisin Totoro n’en aborde pas moins les thèmes et combats chers au cinéaste, à commencer par la sauvegarde et la toute-puissance de la Nature. Jamais soumise à la moindre menace, rendue à sa souveraineté tranquille, celle-ci apparaît comme un cocon protecteur où l’enfance peut s’épanouir - une vision d’autant plus idyllique qu’elle s’inscrit dans le passé et les souvenirs du cinéaste.

Le dessin soigné et gracieux, le trait tout en simplicité mais néanmoins inventif de l’animateur japonais, contribuent à magnifier une végétation splendide et une faune plus ou moins fantastique, afin de rendre appréciable le "message" qui sous-tend l’ensemble. Et pour rendre d’autant plus authentique cette immersion dans la Nature et ce pur éveil à l’émerveillement, Miyazaki privilégie une approche sensitive pleine de tact, faisant appel à la fois à nos yeux, à notre ouïe (subtil travail sur le son) et à d’autres sensations perdues (toucher, goût).

Puisant tout autant dans les croyances ancestrales locales (la chat-bus bakeneko, variante de la réincarnation) que dans des références culturelles plus occidentales (la descente de Meï dans le terrier de Totoro rappelle Alice au pays des merveilles), Miyazaki atteint à l’universel et propose quelques idées visuelles propres à marquer durablement l’imaginaire enfantin ; en résultent quelques pépites, telle cette scène fantastique et quasi-muette à un arrêt de bus, ou encore ce rêve éveillé où les trois Totoro font pousser une forêt entière en une danse mystique et nocturne, en un hilarant ballet de parapluies - incontestable sommet poétique du film.

Si les adultes pourront lui préférer les œuvres plus ambitieuses et plus noires de son auteur (type Le château ambulant), si la tendresse rieuse de Totoro n’a pas la puissance du souffle épique et désespéré d’un Nausicaä, ceux qui ont conservé leur âme de gosse reconnaitront ici une œuvre d’une grande qualité, atteignant à l’excellence avec la modestie des sages. Quant aux petits n’enfants, difficile d’imaginer spectacle plus pur et plus (discrètement) sophistiqué à leur mettre sous les yeux."

extrait article avoir à lire

10/09/2013

The path of the wind


Musique finale du dessin animé Mon voisin Totoro, du cinéaste Miazaki
qui en termine avec sa production de long métrages, mais pas complètement de l'animation.
Cette musique ravie notre intérieur quotidien.

04/09/2013

"Je suis le chemin que je suis"

Une exposition de Gabriel Lalonde, dont une oeuvre ouvrait notre film du collectif franco-québécois "Choisis ton côté". Un beau mariage de style et de geste qui fait sens et danse sous le regard.

Gabriel Lalonde

Des signes, des mots, des lettres, des gestes, des hommes.

Le temps de dire l’instant d’exister, l’instant qui passe, celui qui vient de passer.
Défricher les espaces parallèles, dire les paroles écrite et picturale, les façonner, les détourner, les entrelacer dans un long dialogue où de multiples métamorphoses se produisent à travers ma gestuelle, pour mener à une œuvre nouvelle, inédite. 

Les mots sont dits, existent et font un chemin inconnu en moi. Ils dialoguent secrètement et ressortent plus loin sous la main qui crée. Ma gestuelle explore l’exagération, l’atténuation, déborde ou se fait rare, insiste avec vigueur, griffe, rature à traits larges, supprime le cadre ou le réinvente à foison.

Il s’agit de s’affranchir progressivement de l’univers du signifiant pour aboutir à une œuvre où les repères sont dénaturés, dépossédés de leurs rôles conventionnels, au profit d’un pictural pur, transcendé.
Ce pictural des écritures n’a plus rien à voir avec le message qu’il portait dans son contexte, il va au-delà; il se rapproche des origines même de l’écriture, alors que l’image elle-même était porteuse de sens. L’image est neuve, l’œuvre se suffit à elle-même.
(Article Le Cercle)

VERNISSAGE : 11 septembre - 5 à 7 > Aquarium
EXPOSITION: Dans l'aquarium et le restaurant du 11 septembre au 4 novembre
ATELIER : Jouer le geste à l'aveugle 28 septembre / 29 septembre


COMPLEXE LE CERCLE
228 et 226 1/2, St-Joseph Est,
Québec, QC, G1K 3A9

In my room


Là où l'album “Compass“ privilégiait le thème du voyage, “The Gift“ se concentre cette fois sur les plaisirs que l’on peut éprouver à rester au port, chez soi.
Susanne Abbuehl sublime ici la poésie de ces écrivains solitaires qu'étaient Emily Dickinson (1830-1886), Emily Brontë (1818-1848) et Sara Teasdale (1884-1933).
 “The Gift“ est une ode au voyage imaginaire comme sur “In My Room“ adaptée du poème de Wallace Stevens : “Dans ma chambre, le monde excède ma compréhension ; / Mais quand je me promène je vois qu’il se compose de trois ou quatre collines et un nuage“.
(Article Fip)

20/08/2013

08/08/2013

Persistance du sommet




En suivant la piste d'Axelle Renoir,
et, comme de pas par hasard, mais si quand même,
sur un film d'animation signé Yoanne Lemoine ( Woodkid )

Je repars, vers les sommets. Sinon où ?


31/07/2013

Libernitude d' été



Espace temporel protégé
Nécessitation d'hiberner pendant 6 mois minimum, dans une cabane, au fond d' un jardin...

Lecture dans le transat: "Dans les forêts de Sibérie" écrit par un Tesson de bouteille de vodka. ça vaut son jus -

Vitamins


Mon idéal bucolique du moment (mais sans la moustache)

19/07/2013

Pensée d' Arles...


Rien n'est là simplement devant un objectif. 
On ne peut pas faire comme si il ne s'y passait rien.


10/07/2013

Marie Curie par sa petite fille


"Cher lecteur, raisonner et s'émouvoir pour moi, ce n'est pas incompatible" - Hélène Langevin-Joliot

Hélène Langevin-Joliot, physicienne et petite-fille de Marie Curie, nous livre un témoignage exceptionnel sur la vie de la grande scientifique, symbole de l'entrée des femmes en science. Hélène Langevin-Joliot était l'invitée de l'Espace des sciences, le 29 mai 2012, pour sa conférence "Marie Curie et son temps"  





Photographie

Approaching Shadow - Photographie FAN HO

07/07/2013

Fénomènes de Foire : Boby Lapointe

Deux suaves zouaves à l'accent enchantant que j'ai eu grand plaisir à entendre, à filmer et à re-regarder en montant. Mon ignorance Boby Lapointesque est enfin recouverte de quelques mélodies et jeux de mots bien placés.
M'en vais les retrouver d'ici une semaine, pour un tour de gloire en Avignon et que du bonheur dans les oreilles avec ces deux enfants de poésie.

02/07/2013

Point de vue

"Quand tu prends une photo, tu organises ton corps, les trois points sont en ligne. C'est une expérience de yoga."

Sergio Larrain, photographe.
Rencontres Photographiques Arles- Juilliet 2013
 

Vision

Photo Laure K. Expo Dynamo avec Louise

Le labyrinthe



La boue dont elle se souvient le mieux

de celle qui pompe et suce

de celle qui trahit le corps,

sable mouvant tirant vers là

où l’air est épaissi de graviers, là

où son corps est un champ de bataille.

La motte qu’ils ont soulevée

était pour elle une pierre, son douloureux

tambourinage une danse de colère

disparue entre les coutures épaisses

qui maintenant resserrent sa poitrine sur elle même.

Elle est perdue sous terre

sans Orphée ni guide. C’est le labyrinthe

sans le minotaure ; là où la fraîche

découpe bleue du ciel est un souvenir évanescent.

Elle sait bien que ceci est un conte de fée

macabre, où des touffes de cheveux

sont arrachées pour tresser une corde

qui la ramène à la surface, ou alors

sont posées par terre dans les forêts obscures

comme des indices pour son retour. Il n’y a

personne d’autre, juste ce corps

et sa tête autrefois si brave qui tourne sur ellemême

sous les étoiles scintillantes du sol.

Ceci est le voyage où une femme

se métamorphose en jeune fille dont la vertu

déjoue le mal, et cherchant son courage

plutôt que de hurler la tête entre les mains,

trouve la bonté où elle n’aurait jamais regardé.

C’est regarder qui est le plus difficile,

faire face au futur d’un œil clair qui implore :

renvoyez les noirs corbeaux, les dragons du pays

de la mort, renvoyez les sorcières, les vieillardes, les hommes

fous, les chevaux sauvages.



Je trouverai mon chemin pour rentrer à la maison.


d' Adrienne Eberhard  - traduit de l’anglais par Christine Bonduelle

http://www.revue-secousse.fr/Sonotheque/Sono.htm ( par Anne Segal)

28/06/2013

Ah, ces instants-là

photo: Bettina Rheims

Ma fille, mon enfant, s'alanguit presque chaque soir dans un rocking chair taillé à sa mesure que l'on nous a prêté jusqu' à je ne sais quand. Autant dire qu' il fait parti des meubles pour un moment.

Hier soir, avait lieu la pièce de théâtre de l'école où Louise ouvrait le show avec une camarade ( genre deux phrases, hum), nous avions une petite heure de battements de paupières pour diner, boire un coup, dans notre salon HLM cosy. Bassine d'eau froide a ses pieds, elle me répétait son texte, tandis je lui donnais quelques suggestions d' intonations.
Nous étions détendues, dans cette attente d'avant-scène.
Alors, je lui ai parlé de cette femme chanteuse, qui avait elle aussi son rocking chair noir sans sa loge, avant de monter sur scène... ça passe par ces petits instants-là, la belle vie d'artiste-artisan.



Un bien joli plan séquence...


Musica

merci Astrid

26/06/2013

Marc Vella - Porteur d'éveil



Entendons-nous, vraiment ? "La musique guérissante" de Marc Vella telle qui la raconte. Quel baume...

25/06/2013

Poséidon


" Notre état d’âme toujours changeant conditionne, transforme même, les paysages et les gens que nous rencontrons."

La voie cruelle - Ella Maillart

21/06/2013

"A Bas bruit" ou le temps suspendu

Nathalie Richard, en suspend, dans le film A Bas Bruit

"A bas bruit" est un film "haut, bas, fragile", comme ces étiquettes que l'on voit sur les cartons d'emballage ou de déménagement. Il invite à un temps suspendu, curieusement hors d' une zone de confort mais tout en apesanteur.
N'est-ce pas là tout l'art du cinéma que de suspendre le temps ? au moins de tenter de le retenir, entre ciel et terre ? Une façon de panser et d'offrir à penser.

Il confine la parole au silence, laisse sa comédienne oeuvrer dans un cocon de polystyrènes, dans l'effet papillon d'une lumière qui cherche le passage, le film ajoure tous les mots dits, par Nathalie, l'interprète, échappées des pages de Judith, l'auteur.

Un film qui a séjourné, "de jour comme de nuit",  dans la tête de la réalisatrice et de la comédienne,  pendant de longues années, un film de longue haleine parsemé de deuils profonds, dont la recomposition a prit sa forme sans doute au moment où elles s'y attendaient le moins.

D'où nait un beau jour la volonté d'épurer l'image, de laisser deviner les formes de représentations des scènes sans le décorum ? Un pari fou. L'envie de s'extraire de tout ce qui est reconnu, probablement. Donner à voir et à entendre, autrement. C'est une démarche et un questionnement que je comprends. On n'est jamais sûr d'arriver à un résultat plausible, engageant, possible, mais il faut tenter.

Aurait-t-il pû être seulement radiophonique ce scénario-là ? comme le suggérait pauvrement un critique...
C'est retirer, à mon sens, le nerf même, du film, qui n'a de cesse d'interroger cette notion d' incarnation, la chair même, celles des des mots, et les mots qui viennent de la vie, d'une vie incarnée, in carne, et qui ne reprend vie qu' au travers de la chair, celle d'une comédienne, celle d'un boeuf écorché, celle de l'amie.

Imaginons ce que ce film aurait pû être, si chaque scène avaient été représenté de façon naturaliste, comme il devait se faire à l'origine...
Mais non, n'y pensons pas.
La réalisatrice Judith Abitbol a fait le choix de la narration sans embages, après une lecture donnée du scénario par Nathalie Richard. Et, à la voir à l'écran, on comprend ce choix drastique de l'épure.
Il faut alors faire confiance à la force du squelette narratif, et à l'évocation d'une lecture scénaristique. Avoir confiance en la charpente textuelle et à l'écho de son interprète. Et ici et là, très précisément, y déposer les images d'un ailleurs et d'un autre temps qui donnent alors l'éclairage entier à tout ce pourquoi du film.
Un pari osé.

Ce que l'on voit dans ce film - et pourquoi il est encore heureux de le voir - malgré sa maigre distribution en salles, c'est aussi le travail d'une comédienne qui, de répétitions en répétitions, d'intentions en intensité, se réapproprie les mots, le jeu des scènes, avec une jubilation non feinte,  et une gracieuse justesse du geste. Quel bonheur que cet oeil-caméra pour avoir le privilège de regarder les autres vivre de si prêt, et avec "tant d'amour..."

"A bas bruit" est un film document, une pierre angulaire, au sens où il interroge l'artifice "cinéma",  où il force le pouvoir de l'imaginaire spectatoriel, où il se projette confiant, entre nos synapses habitués à la disperssion. On nous propose d'éxpérimenter un cadre d'écoute, d'observation et d'invention. Presque oui, comme au théâtre, la focale et le choix des prises en plus.
La comédienne est filmée au plus prêt de sa texture de peau et se dévoile avec toute cette magie mystérieuse que les grandes comédiennes maîtrisent, sans besoin de se grimer.

"A bas bruit" est un film  qui invente son propre langage avec un certain goût du risque, celui de ne pas plaire d'emblée. Mais comment faire autrement pour être à la hauteur de l'intraduisible, si ce n'est de continuer à interroger la matière sur laquelle la douleur peut se projeter, se traduire, s'incarner et se transcender ?



Projections à Paris à L'Espace St Michel, et MK2 Beaubourg.
autres documents sur le film http://www.filmsduparadoxe.com/abasbruit.html

19/06/2013

Nice day

Messager


Un  extrait de Lettres à un jeune poète

 [...] Cherchez en vous-mêmes. Explorez la raison qui vous commande d'écrire; examinez si elle plonge ses racines au plus profond de votre coeur; faites-vous cet aveu : devriez-vous mourir s'il vous était interdit d'écrire. Ceci surtout : demandez-vous à l'heure la plus silencieuse de votre nuit; me faut-il écrire ? Creusez en vous-mêmes à la recherche d'une réponse profonde. Et si celle-ci devait être affirmative, s'il vous était donné d'aller à la rencontre de cette grave question avec un fort et simple "il le faut", alors bâtissez votre vie selon cette nécessité; votre vie, jusqu'en son heure la plus indifférente et la plus infime, doit être le signe et le témoignage de cette impulsion. Puis vous vous approcherez de la nature. Puis vous essayerez, comme un premier homme, de dire ce que vous voyez et vivez, aimez et perdez. N'écrivez pas de poèmes d'amour; évitez d'abord les formes qui sont trop courantes et trop habituelles : ce sont les plus difficiles, car il faut la force de la maturité pour donner, là où de bonnes et parfois brillantes traditions se présentent en foule, ce qui vous est propre. Laissez-donc les motifs communs pour ceux que vous offre votre propre quotidien; décrivez vos tristesses et vos désirs, les pensées fugaces et la foi en quelque beauté. Décrivez tout cela avec une sincérité profonde, paisible et humble, et utilisez, pour vous exprimer, les choses qui vous entourent, les images de vos rêves et les objets de votre souvenir. Si votre quotidien vous paraît pauvre, ne l'accusez pas; accusez-vous vous-même, dites-vous que vous n'êtes pas assez poète pour appeler à vous ses richesses; car pour celui qui crée il n'y a pas de pauvreté, pas de lieu pauvre et indifférent. Et fussiez-vous même dans une prison dont les murs ne laisseraient parvenir à vos sens aucune des rumeurs du monde, n'auriez-vous pas alors toujours votre enfance, cette délicieuse et royale richesse, ce trésor des souvenirs ? Tournez vers elle votre attention. Cherchez à faire resurgir les sensations englouties de ce vaste passé; votre personnalité s'affirmera, votre solitude s'étendra pour devenir une demeure de douce lumière, loin de laquelle passera le bruit des autres.

Avant la pluie


Elle revenait de loin, l'amie clown. D' Amazonie sûrement...

Nous avons pris la clef des champs, à trois. Direction village d'autrefois, prêt du château qui abrite les statues de bronze. Là où j'ai toujours en mémoire l'odeur des ateliers de métal, celle des copeaux de bois et autres odeurs des tailles de pierre.
Nous avons longés les petits ponts qui bordent la rivière, non loin du second château, et pénétrant dans la ville jusqu' à la librairie de la délicieuse et malicieuse Lydia, grande commerçante séductrice devant l' éternel, je les ai quitté un moment, pour déposer mes 4 heures de galas vidéos sur des machines voisines.
Sommes reparties comme en quarante plonger nos corps moites de chaleur dans un grand bain d'eau fraîche. Presque que du bonheur.
Départ sous des trombes d'eau, à l'arrière d'une petite porsche accueillante. Pluie diluvienne.
J'adore ces ambiances.
Impressions de jour et de nuit indéfinissables.

17/06/2013

Voyage de la Centauresse



Loin des embruns

L'ocre dans les mains, Anne des Ocreries

Ciel ! ciel il fait un temps de chien
neige et pluie depuis ce matin
allons viens fuyons au cinéma
vers la mer allongés sous un ciel immense
partons en vacances comme au cinéma

Sous les eaux glacées du ciel
battons le rappel
des sentiments d'autrefois
comme au jour où l'amour
dans un même lit
jetait au paradis
ces amants d'un soir

Je marche au matin
loin des embruns
sur les terres de France
gorgées d'innocence
je jette aux orties
mes rêveries
ma morte semence
sur les terres de France

Cœur cœur privé de miel
beau chagrin aux lèvres vermeil
allons viens fuyons au cinéma
vers la mer allongés sous un ciel immense
partons en vacances comme au cinéma

Loin sur les sentiers
dans les greniers
des terres abondantes
les paysans chantent
loin d'Anatolie
de Sibérie
viens la rumeur errante
de leur désespérance 

Terres de France (JL Murat)

16/06/2013

De l'art à la reconnaissance

Exspo artiste Ben- Blois 2013

Si "Je" dis que c'est de l'art, suis-je artiste ?
Si vous pensez que c'est de l'art. Suis-je artiste?
Faut-il s'affirmer en tant qu'artiste pour l'être, ou attendre la reconnaissance des autres pour le devenir ?

Questions, réponses, affirmations.


14/06/2013

Pour tes cinq ans


by Lorka

"Une plainte d'amour. Se souvenir, se mouvoir, se toucher. Adopter des attitudes. Se dévêtir, se faire face, déraper sur le corps de l'Autre. Chercher ce qui est perdu, proximité. Ne savoir que faire pour se plaire. Courir vers les murs, s'y jeter, s'y heurter. S'effondrer et se relever. Reproduire ce qu'on a vu. S'en tenir à des modèles. Vouloir devenir un. Etre dépris. S'enlacer. He is gone. Avec les yeux fermés. Aller l'un vers l'autre. Se sentir. Danser. Vouloir blesser. Protéger. Mettre de côté les obstacles. Donner aux gens de l'espace. Aimer"
  Pina Bausch - Histoires du théâtre dansé( 4ème de couverture)


13/06/2013

Le Plan Séquence

Le plan-séquence est l’une des techniques les plus difficiles à maitriser pour un réalisateur. Tout doit être préparé à l’avance ; les mouvements de caméra et des acteurs mais aussi des techniciens afin d’éviter que la perche son, ou une ombre non souhaitée apparaissent à l’écran. La moindre petite erreur oblige à recommencer le tournage de cette séquence depuis le début.
La durée d’un plan séquence est variable, mais les contraintes citées plus haut font des longs plans-séquences des prouesses filmiques extrêmement reconnues par les cinéphiles.

 Le premier intérêt qui vient à l’esprit pour le plan-séquence est qu’il rend la scène plus réaliste que si elle était composée de nombreux plans. L’impact sur le spectateur est souvent bien supérieur lorsque l’on utilise la technique du plan séquence.

Les plans séquences les plus appréciés sont ceux qui durent plusieurs minutes, qui suivent les personnages ou l’action sur une distance significative en s’affranchissant des contraintes spatiales.

L’immersion est totale durant ses séquences ou on ressent vraiment la difficulté que peut rencontrer le personnage lors de son déplacement.

Le plan séquence permet également de jouer sur le rythme. On peut ainsi créer une atmosphère particulière. Accompagnés d’une musique douce, des mouvements lents de caméra créeront une ambiance légère.
Enfin, le plan séquence peut mettre en avant la performance physique d’un comédien pratiquant lui-même une cascade ou pour une scène de danse.

Fabienne Verdier, une peinture tout en vibrations.

Rencontre avec Fabienne Verdier, à l'occasion de la publication de ses carnets de recherche "Echos" de 2017 à 2022.     J...